‹ Adonis, étude de religions orientales comparéesChapitre 18 sur 189 · La dynastie des Cinyrades · texte numérisé non relu

La dynastie des Cinyrades

L’histoire légendaire de la famille royale et pontificale des Cinyrades est instructive. On nous dit qu’un Syrien, du nom de Sandacus, émigre en Cilicie, épouse Pharnace, fille de Mégassares, roi d’Hyria et fonde la ville de Celendei’is. Sa femme lui donne un fils, Cinyras, qui par la suite traverse la mer avec ses compagnons, se rend à Chypre, épouse Métharmé, fille de Pygmalion, roi de l’île et fonde Paphos’-*. Les légendes semblent garder le souvenir de ce fait que les trônes de Cilicie et de Chypre passèrent dans la succession féminine et furent occupés par des hommes, parfois étrangers, qui épousaient les princesses héréditaires. Certaines indications montrent que Cinyras ne fut pas le vrai fondateur du temple de Paphos. Une tradition antérieure attribuait ce rôle à un certain Aérias que d’aucuns regardaient comme un roi, et d’autres comme la déesse en personne'-*. De plus, Cinyras ou ses descendants à Paphos, avaient à compter avec des rivaux. Ceux-ci étaient les Tamirades, famille de devins qui faisaient remonter leurs origines à Tamiras, augure cilicien. 11 fut convenu d’abord que les deux familles présideraient simultanément aux cérémonies, mais à la longue, les Tamirades cédèrent le pas aux Cinyrades'**. Nombreuses sont les légendes qui entourent Cinyras, le fondateur de la dynastie. Il était à la fois prêtre d’Aphrodite et roi'*', et ses

ADONIS A CHYPRE

richesses devinrent proverbiales II paraît avoir légué sa fortune et ses honneurs à ses descendants, les Ginyrades qui, en tous cas, régnèrent à Paphos et officièrent comme prêtres de la déesse. Leurs dépouilles mortelles furent ensevelies dans le sanctuaire avec celles de Ginyras lui-même’”. Mais cette famille était tombée en décadence et presque éteinte dès le iv® siècle avant notre ère. Lorsque Alexandre le Grand expulsa un roi de Paphos en raison de son injustice et de ses crimes, ses ambassadeurs recherchèrent un membre de l’ancienne famille pour le placer sur le trône de ses itères. A la ûn, ils en découvrirent un qui vivait misérablement et gagnait sa vie comme maraîclier. Quand les messagers du roi arrivèrent, il était en train d’arroser ses platehandes ; à son grand étonnement on l’emmena pour recevoir la couronne des mains d’Alexandre”^. Mais le déclin de la dynastie n’entraîna pas celui du sanctuaire d’Aphrodite, qui conserva sa réputation d’opulence et fut entretenu d’offrandes, tant royales que privées, jusqu’à l’époque romaine”’’. Lorsque Ptolémée Aulète, roi d’Egypte fiiQ en 57 av. J. -G., chassé par son peuple, Gaton lui offrit la prêtrise de Paphos pour le dédommager de façon précuniaire et honorifique de la perte d’un trône.

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