‹ Adonis, étude de religions orientales comparéesChapitre 20 sur 189 · Le Flamine Dialis à Rome et la Flaminique · texte numérisé non relu

Le Flamine Dialis à Rome et la Flaminique

Dans cet ordre d'idées il convient de rappeler qu’à Rome le Flamine Dialis était obligé d’abdiquer son sacerdoce à la mort de la Flaminique, son épouse’*®. On comprend mieux cette règle si, à l’origine, c’était la Flaminique qui, des deux officiants avait eu le pas sur le Flamine, et si celui-ci n’avait occupé sa charge qu’en vertu de son mariage avec la prêtresse’**. Nous avons montré ailleurs que le Flamine et son épouse représentaient une ancienne lignée de rois-prêtres et des reines-prêtresses qui assumaient respectivement les rôles de Jupiter et de Junon, ou plutôt ceux de Dianus et Diana ’*^ Si cette hypothèse est exacte, l’usage qui obligeait le Flamine à résigner le sacerdoce dès la mort de la Flaminique paraît prouver que des deux divinités qu’ils personnifiaient, la déesse, qu’on l’appelât Junon ou Diane, l’emportait sur le dieu. Mais, à Rome, Junon ne joua jamais qu’un rôle insignifiant, tandis qu’à Némi, Diane, la conlre-parlie de Junon, était toute puissante, et reléguait à un rôle tout à fait secondaire son époux Dianus ou Virbius.

Ainsi, la supériorité de la Flaminique sur le Flamine paraît prouver que les divinités originelles étaient plutôt Dianus et Diana que Jupiter et Junon, et en outre que si Jupiter et Junon

ADONIS A CHYPRE

à Rome représentaient le principe de la filiation paternelle, c’est-à-dire la prépondérance de l’époux sur l’épouse, Dianus et Diana à Némi représentaient le principe plus ancien de la filiation maternelle, c’est-à-dire la prépondérance de l’épouse sur l’époux en matière de succession. Si nous avions raison de maintenir que la royauté à Rome fut d’abord une institution plébéienne et qu’elle se transmettait par les femmes nous en déduirions que les fondateurs du sanctuaire de Némi étaient du même sang plébéien que les rois romains, qu’ils descendaient de maisons à souche féminine, et qu’ils adoraient une Déesse-Mère suprême. Cette déesse était Diane ; ses fonctions de maternité sont suffisamment attestées par les ex-votos mis au jour dans son ancien sanctuaire, parmi les collines boisées’**. Par contre, les patriciens qui envahirent le pays dans la suite, importèrent avec eux l’usage de la filiation paternelle dans sa forme la plus stricte, et, en conséquence adressèrent leurs dévotions à Jupiter géniteur plutôt qu’à Junon génitrice.

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