Adresse au roi
long-temps ; pourriez-vous y être in&ffàfT sur-tout dans un moment J lndlrtérent »
semble vaciller. U 'otre couronne
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votre famille entier , p trie se réum-
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Sire , ü est temçs -^aiica*s redoute les la majeure pu tomber sons les fers ,
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bhque : ah , Sire ! il dépend de vous seul de sauver votre peuple , & d’apprendre à l’Univers qu’un bon Roi est un présent du ciel ; il dépend de vous de vous faire adorer de nouveau , l’effort n’est pas pénible.
Ah , Sire ! rappelez-vous les temps heureux pour vous feul, où votre peuple , accablé sous le fardeau des chaînes & de la misère , oùbüoit à votre aspeél ses peines & sa captivité • ce peuple enthousiaste , idolâtre , voloit sur votre passage, & par ces cris d’allégresse , iïsembloit vouloir vous dérober l’affreux image de ses
Vous n’avez besoin , Sire, que de porter les yeux sur le passé & sur le présent , pour trouver dans votre ante le moyen favorable qui peut vous réconcilier de nouveau tous les coeurs.
J ai pu vous faire- apercevoir les travers d un gouvernement vicieux , dans un temps ou 1 écrivain sans reproches trouvoit dans le fond dun cachot1 la récompense de ses vertus civiques , & où l’espérance de produire le bien s evanouissoit avec le jour.
pans ce temps , Sire , vous avez lu mes écrits , votre coeur en fut ému, & je n’ai pas Pe!.1 ? ma hberte ; dans cette époque où chaque individu soumis à la loi peut jouir de la demie & donner ses idées en faveur de son pays ’ puis-je me taire & vous cacher, Sire , ce qu’il vous est le plus important de savoir & de Prévoir ; je vous avertirai encore ; oui Sire j aurai ce noble courage ! je ferai parler la vente , le n’ai d’autre talent, d’autre mérite : je vais la faire parler : puisse cette sévère vérité détourner les maux que je prévois pour mon ■h.01 & pour ma Patrie !
Depuis deux ans, vous n’ignorez pas, Sire , que tontes les finances sortent de votre royaume; le numéraire, ce numéraire prodigieux est totalement disparu; il augmente la circulation chez V étranger , & nos propres finances font fleurir chez lui le comnierce , ies ar ts , oc tout est anéanti en France. Le tableau n’est pas assez effrayant , on nous menacé encore d’une «merre avec toutes les Puissances ; oc pour qui ? pour vous , Sire ; & par qui cetce guerre suscitée ? par vos if ères , vos parens , Frémissez , Sire , il est temps de frémir pour vous, pour votre peuple! Sur quel peuple voulez-vous donc régner ? sur des py ranimes de cadavres de vos propres sujets , sur des monceaux de cendre ! .
Roi sans peuple , vous n accepteriez le secours des Puissances, étrangères que pour voir dévaster vos Etats ! chacune dé) a se réservé de prendre la province qui peut lui convenir. Voilà Sire , voilà les généreux secours qu on vous, promet , & vous pourriez vous livrer vous-même dans les mains de vos usurpateurs . Plus d’un gouvernement , Sire ? vous offre cet exemple ; ce soht les principes de la politique, grande maxinte des tyrans ; vrai Machiavélisme. .
Les fugitifs ont accable leur Patrie , en
accaparant toutes nos finances , ils ont agi contre eux-mêmes , Us ont alimente, renforce nos ennemis ; quelle est leur espérance , & quel affreux désespoir !
Ah , Sire ! je dois me taire sans donte sur votre dernière démarche, & remettre sous vos yeux les vertus de votre aïeul Henri IV , snrtout sa bonne politique. Loin de livrer ses finances à l’étranger , loin de prendre son
peuple par la famine , il ayoit grand soin d® le faire approvisionner , il vouloit régner sur des coeurs , & non sur des esclaves : voilà la véritable politique des Rois ; cependant on lui refiTsoit la couronne ; Sc vous , Sire , vous abandonnez la vôtre dans un moment de parti ; malgré vous votre peuple vous l’a cqi> servée : quel exemple pour les Rois î qu’ils apprennent donc qu’ils n’ont pas de plus redoutables défenseurs que leurs sujets !
Ce généreux procédé , qui sera éternellement admiré de tout l’Univers , ne doit -il pas confondre nos ennemis , Sc ramener nos émigrans , pénétrés d’une nouvelle confiance ? Quelles seroient donc leurs espérances , s’ils se laissoient encore entraîner par une aveugle rage ?
Vous êtes responsable , Sire , de leurs tentatives ; si vos sujets sont égorgés par vos propres sujets , que ferez- vous , que deviendrez-vous ? plus de Gardes nationales pour vous défendre , plus de Général pour les commander , chacun n’écoutera que son propre mouvemeuf , tous ne verront dans leur Roi que leur plus cruel ennemi ; votre femme,
vos enfans Grand Dieu î détourne cet
horrible présage , Sc rends à notre Monarque ses vertus , ses principes , que les ennemis de la Patrie ont égaré un moment !
Oui, Sire, il est encore temps de tout réparer; le bonheur de votre peuple Sc l’héritage des Rois de France , sont encore dans vos mains : un manifeste solennel de votre part va réunir toutes les opinions , faire rentrer les émigrans et le numéraire en France , Sc raffermir sur votre tête votre couronne chancelante.
Aux y eux de l’univers , vous êtes dans ce
moment le dernier roi de la terre '; devenez le preinier monarque du monde, vous pouvez T ambitionner , votre désir sera accompli.
Portez la paix dans lè sein de votre grande famille , vous donnerez des lois à toutes les puissances de la terre , et vous serez éternellement 3$ modèle des Rois. Déclarez fiéreftient, déclarez à l’étranger que votre peuple vous est cher , &i qu’il vous a donné la preuve la plus mémorable, qu'un Roi dans son royaume n’a pas d’appui plus sûr que ses suj ets : tous surveillent à votre conservation , et déjà plusieurs victimes ont servi d’offrande a cette surveillance. Tous avez appris dans votre voyage , qu’un peuple libre étoit toujours grand , et qu’il ne se laissoit pas corrompre. Je mets hors de ce peuple généreux, ces vils corrupteurs, ces, chefs de faction ; on les compte , et le me'pris général repousse déjà de la société cette horde confuse.
Mais , Sire , vous n’avez pas un moment à perdre : vous devez dépêcher des courierS vers les puissances étrangères , vers vos pareils , et leur déclarer solennellement , j’ose encore vous le répéter , que vous embrassez la cause de la patrie , et que toute hostilité de la part des étrangers et des émigrans , est une preuve certaine qu’ils sont vos ennemis, que vous ne les considérerez plus que comme vos adversaires , & que vous ordonnez , comme Roi des François , à vos frères , à tous vos parens , de rentrer dans le sein de leur famille , et de venir jouir en paix du fruit du nouveau régime.
Rendez , Sire,, rendez cette volonté publique, et bientôt vous/ entendrez ces cris d’allégresse qui , depuis long-temps , n’ont frappé votre oreille ", et vous verrez de nouveau un peuple entier -adorer ^os vertus.