ACTE I, SCÈNE I
l'abbé, timidement.
Si, madame! une nouvelle...
LA PRINCESSE, SOUrianl.
Encore une !
l'abbé, de même.
Qui me regarde personnellement... et celle-là je crois être sûr que vous ne vous en doutez pas... C'est que... c'est que...
la princesse, gaiement.
C'est que vous m'aimez !
l'abbé.
Vous le saviez !... Est-il possible !... Et vous ne m'en disiez rien!
LA PUINCE-SE.
Je n'étais pas obligée de vous l'annoncer... l'abbé, avec chaleur.
Eh bien! oui... C'est pour vous que je me suis fait l'intime ami de votre mari! Pour vous, je suis de toutes ses parties ! Pour vous, je vais à l'Opéra et chez la Duclos! Pour vous, je vais à l'Académie des sciences! Pour vous, enfin, j'écoute M. de Bouillon dans ses dissertations sur la chimie, qui ne manquent jamais de m'endormir!
LA PRINCESSE
Pauvre abbé!
l'abbé.
C'est mon meilleur moment!... je ne l'entends plus, et je rêve à vous !... Mais, convenez-en vous-même, un tel dévoûment mérite quelque indemnité, quelque récompense...
la princesse, souriant.
Oui, l'on vous a souvent donné, à vous autres abbés de boudoir, pour moins que cela ! Mais, dussiez-vous
8 ADR1ENNE LLCOUVHEUH.
crier à l'ingratitude, je ne peux rien pour vous en ce moment.
l'abbé, vivement.
Ah! je ne vous demande pas une passion égale à la mienne! c'est impossible !... Car ce que j'éprouve pour vous, c'est une adoration, c'est un culte!
LA PRINCESSE
Je comprends, l'abbé, et vous demandez pour les frais du... Impossible, vous dis-je... mais, silence! on vient... C'est mon mari et Mm« la duchesse d'Aumont. N'avez-vous pas aussi quêté de ce côté-là?... l'abbé.
La place était prise...
LÀ PRINCESSE
C'est jouer de malheur... (il part.) Ce pauvre abbé arrive toujours trop tard.