‹ Adrienne Lecouvreur, comédie-drame en cinq actes, en proseChapitre 57 sur 106 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

ADRIENNE, MAURICE

adrienne, les regardant sortir, puis portant la main à

son front.

Ah ! j'en doute encore!... vous, le comte de Saxe!

parlez?... pariez ?... que je sois bien sûre que c'est lui

qui m'aime et que pourtant c'est toujours toi !

MAURICE

Mon Adriennne!

* L'Abbé, la Prince, Adrienne, Maurice.

ADR1ENISE, (IV(>C PXplosiOtl,

Maurice! mon héros, mon Dieu, vous que j'avais deviné...

Maurice, lui faisant signe de se taire.

Silence!... (A part, regardant à droite.) Ah! quel dommage que l'autre soit là... (A demi-voix.) Ce mystère qui cachait notre bonheur est plus que jamais nécessaire.

adriennk, vivement.

Ne craignez rien ! mon amour est si grand, que l'orgueil lui-même n'y peut rien ajouter. Ne parlait-on pas d'une entreprise nouvelle? de Moscovites que vous vouliez battre? d'un duché de Courlande que vous vouliez conquérir à vous tout seul? Bien, Maurice, bien! je comprends qu'au milieu des grands intérêts qui s'agitent, auprès des graves conseillers ou des vieux ministres qu'il vous faut gagner, l'amour d'une pauvre lilic comme moi puisse vous faire du tort. Maurice, vivement.

Non, non, jamais !

ADMENNE.

Je me tairai, je me tairai... (Montrant son cœur.) Je renfermerai là mon ivresse et ma fierté; je ne me vanterai pas de votre amour et de votre g oire; je ne vous admirerai que tout haut, comme tout le monde! ils célébreront v/»s exploits, mais vous me les raconterez, à moi! ils diront vos titres, vos grandeurs, et vous me direz vos peines! Ces ennemis que font naître les succès, ces haines jalouses qui s'attaquent aux héros, comme à nous autres artistes, vous me confierez tout; je vous consolerai, je vous dirai : Courage, marchez au but qui vous attend! Donnez à la France nue gloire

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