‹ Adrienne Lecouvreur;Chapitre 11 sur 69 · scène a tenu les yeux fixés sur un bouquet que · texte numérisé non relu

scène a tenu les yeux fixés sur un bouquet que

Maurice porte à la boutonnière de son habit.

Je ne m'imagine pas que ce soit le secrétaire d'État ou le cardinal-ministre qui vous ait donné ce bouquet de roses.

Maurice, avec embarras.

C'est vrai!., je n'y pensais plus! vous voyez tout!

De qui vous viennent ces fleurs?

Maurice, riant.

De qui?., eh! mais, d'une petite bouquetière... fort jolie, ma foi... que j'ai rencontrée presque aux portes de voire hôtel et qui m'a supplié si vivement de le lui acheter.,.

' LA PRINCESSE

Qu rou . à moi.«

Maurice, vivement.

Oui, princesse!

LA PRINCESSE

Quel aimable souvenir!., j'accepte, Monsieur le comte, j'accepte...

Maurice, avec embarras le lui présentant

Vous êtes trop bonne !..

la princesse, à voix haute et [• ignant de l'admirer.

Il est charmant!.. L'essentiel, en ce moment, quoique peut-être vous méritiez peu qu'on s'occupe de vous... est de songer à vos intérêts... vous dites que le cardinal-ministre... vous a mal accueilli...

MAURICE

Fort mal.

la princesse.

Je verrai à faire changer ses dispositions... on vous accordera vos deux régiments.

S'il était vrai !..

la princesse.

J'irai à Versailles.... et pour vous tenir au courant de ce que j'aurai fait, de ce que j'aurai appris.

MAURICE

Je viendrai ici...

LA PRINCESSE

Ici... non! la foule des curieux et des importuns, sans compter mon mari, ne me laisse pas un instant de liberté... Mais écoutez-moi : M. le prince de Bouillon a acheté pour la Duclos une petite maison charmante, délicieuse, près de la Grange-Batelière... à deux pas de l'enceinte de Paris... j'en puis disposer... c'est là seulement que je vous recevrai.

MAURICE

Dans cette maison qui appartient...

LA PRINCESSE

A mon mari... raison de plus! chez lui , c'est chez moi...

Maurice, gaiement.

En vérité, Princesse, il n'y a que vous pour de telles combinaisons!

LA PRINCESSE

Oui , c'est assez ingénieux... Quand ce sera possible et nécessaire, c'est mademoiselle Duclos elle-même qui vous en préviendra en vous écrivant, jamais moi!

. Maurice, de même.

Mais ne craignez-vous pas ?..

Rien !.. la Duclos m'est dévouée... son sort est dans mes mains...

MAURICE

Je comprends... mais moi... (A part.) Accepter quand j'en aime une autre... non, mieux vaut tout lui dire... (Haut.) Je ne sais, Princesse, comment vous remercier de votre générosité, de volie dévouaient...

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