ACTE III. SCENE Vil
Que diles-vous?
hal'uick, voulant le faire taire.
Monsieur l'abbé!
l'acbé, toujours arrangeant des bouquets.
En lêle à lète... Je le sais, et je commets là une
indiscrétion, car nous ne devions rien dire avant
souper, mais ici, entre amis, je puis vous raconter
l'anecdote.
Et moi, je rie le souffrirai pas !
l'abbé, terminant un bouquet.
Vous avez raison , M. le comte la sait mieux que moi, c'est à lui de vous la dire. Maurice, furieux.
Monsieur!
l'abbé.
Je la gâterais, tandis que le hérosîui-même de l'aventure... (A Adrienne.) Oserai-je offrir ce bouquet à Melpomène ? Ah ! mon Dieu! quelle expression dans ses traits! quelle expression tragique! regardez donc vous-même , Monsieur le comte ! {L'abbé retournevers la table du fond, à gauche'.) michonnet, avec effroi.
Adrienne, qu'as-tu donc?
adrienne, s efforçant de sourire.
Moi? rien, vous le voyez... désolée d'avoir interrompu l'aventure que Monsieur le comte nous promettait...
Maurice, passant près d' Adrienne*".
Et qui ne mérite point votre attention, Mademoiselle, rien n'est plus faux.
l'abbé, redescendant près d' Adrienne.
Permettez... je ne dis pas que l'histoire soit neuve, mais elle est vraie.
MAURICE
Et moi je vous atteste....
l'abbé.
Vous en êtes convenu tout à l'heure devant moi... (Faisant un pas pour sortir.) et devant M. le prince, qui va nous la redire...
MAURICE
C'est inutile !
C'est juste... ce pauvre prince, c'est assez d'une fois... et si le témoignage de mes yeux vous suffit...
Vous avez vu ?..
l'abbé, se rapprochant de la table à gauche.
Au moment où nous entrions dans cet appartement, Mademoiselle Duclos s'enfuir... dans celuici... (Montrant laporte adroite.) où elle est encore.
* L'abbé, Adrienne, Miehonnct-, Maurice.
"• L'abbé, Adrienne, Maurice. Miehonnct,
miciionnet, à part, au fond du théâtre. Celui-ci...
l'abbé, retournant à la table du fond, à gauche. Ce dont vous pouvez \ous assurer.
Moi !
(L'abbé vient de se rasseoir devant la table du fond, à gauche. Adrienne s'élance vers la porte à droite; Maurice, qui s'est placé devant elle, la prend par la main et la ramène au bord du théâtre.)
MAURICE
Un mot!
michonnet, qui est resté à droite, près de la porte du cabinet.
Je vais toujours m'assurer de mon répertoire.
(Il entre doucement dans V appartement adroite pendant que Maurice et Adrienne redescendent le théâtre.)
SCENE VIL L'ABBÉ , près de la table , à ses bouquets ; ADRIENNE, MAURICE, sur le devant du théâtre et tournant le dos à l'abbé.
Maurice, rapidement et à voix basse.
Une intrigue politique que ni l'abbé ni le prince
lui-même ne peuvent connaître m'a amené ici
cette nuit... (Geste d'incrédulité d' Adrienne.)
mon avenir en dépend !
adrienne, d'un air de mépris.
Et Mademoiselle Duclos...
Maurice, de même.
Elle n'est pas ici!., et ce n'est pas elle que
j'aime... Je le jure sur l'honneur!., me crois-tu?
adrienne lève les yeux, le regarde, et, après
un instant, lui dit :
Oui!
Maurice, lui serrant la main avec joie. C'est bien. 11 faut plus encore... il faut empêcher l'abbé d'entrer dans cette chambre ou d'entrevoir la personne qui s'y trouve, pendant que moi... (l'honneur et la loyauté me le commandent) je vais tenter, sans que nul s'en aperçoive, de proléger sa sortie, dussé-je gagner ou étrangler le concierge et faire sauter ses verroux !
Allez ! je veillerai.
maurice, avec transport.
Merci, Adrienne!.. merci! (Il sort par le fond.)