CONCLUSIONS
Si l’on veut bien porter son attention sur les considérations générales et sur les interprétations physiologiques auxquelles nous nous sommes livré dans notre étude ; si, d’un autre côté, on jette les regards sur l’importance des guérisons qui ont été comme le couronnement de nos idées et la récompense de nos travaux, il ne sera pas difficile de poser nettement les conclusions de cet opuscule.
Nous voyons d’abord que l'air des montagnes n'a d’autres propriétés que celles qui lui sont départies par les divers degrés d’altitude auxquels on le considère. Plus loin, nous avons démontré que Y influence qu'on ne saurait alors lui refuser est due tout entière à la diminution de poids de l’atmosphère que l’on respire. Nous appuyant ensuite sur les faits d’observation pure, constatés parmi les habitants des grandes élévations du globe, et donnant à l’autorité de ces faits une force nouvelle par des considérations physiologiques qui les expliquent, nous avons établi que l’air des montagnes respiré à la base n’a pas plus de propriétés que l’air ordinaire des plaines; qu’il est corroborant à des hauteurs modérées, qu’il affaiblit Vhomme, aucontraire, au delà de 2000 mètres.
C’est sur ces données que, prenant la raréfaction de l’air comme cause unique des troubles, des périlsoudes avantagnes qui se trouvent liés au séjour comme aux voyages sur les montagnes, nous avons cherché dans l’imitation de la nature les moyens de réaliser par des appareils spéciaux les efïels que des hauteurs variées ont coutume de produire sur l’homme.
Le résultat de nos efforts a pris des proportions que nous espérions dans des limites plus modestes. On peut comprendre, en lisant notre opuscule, que nous ne sommes pas encore arrivé au bout de nos recherches sur le champ très vaste de l’aérothérapie. Le succès de notre pratique a concentré jusqu’ici notre zèle comme notre admiration sur l’efficacité si grande de ce moyen danÿles cas nombreux d’affaiblissement chez les sujets de tout âge, soit qu’une hématose imparfaite, la respiration d’un air insalubre, une vie sédentaire, des dérèglements d’hygiène ou des désordres de conduite, en aient été primitivement la cause originelle. Là se groupent pour fournir à l’aérothérapie un vaste champ de triomphes incontestables, les pâles couleurs, Y anémie des deux sexes, les pertes blanches, les congestions passives, les hémorrhagies utérines chez les femmes anémiques, les gastralgies, les dyspepsies, les diarrhées atoniques, les constitutions faibles de l’enfance.
Nous avons également abordé le sujet le plus scabreux de la pratique médicale, la phthisie pulmonaire. Mais nous croyons devoir en parler en termes plus modestes, ce qui ne porte pas mie atteinte absolue aux espérances que l’aérothérapie nous fait concevoir dans le traitement de cette redoutable maladie.
Il nous a été permis de présenter avec moins de réserve des succès obtenus par cette pratique dans les pleurésies chroniques et dans certaines formes déterminées de l’asthme.
En somme, quelque étranges que puissent paraître nos convictions, nous n’hésitons pas à dire que nous croyons avoir résolu le problème en apparence insoluble de « fournir aux citadins les moyens de réaliser, sans déplacement, les résultats hygiéniques de voyages lointains qui sont la ruine des gens d’affaires. »