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C. Bronchites, asthme

Je possède des observations qui m’inspirent confiance en l’aérothérapie contre les bronchites chroniques. J’omets la relation des faits qui s’y rapportent à cause des limites que je prétends imposer à cette brochure.

Je m’expliquerai plus longuement à propos de l’asthme. Ce mot désiguetrop vaguement une maladie réellement fort complexe. Nous avons besoin de distinguer entre eux les divers genres d’oppression respiratoire confondus sous cette dénomination, pour faire comprendre à quels cas l’aérothérapie est particulièrement applicable.

A peu près toutes les affections asthmatiques ont pour base une dilatation des vésicules pulmonaires, un emphysème. Cette lésion est par elle-même une cause permanente de gêne respiratoire. Mais deux éléments distincts peuvent la compliquer et la compliquent en réalité presque toujours, c’est une bronchite ou un spasme nerveux. Cette distinction est loin d’être indifférente au traitement par l’aérothérapie. Celle-Ci est en effet souveraine quand le spasme domine, tandis qu’elle échoue souvent contre les bronchites asthmatiques

Vi AÉBOTHÉRAPIE.

compliquées d’une grande sécrétion constante de mucosités par les

voies aériennes.

Observation X e . — M. X..., coiffeur, demeurant rue du Colisée, est atteint d’asthme depuis dix ans. Il en souffre à peu près toujours ; mais sa maladie a une prédilection toute particulière pour le beau temps. Il a ses plus grandes fatigues pendant le printemps et l’été. 11 s’est présenté chez moi au début de ses plus mauvais jours. L’examen de sa poitrine dévoile l’existence d’un emphysème pulmonaire. Mais d’ordinaire il est assez calme; il tousse peu et il parait n’avoir de bronchite qu’à un faible degré. Il est assez bien quand il est levé, la fatigue le prend après qu’il est resté quelque temps dans la position horizontale. Le matin, surtout de bonne heure, les difficultés de respirer deviennent alarmantes. Ce sont des angoisses si pénibles, que le malade fait mal à voir. Ces accès durent environ trois heures tous les jours.

•M. X.... ne s’est soumis que cinq fois aux pratiques aérotliérapiques. 11 en fut soulagé au point de n’avoir pas la moindre attaque pendant trois mois de sa pire saison. Au bout de ce temps il exécuta le projet depuis longtemps formé de se fixer à la campagne.

Observation XI 0 . — M. P.... m’a été adressé par un des praticiens les plus recommandables de cette capitale. Il a un catarrhe bronchique léger, mais à peu près constant, avec emphysème pulmonaire. Le mal le laisse d’ordinaire dans un repos complet. Mais ce malade, jeune homme de trente ans, habitué à chercher ses plaisirs en toutes choses, donne lieu souvent par des imprudences à des accès d’asthme qui le fatiguent énormément une semaine entière. Son médecin lui recommanda de venir se soumettre à mes procédés aérothérapiques au début de l’une de ses plus prochaines attaques. 11 suivit ce conseil après une nuit d’insomnie pendant laquelle la fatigue l’avait tenu hors du lit dans des angoisses très grandes. Arrivé à mon domicile, il descendit péniblement de sa voiture et monta l’escalier avec difficulté. Sa respiration était fort anxieuse.

Placé immédiatement dans l’appareil aérothérapique, il vit sa gêne respiratoire disparaître instantanément sous l’influénce du premier effort des pompes. Après la séance, il ne sentait plus aucun trouble dans le jeu de sa poitrine, il rentra chez lui dans le plus grand calme, passa la journée parfaitement et dormit fort tranquille

toute la nuit suivante. Son accès avorta, donc, comme par enchantement, et s’il se soumit à mes appareils deux fois encore, ce fut par précaution, mais non parce qu’il en ressentait le besoin.

D. Pleurésie chronique.

On comprend facilement l’influence de la dépression de l’air sur les épanchements séreux des cavités closes. L’activité donnée par ce moyen aux extrémités des vaisseaux absorbants permet de prédire ses heureux effets sur l’absorption des liquides anormalement sécrétés. Ce que le raisonnement fait espérer se réalise dans la pratique de la manière la plus satisfaisante et la moins sujette à contestation. La pleurésie chronique sera, dans l’histoire des applications de l’air déprimé, Je sujet de triomphes le moins contestables, presque aux mêmes titres que les affaiblissements anémiques. Ces deux affections sont même les deux types qui représentent le mieux les bases pathologiques sur lesquelles l’air déprimé agit de la manière la plus directe et la plus sensible. Nous avons dit, en effet, que l’application artificielle de l’air des montagnes, réalisée par une dépression modérée, active l’hématose et fait un appel des gaz qui entraînent les liquides à la périphérie. Or, il est évident que l’appauvrissement du sang et l’accumulation interné de liquides épanchés donnent prise il ces deux actions également inhérentes aux pratiques aérothérapiques. Nous en avons vu la preuve dans l’article qui précède sur l’anémie. Voici maintenant une observation non moins satisfaisante dé pleurésie chronique.

Observation XII e .— Madame G..., mariée, âgée de vingt-huit ans, a accouché heureusement d’un enfant à terme, il y a deux ans. S’étant refroidie au moment de la transpiration abondante qui suivit sa fièvre de lait, elle fut atteinte subitement de pleurésie aiguë. Traitée de la manière la plus judicieuse par le docteur Gérardin, elle fut privée, dans sa convalescence, de soins et de conseils par la maladie et la mort de ce confrère justement regretté. A l’insu de la malade, qui n’éprouva rien de pénible, l'affection passa à l’état chronique.

Après deux mois d’un rétablissement imparfait, on s’aperçut que madame G..,, maigrissait. Elle avait une toux sèche, saccadée,

fatigante, et quelques frissons venaient souvent l’inquiéter vers le soir. Une douleur vague, mais continue, l’opprimait vers le côté atteint par la maladie et entre les deux épaules. Les nuits étaient inquiètes, troublées par l’insomnie. L’appétit était nul et les forces baissaient progressivement ; la marche la plus modérée devenait fatigante et fort inquiétée par des battements de cœur. La respiration était du reste opprimée et souvent haletante.

Les conseils d’un confrère éclairé l’amenèrent à passer une saison aux eaux d’Enghien. Elle ne s’en trouva nullement soulagée, et ce fut le découragement produit par cette tentative infructueuse qui la conduisit à mon cabinet, dix mois après avoir été atteinte de sa pleurésie aiguë.

La malade est pâle. Ses yeux, enfoncés dans leur orbite, brillent sur le fond nacré de la conjonctive. Madame G..., examinée debout, présente une saillie évidente de la région , scapulaire en arrière et en haut, du côté malade. Auscultée, elle permet de percevoir une obscurité croissante du murmure respiratoire depuis les deux tiers supérieurs jusqu’à la base du thorax. Cette obscurité augmente en dehors de manière à faire disparaître absolument le bruit de la respiration dans une étendue d’environ 6 à 8 centimètres, à moitié distance entre le creux axillaire et la douzième côte. L’égophonie est très manifeste sur ce point.

La percussion donne un son mat, en accord avec les résultats de l’auscultation.

Nous nous crûmes autorisé à diagnostiquer des adhérences de la plèvre assez étendues, et un épanchement vers la région latérale moyenne droite, avec compression et refoulement du poumon sur ce point.

Nous soumîmes la malade à l’air déprimé vers la fin d'août de l’an passé. Les deux premières séances réveillèrent l’appétit, qui n’a plus fait défaut depuis. Nous établîmes le traitement à cinq séances par semaine. Sous leur influence, nous vîmes apparaître pomptement les couleurs du visage. Les forces gagnèrent progressivement, la -toux se modéra, les nuits devinrent meilleures, les douleurs thoraciques disparurent. A la cinquième semaine du traitement, madame G.... se croit rétablie, et l’auscultation justifie sa croyance. En effet, le murmure respiratoire s’entend parfaitement sur les

points où il était obscurci, et se perçoit déjà là où il était nul auparavant. On sent que le poumon s’est dilaté et devient perméable à l’air dans les parties qui furent longtemps refoulées.

Madame G.... a fait usage un mois encore de l’aérothérapie. J’ai eu occasion de la revoir dans les six mois qui se sont écoulés depuis la cessation de son traitement, et j’ai pu me convaincre que son rétablissement est complet et définitif.

Je terminé ici cet aperçu sur les résultats de la méthode aérothérapique. Je n’ai pas en l’intention d’exprimer toute ma pensée sur ce sujet que je crois digne à un haut degré de l’intérêt des hommes de science. Je n’ai voulu que poser dans un cadre restreint les raisons les plus propres à captiver l’attention de mes confrères et la confiance des malades, en termes simples, susceptibles d’être compris par les gens qui souffrent, sans mériter le dédain des praticiens qui me liront.

Résumons en peu de mots les idées qui dominent ce travail.

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