DU CHOIX DES EXPERTS
Du choix des experts dépend la marhe du procès ; au civil comme au criminel, jamais vérité plus grande ne fut €uoncée ; la justice doit être non seulement en état de choisir des hommes de l’art capables, mais elle doit nommer plus d’un expert dans une expertise, pour Tépondre à toutes les exigences de la loi, en un mot, pour tous faire : la société comme l’accusé a droit d’exiger de l’autorité ces précautions, quand il s’agit surtout d’une accusation de meurtre par ‘empoisonnement.
“Ilest d'usage, en France, qu'une *t expertise médico-légale soit confiée à trois
: personnes, et en général les magistrats “s'attachent à réunir des hommes qui # n’ont pas tous la même spécialité dans (4 Za scieuce.” (Barse)
La justice, en procédant ainsi dans le choix des experts, veut donc obtenir le concourt des connaissances de chacun d’eux pour l'aider à la diriger dans la recherche de la vérité ; au contraire, si les résultats des recher- ‘ches des experts établissent des différences, ces différences constitueront toujours un doute, dont le bénéfice sera accordé à l’accusé. Il est donc indispensable que les divers résultats des Opérations des experts se confirment les uns les autres ;-c’est ainsi que la science l’entend et que la loi le veut pour venir
en aide à la justice dans la recherche du crime qu’elle poursuit. Toute appréciation fausse ou, à plus forte raison, con-
tradictoire, est non seulement propre à:
faire naître du doute dans l’esprit de la justice, mais dénote un manque de connaissance et de jugement de la part de ceux qui la dirigent dans la ieorche de la vérité.
Le procès de Barbinas fournit un exemple inexcusable de l’oubli de ces règles, et de l’imprévoyance des autorités, en confiant à un seul médecin l’Ex- PERTISE de matières qui manquaient d'authenticité pour servir de pièce à conviction. (Voir les articles 1, 2 et 3 avec les lettres 1, 2 et 3, ci-rès publiés).
« Il faut done nommer plus d’un ex- “ pert ; c’est convenable, c’est prudent, “ c’est même indispensable pour la di- “ gnité de la justice.” (Barse.)
La justice peut-elle être satisfzite en rendant son jugéffeht d’après le rapport d’un seul, quand ce rapport étublit des inexactitudes d’observation, t:1 que démontré dans le cas présent? Voir les artides déj à cités et publiés dans L: Pays du 13 et 20-ont.. 1863, et celui du 10 mai dernier, publié dans le Courrier du Canada le 16 mai dernier, avec mes lettres 1, 2 et 3 du 26 oct. du 8 décembre 1863 et du Qauri/ dernier, qui font partie de cet examen, et ci-après publiées. .
Lies
Tout ce que j'ui écrit sur l’uffaire Barbinas ne l’a été que dans un but de science et de justice envers toutes les parties; je n’ai pas écrit avec réticence comme l’a fuit M. Larue,eninterprètant mal l’opinion des auteurs, en dénaturant les faits pour se justifier, et en assaisonnant ses écrits profonds et réfléchis d’une grossièreté vulgaire et digne de sa haute éducation et de sa grande tnstruction. (Voir ses artivles. publiés dans le Courrier du Canada, le 29 avril et le 20 mai dernier.) Je ‘n’ai pas cru devoir répondre à ses attaques personnelles ; et je ne tenais pas non plus à avoir le dernier mot; il était trop peu honorable de suivre M, Larue . duns la voie qu’il s’est tracée et dans laquelle il aurait sans doute désiré m’entraîner.
Néanmoins j’ai fait quelque extraits de son dernier article, pour mieux faire ressortir la fausseté de ses appréciations et les contradictions qui existent entre ses écrits et son rapport, etle témoignage qu’il a rendu devant la cour. (Voir ces documents.)
“ M. Coderre, dit M. Laïre, ne com- “ prend rien à tout cela... Des cristaux “de la gtosseur d’une tête d’épingle, et
4 invisibles, c’est le comble de lPubsuür-|
« dité, suivant lui... M. Coderre ignore “ complètement que, dans ces inflam- “ mations de l’estomac, 11 se fait parfois “une sécrétion abondante de mucus “ (liquide visqueux) sur les membranes “ et que ce fluide peut même atteindre “ l'épaisseur d’un démi-pouce.”?
Si ce mucus était liquide, comment pouvait-il former une couche d’une épaisseur d'un demi-pouce? M. Larue, qui comprend parfaitement tout cela, continue.en disant :
“ Or, M. Coderre, si, au fond de cette “ couche épaisse, il sale @3s grains de la “ grosseur d’une tête d’épingle, les ver- “rez-vous ?” Non, mousieur, je ne les verrai pas s’il. sont recouverts d’une r94che d’un demi-pouce d'épaisseur, d jee les sentirai pas non plus au toucher.
Les extraits suivants du rapport de M. Larue font voir plus qu'aucun raisonneément que cette couche de mucus
d'un demi-pouce d'épaisseur n’a su dexistence que. pour l’article du 2 i Kerier- Car NT. Lorue n'a rien dit de senDable LMP Ont ES
engre die la vaut a: ses con clusions mulgré'qu’il ait dit dans son témoignagé, en. parlant
pelits points épaisse
étaier AU T4 4" déSmucostts. Voici rails : estomac était en
“ partie rempli par un fluide brunû- “tre que nous avons mis dé côté...” Est-ce bien 1à la conche de mucus d'un demi-pouce d'épaisseur dont parle M.
Larue dans son artiele du 20 mai “ Lorsque l’estomac fut vidé, dit-il, no- “# tre attention a été d’ubord frappée par “la présence d’un certain nombre de “ petits grains, durs au toucher, invisi- “ bles d'abord à l’œil nu, mais que nous ‘“ sentions distinctement en promenant ‘“ nos doigts sur la muqtreuse.” Lorsque l’estomac fut vidé, si de vpsti grains + Larue, ils
pas recouverts d'une couche de
dan demi-pouce d'épaisseur, comme veut le faire croire M. Larue dans son article. “ Sur la muqueuse de l’estomac ‘ se voyaient entr’autres, à part la rou- “ geur, des plaques noires, ecchÿmoti- “ ques.” Encore ici il n’est pas question de la couche de mucus qui aurait dû se trouver quelque part, et surtout sur :les iaches noires et ecchymotiques.
M. Larue, dans son langage ordinaire, va dire encore, saus doute, que ‘je suis incapable de comprendre quelque chose à tout cela ; et d’après le même jugement, étant privé de l’instruction nécessaire pour, le. comprendre, et surtout voulant m’immiscer dans les questions qu’il traite, jé n’aurais pas dû intervenir dans l'affaire: Barbinas ; ‘qu’il est absurde, pour moi, de prétendre m’occuper de questiuns auxquelles je n’entends Gour- TE (textuel). Je comprends que M. Lurue.aurait préiéré jou# paisiblement de la eonfiance qu’il a dans ses hautes coùnaissances! de pathologie anatomique, et surtout de Toxicologie et de Médecine légale qu’il enseigne à l’'Université-Laval, plutôt que d’avoir à justifier ses actes ; et 1l est fâcheux que son rapport l'uit ainsi trohi. Ce rapport prouve l'absence des connaissances même élémentuires, pour ne point dire l'ignorance des hautes sciences dont l’enseigiement lui a été confié. Garder le silence,
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m'abstenie de tout commentaire sur] ‘“ Cet anneau est d'ine couleur gris nue question aussi importante, eût été |“ d’ucier, d’un éclat métalliques. les ta crime commis contre la société. “ taches d’arsénio déposées sur la por- ‘4 La vie, l'honneur, la fortune des |“ celaine sont ordinairement d’un gris 4“ familles sont entre les mains des ex- |“ d'acier funcé, miroitantes..….…. Quand # perl... Il est rare qu’un homme |‘ on fuit tomber l’haleine dessus, elles #4 soit doué de toutes les qualités qu’on |‘ se découvrent facilement, et sans con- ‘ cherche à rassembler dans le person- |“ server de teinte terne. Quelquelois “ nel d'une expertise... Mais je ne eon- |‘ cependant leur couleur n’est pas aussi “ seillerai jamais à qui que ce soit de |‘ caractéristique ; elles ont une teinte “se charger seu de la responsabilité |‘ terne, un peu jaunâtre, surtout. sur les “ d’une affaire aussi grave ; l’uccepter |‘ bords. Sans entrer dans aucune dis- “ serait une preuve de confiance dans |‘ cussion sur la nature particulière de “ ses forces, peu recommandable aux |“ces dernières taches, il nous suffira 0) pus des gens sensés, Tcirevient d’ail- |“ de dire que, si l’emploi bien dirigé # leurs l& difliculté. de rencontrer! dans |‘ des réactifs prouve qu’elles renfer- “un seul ce, qu'il faut savoir pour |‘ ment de l’arsénic, sinon qu’elles en “tout fuire..… Comment conçoit-on |“ sont entièrement formées, on a acquis “qu’en face de conséquences aussi gra- |‘ toute la certitude qu’elles peuvent “ ves il: se trouve: des hommes qui:se |“ donner, et que J’anneau obtenu vieu- “ transforment de leur propre autorité |‘ dra confirmer :omplètement...” “ en chimistes, en toxicologistes, en lo- |. La couleur gris d’acier est donc la “ giciens, en experts en un mot, en sou- |seuie qui soit propre à l’anneaut arséni- “ tenaut d’une: arrogance: impudente | cal et aux taches d’arsénic, puisque la “ leur ignorance et leur prétention 7” | teinte brune qui est observée quelque- (Barse.) : [fois disparait sous l’effet de. l’haleine Ces citations n’ont nullement. besoin | pour faire place à la couleur gris d'ade commentaires ; elles sont d’une ap- |cier. ; 4 plication : frappante dans le cas quil ‘ Qui.ne sait, dit encore M. Larue, nous occupe ; deiplns, elles font voir |‘.que la couieur de cet anneau, comme toute l’importance du. soin que l’autori- |‘ celle des taches, peut varier depuis té doit apporter dans le choix des ex-|‘ le brun, jusqu'au noir opraue, suiperts,.qui doivent être toujours plus d’wx |‘ vant leur épaisseur, suivant qu’on les dans une expertise. , “ examine au miliew ou sur les bords.”
M. Larue veut toujours prouver que son anneau drun miroitant est arsénical.
(Voir de Courtier du, Canada du 20 mai dernier). Il cite Galtier qui: dit: “ leur “ couleur :est d’un, brun jaune, brun “ chocolat, d'un gris ardoisé, ou gorge “ de'pigeun.” à
“ En voilàrbien des bruns pour corro-
Cette coule sans doute; peut varier depuis T6 ürun ji qu nai ; lorsque l’ann es es d’arsénic sont res- RTE TRE RUE de Ja umière, où qu'ils sont alférés ou recouverts par quelque autre substance... Ce
brun noir n’est denc. pas la couleur caractéristique de l’anneau ni des taches
“ borer le mien,” dit M. Larue ; et il d'arsénie. : Mais pourquoi M. Larue ajoute: ‘“ Peut-on vraiment concevoir |s’écartait-il de Ja question principale ? “rien: de plus pénible, que d’être, forcé | croyait-il par là pouvoir justifier ses er- “ de discuter et d’écriré sur de pareilles |reurs d'appréciation ? Et, pour renché- “ niaiseries.” Il:est très possible que M. | rir sur ses vaniteuses prétentionset don- Galtier ait écrit, i] ya queique vingtaine ner,un: semblant de :vérité à ses asserdonnées, dans son pelit traite de, - tions, il: s’écriait : ‘Le.Dr. Coderre fait Jogie mêdi 6, ce qu'il n'écrirait |“ clairement comprendre qu’il w’a japas aujourd’hui ÿ mais, je, eiterai Gaul- |‘ mais vu un seul de ces anneaux.” tier, auteur de :/& chimie légale, du | Pour plusamples informations, je dirai à
snanuel complet. de médecine légale par | M. Larue que nous avons gardé depuis .
Briand, etc, qui n’est pas inconnu comme autorité, etvoici ce: qu’il dit relativement à l'anneau arsénical et aux taches d’arsénic.
plus de douze mois, au laboratoire de chimie. de l’Ecole..de Médecine et de Chirurgie de Montréal, des taches d’arsénic ainsi quo des anneaux, dont la
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