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2xp LETTRE.
E : " Montréal, 8 décembre, 1863.
Cuer MonsiEur.—Il y a déjà quelques jours que j'ai reçu votre lettre du 27 du mois dernier, avec la copie de l’expertise chimique du Dr. Larue, dans l’affaire Barbinas; mes occupations ne m'ont point permis de vous écrire avant ce jour. Si les quelques lignes que je vous adresse à co sujet vous sont de quelque utilité pour votre client, j’en serai bien aise, et vous pourrez vous en servir comme bon vous semblera. Le rapport de M. Larue pourrait fournir de grandes objections, si les autorités, dans l'intérêt de la justice, demandaient une consultation ou examen médico-légal sur toute l’expertise.
Le rapport de l'expertise médicolégale doit constater de la’ manière la plus rigoureuse l’authenticité des matières soumises aux analyses chimiques, la régulurité des procédés, (°) en détail, adoptés pour s'assurer de la pureté des produits chimiques qui doivent servir à toutes les recherches chimiques ultérieures ; le rapport doit aussi faire mention des parties des matières suspectes qui ont été réservées pour de nouvelles recherches, dans le cas que les autorités demanderaient une seconde et même une troisième contre expertise (l’affaire Palmer, en Angleterre, et l’affaire Lafarge, en France, en fournissent des exemples).
En Angleterre, on a plusieurs exemles où l’on a trouvé de l’arsenic dans es matières vomies, recueillies, etc., et
soumises aux analyses, etc., où les accusés ont été déclarés non coupables parce qu’on avait placé ces matières dans des vases susceptibles à objections ; dans d’autres circonstances les vases qui renfermaient les matières suspectes avaient été commis aux soins de personnes ignorantes et laissés à la garde de tout le monde, etc., comme dans le cas de Barbinas. Je me permettrai de voue adresser les extraits suivants de Taylor, relativement aux vases qui contiennent les matières suspectes, et à leur authenticité :—“ If this point be not attended “ to,it will be in the power of Counsei 0
1) Cos dernières précautions ne sont point exigées par'tous les auteur, J, E, ©,
“ raise a doubt in the mind of the jury, “ whether the poisonous substance “ might not have been accidentally pre- “ sent in the vessel usad, &c., &c. Evi- “ dence of the presence of poison in the “ contents of the stomuch was once re- “ jected at a trial for murder, because “ they had been hastily thrown into a ‘ jar borrowed from the neighbouring “ grocer’s shop, and it could not be su- “ tisfactorily proved that the jar was “ clean and entirely free from traces of “ poison (in which the grocer dealt) “ when used for this purpose. When “the life of a human being is at stake, “ asin a charge of murder by poisoning, “ the slightest doubt is always very pro- “ perly interpreted in favor of the ac:
“ cused.
“ À few years ago, a case was tried “on the Norfolk Circuit, in which the “ analysis of the matters vomited by a ‘“ person poisoned by jarsenic, was not ‘ admitted as evidence against the pri- “ soner, because the practitioner had ‘ left them on the keeping of two igno- “ rant women ; and these women had
“ allowed the vessel containing the sus-.
‘“ pected liquid (which was proved to “ contain arsenic) to be exposed in a ‘ room open to the access of many per- “ sons. In another case tried at -Old ‘ Bailey sessions in 1835, the analysis ‘“ of some suspected liquids was not al- ‘ lowed in evidence, because the prac- “ titioner who lived in the country, and ‘ was unwilling to take upon himself “ the responsability of analysing them, “ sent them up to town by a carrier, to ‘“ be drnito by a London chemist, “ &c. (Taylor Med. Juris. pp. 55 & 56.)”