‹ Affaire-Barbinas [microforme]Chapitre 25 sur 39 · DE M · texte numérisé non relu

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Sont autant d’objections légales à opposer aux conclusions de M. Larue, outre les erreurs d'appréciation de ses analyses chimiques.

Puis-je compter sur l’authenticité de la copie que vous m’avez euvoyée du rapport de M. Larue; et dans le cas que je voudrais en faire une appréciation au point de vue médico-légal, m’appuyer de votre nom, comme m’ayant fourni cette copie?

Je suis avec considération, ; Monsieur, Votre tout dévoué serviteur,

(Signé,) J. EMERY-CODERRE.

G. Tasor, Ecr., Avocat, Québec.

3me LETTRE.

Montréal, 9 avril, 1864.

G. Tazsor, Ecr., Avocat, Québec.

CHER MonstEur,— Le sort de votre client Barbinas est donc définitivement arrêté ; il devra subir la peine capitale le 29 de ce mois. L’exécutif devraitil commuer la peine de mort dans le cas de Barbinas ; et serait-il justifiable de le faire? Je nai aucun doute que si l'exécutif prenait connaissance de tonte l'affaire, surtout des rapports de l’enquête tenue par le coroner, et des analyses chimiques des matières suspectes, il ne pourrait se refuser à commuer la peine de mort.

Les analyses c:imiques, dans une expertise médico-légale, ne devraient jamais être confiées a un seul médecin, malgré sa grande renommée ;—partout ailleurs elles sont généralement faites per plusieurs, au moins deux, etscuvent trois ou quatre médecins sont chargés de faire ces analyses. Dans le cas de la femme Julie Désilie, si les analyses eussent été confiées à deux ou trois édecins, je ne pense pas qu’on eût conclu “à l'empoisonne nent par l’arsénic d’une manière qi positive qWon l’a fait, lorsque le Dr. Larue dit dans son rapport: 1° “d’après les symptômes tels qu’ils nous ont été décrits par le coroner Poisson ; 2° d’après les lésions de tissus, telles que nous les avons vues et

silie est morte empoisonnée par l’acide arsénieux en poudre.”

Les lésions de tissus telles que vues et décrites par M. Larue ont dû attirer mon attention, et je me permettrai de signaler seulement l’état de la vésicule biliaire et du foie, tel que décrit dans le rapport : ‘/a vésicule biliaire remplie de “ bile renfermait neuf calculs biliaires ; le “ foie ramolli et friable nous a paru affecté “ de dégénérescence granulaire. Par l’ex- “ amen microscopique, nous nous sommes “ convaincu qu’il était atteint de dégéné- “ rescence graisseuse” Pour le pathologiste, la dégénérescence graisseuse du foie, ou fois.gras, esti une affection mortelle quisouvent cause promptement la mort, précédée de.symptômes tels que ceux observés dans le cas d’empoisonnement par l’arsénic,avec les lésions anatomiques qui ont pu être observées dans le cas de la femme Désihe. Je trouve donc dans l’état de la vésicule biliare et du foie, d’après les propres observations de M. Larue, la cause inévitable de la mort dé la défunte.

Les analyses chimiques ont dû aussi attirer mon attention ; car dans un cas d’empoisonnement, pour pouvoir dire et affirmer positivement que l’empoisonnement a eu lieu par l’arsénic, il est essentiel qu’on ne puisse élever de doutes sur l’exactitude ucs observations ou appréciations de la substance qu’on a extraite des matières suspectes. L’inexactitude de l’appréciation des propriétés physiques de la substance toxique, extraite de l’estomac de la femme Désihe, constitue une erreur, selon moi, bien regrettable, et laisse non seulement un grand doûte sur le résultat des analyses, mais devrait même le faire considérer comme non avenu. Et voici ce que dit le Dr. Larue dans son rapport : “ Lorsque & l’estomac fut vidé, notre attention na “ d’abord été frappée par la présence “ d’un certain nombre de petits grains & durs au toucher, invisibles d’abord à l'œil “nu, mais que nous sentions distinc- “tement en promenant nos doigts sur “ Ja muqueuse. A l’aide des doigts et “ du couteau de platine, nous avons isolé ‘ une trentaine de ces grains qui, mis à “ sécher sur du papier à fiitrer, n’ont pas

décrites; 3° d’après l'analyse chimique. }‘ tardé à se montrer avec un aspect nous coucluons que la dame Julie Deé- |“ blanc-jaunâtre, brillaut et cristailin ;

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