‹ Affaire-Barbinas [microforme]Chapitre 32 sur 39 · CILE DU · texte numérisé non relu

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“tits grains (trente) durs au toucher, 4 invisibles à l'œil nu, mais qu'il sentait “ distinctement en promenant ses doigts “# sur la muqueuse ; ils uvaient le vo- “ lume d’une tête d'épingle.”

4 Comment ! M. Coderre, dit M. Larue, “ vous ignorez que dans ces inflamma- “tions ilse fait parfois une sécrétion abon- “ dante de mucus (je vais dire liquide “ visqueux puisque vous ne savez pus Ce # que c’est que du mueus) sur les mem- “ branes et que ce ffuide (comprenez li- “ quide) peut même atteindre l’épais- “ seur d’un demi pouce !”

# Or, M. Coderre, si au fond de cette ‘“ couche épaisse ilexiste des grains de ‘ Ja grosseur d’une tête d’épingie, les “ verrez-vous 1”

Mais non, dirait le Dr. Coderre, sous ce voile épais et opaque, je ne verrais pas ces petits gruins, pas même de papurs pour en indiquer la présence.

fais, vous, au palper, les sentiriez-vous sous votre doigt 7...Allons donc! vous voulez jouer de finesse, Et si je ne comprends pas ce phénomène, muis...

mais. ..C’est parce que vois êtes le phénomène,

3°. Ici c’est un mystère. Nous croyons que M. L...est un peu astrologue, ce qui pourrait bien ne pas convenir aux sciences positives.

Il voit des poudres impalpables, qui se composent de cristaux microscopiques, et personne que lui n’a vu cela!

à son âge! Puis vient le savant épicier du savant Dr. Coderre, (aussi bien payé que celui de M. Larue l’est par Uni:

versité Laval, à laquelle il n’a peut-être pas encore remboursé l'intérêt de ce qu’il lui coûte,) et plusieurs autres impertinences préméditées et indigues d’un professeur quelconque.

Mais voici tout-à-coup une lumière, un phare que le grand toxicologiste cunadien vient apporter à la fuible intelligence du Dr. C. Ecoutez!

“ Mettez une cuillerée à soupe de “ cette poudre d’ursénic (il veut dire “ d’acide arsénieux) en souche mince, “ sur tine feuilie de papier, promenez ‘“ vos doigts sur cette poudre, et dans “ l’espace de cinq minutes, vous pour- ‘ rez isoler au moins trente de ces petits & grains.”

Vraiment, M. Larue s’est livré à des travaux immenses depuis peu de temps pour nous apprendre tout ce qu'un bourgevis gentilhomme doit savoir. Mais dites-nous : s’il y avait, par hasard, une couche de mucus d'un demi pouce d'épaisseur par-dessus cette poudre, poursiez-vous isoler ces trente têtes d’épingle ?

Nous affirmons avec la chimie que descristaux impalpables d’arsénic (acide arsénieux) ne se rassembleront pas pour former dans l’estomac un cristal plus gros, étant désintégrés.—Les /umps de Taylor ne sont pas des cristaux d’une tête d’épingle.

Nous affirmons encore uvec tous ceux qui connaissent la pesanteur de l’acide arsénieux, que 30 petits grains de la grosseur d’une tête d’épingle pèseront beaucoup plus que trois quarts de grains.

Dans tout ce paragraphe, M. L. nous donne à penser qu’il serait bon qu’il retuurnât en Europe pour y faire sa logigue aux frais de l’Université.

4” Vous citez, pour faire accepter votre brun miroitant, M. Galtier, que ni M. Coderre ni nous ne connaissons, mais aussi nous n’avons pas l'avantage de puiser à une bibliothèque où lon peut consulter tous les livres connus et inconnus pour devenir Docti cum libris.

Mais nous croyons qu’ii y a quelque chose de sous-entendu dans votre citation que voici : ‘ Leur couleur est ordinairement d’un brun jaune, brun chocolat, gris ardoise, ou gorge de pigeon.” Quoi ? leur, un anneau métallique dans l’intérieur d’un tube,au-dessus du charbon, d’où il s’est échappé? ce n’est pas leur couleur, Monsieur, qu’il faut dire, mais sa couleur. Il y a malentendu ou quelque autre chose..Pour nous, cet anueau n’aura pas d'autre couleur première que celle gris-blanc d’ucier, luisant et émanant l'odeur d'ail. Cur nous l'avons vu, de nos yeux vu, comme vous dites, plusieurs fvis dans les expériences réitérées de nos professeurs et dans les nôtres, et jamais autrement, Nous ne parlons pas d'examiner les bords du tube. TL n’est pas besoin de voir les bords, si lexpérience est bien faite. Vous voulez porter l’éfonnement chez votre udversaire, qui ne comprendra pas, dites-vous encure. Muis, sans doute, à cause de l’inanité de ce qui sc Lit daus cet alinéa.

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5° L’authenticité du Dr. Coderre. Al- Jons :

[Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des savants.]

Tout homme qui sait lire ne reconnait-il pas la faute typogrephique tout aussi facilement qu’il reconnait plus haut les fautes de grammaire que se permet le savant professeur ? ;

M. le Dr. Coderre n’était pas, ne vou en déplaise, de ces médecins qui confondirent des os de moutons avec des os humains, dans l'opinion d’un magistrat qui ne connaissait pas son devoir, dans le doute. Si ces médecins se fussent trouvés dans l’erreur, 1ls l’auraient honnêtement reconnu. Il y a des Orfila, des Mugendie, des Roux, et autres qui ont reconnu qu’ils s’étaient trompés; mais ce ne sera jamais l’ignorant ou le pédant qui affirme toujours pour son com pte et qui nie toujours à l’adresse du mérite et des connaissances d’uutrui, sachant qu’une fois sur cinquante l’exception sera pour lui, et qu’en l'exploitant il pourra faire son petit bonhomme de chemin.

Le document Tabot-Coderre est, sans contredit, n’en déplaise à M. Larue et à ses chauds amis, un des meilleurs plaidoyérs qui se soient produits en ce genre dans ce pays, et il dépasse de cent coudées les écrits scientifiques de ce monsieur, jusqu'à présent.

A cette phase de notre critique nous prenons le professeur qui oublie ses belles-lettres pour se donner la satisfaction de faire du bel esprit sarcastique.

Il ne sait pas que l’on dit le vase pour son contenu comme on dit un damas pour un couteau de Damas, et il assure hardiment ses lecteurs, qu’il prend tous pour des oies, apparemment, que le Dr.

Coderre veut faire dissoudre tous les vases par des procëdés chimiques avant de faire l’analyse du contenu! Mais passons sur ces misères. Nous n’aimons pas assez les écrivains qui jouent sur Jes mots. Il nous paraissent ressembler aux gens qui frappent leurs adversaires par derrière de peur d’être vaincus en les combattant loyalement en face.

# Taylor (concluerait le Dr. Coderre) “ dit en petite quantité; or huit grains “et trois quarts sont une grande quan- & vèté ; donc l’arsénic à cette dose n’est “ pas un poison.”

Non, monsieur, jamais le Dr. Coderre, que vous fuites parler comme bon vous semble, pour consoler, pour reconforter votre vuniteuse susceptibilité blessée ne pourrait déraisonner de la manière que vous le faites en ce moment, Ou vous ignorez où vous feignez d'ignorer votre toxicolugie en disant que huit grains et trois quirts sont une grande quantité relativement aux poisons en général.

Nous renvoyons à M. Larue les malheureuses paroles de son avant-dernier alinéa,

‘ Il serait difficile, je crois, de déplo- “ ver, en aussi peu de mots, et sur les “ choses mêmes (même) les plus 6lé- “ mentaires, autant d’ignorance que le ‘“ Dr. (Larue) a su en montrer dans sa ‘“ correspondance. Après tout le Dr.

‘“ (Larue) est un Leau cas, et puisqu'il ‘“ prête si volontiers le dns à la lanière, “ pourquoi n’en pas profiter 7”

Comme un bon et charitable donneur d’étrivières.

‘ On trouvera pent-être mon langage

‘un peu sévère, dites-vous.” Mais

non, monsieur, il ne respire que pédantisme médical, malice et calomnie : il ne peut donc être sévère.

Votre péroraison seule suffirait pour le prouver, vous qui dites que celui qui avait déjà un nom lorsque vous n’étiez encore qu’écolier, veut s’en fair un à vos dépens? Votre esprit de conservation et votre charité chrétienne l’en empêcheraient à coup sûr.

Il est fâcheux de le dire, mais jamais écrit plus prétentieux, plus suphistique et plus acrimonieux n'est sorti de la plume d’un homme qui se targue de son instruction classique et de ses fortes

études.

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