ANALYSES CHIMIQUES
Analyses des liquides contenus d&ns les deux petites fioles étiquetées No. 1 et 2.
La petite fiole No. 1, à demi remplie, contenait un liquide provenant de la vésicule biliaire avec des grumeaux d’un jaune rhubarbe et d’une odeur infecte.
L’autre fiole No.2, décachetée, était aux trois quarts remplie d’un liquide provenant de l’estomac, de couleur chocolat, et d’une odeur également infecte.
La moitié du liquide contenu dans la petite fiole No. 1, traitée par quelques gouttes d'acide sulfurique,évaporée dans une capsule neuve de porcelaine, le résidu carbonisé (d’après le procédé de MM. Danger et Fiandin) par environ deux drachmes d’acide sulfurique ; le charbon sec et friable, réduit en poudre, a été humecté avec un peu d’acide chloro-azotique, (acide azotique 1 partie, acide chlorhydrique 2 p.) desséché, puis lavé à l’eau distillée et portée jusqu’à ébullition plusieurs fois (5 fois).afin d’en séparer tous les sels solubles; la liqueur des différents lavages, réunie, filtrée, décolorée par le charbon animal, après concentration, mise dans un appareil de Marsh qui opérait à blunc,n’a donné aucun dépôt de matière solide dans le tube à condensation, ni coloré la flamme, ni produit de taches sur les soucoupes de porcelaine placées dans le courant de la flimme de l’hydrogène (preuve de l’absence de l’arsénic.) Nous ayons ensuite fuit passer un courant de gaz acide sulfhydrique à travers la liqueur préalablement acidulée avec un peu d’acide chlorhydrique, et même après vingtquatre heures de repos, elle n’a donné aucun précipité (preuve de l'absence des sels à base d’antimoine, de mercure, de zinc, de plomb, de cuivre, d’arsénic, etc.,etc.) Une partie de lu liqueur provenant de la petite fiole, étiquetée No. 2, traitée et essayée de la même manière que la précédente, n’a donné aucune réaction.
La grande bouteille étiquetée No. 1, sachetée et pargphée, a été ouverte ; Pestomac avec le l'quide qui s’y trou-
vait, sans cependant être trop décoraposé, répandait une odeur putride. La face externe de l’estomuc était d’un bran noirâtre, et la face interne ou la muqueuse d’un brun rougeâtre ; près du pylore, les surfaces de cet urgane étaient rudes au toncher ; soumises à la loupe, on ne voyait nulle trace de corps étrangers; le liquide était d’un brun noirâtre.
L’estomac a été partagé en trois parties, dont une a été mise dans une ble avec de j’ulcool, cachetée, pour être remise au coronaire avec les deux autres petites fioles contenant une partie des.
liquides que nous avions à analyser.
Une autre partie de l’estomac a été bouillie dans de l’eau distillée pendant.
près d’une heure et demie, et cette eau filtrée et décolorée par le charbon animal, a été légèrement acidulée avec ds.
l’acide chlorhydrique, ensuite traitée, après concentration, par le gaz acide sulfhydrique, et n’a donné aucun précipité après vingt ou vingt-deux heures de repos ; essayée par l'appareil de Marsh, elle n’a produit aucune matière solide dans le tube a condensation, ni coloré.
la flamme, ni formé de taches sur les.
soucoupes de porcelaine. Le résidu de cette même partie de l’estomac a été aussi carbonisé l’acide sulfurique suivant la méthode déjà employée ; et.
la liqueur des divers lavages du charbon a été filtrée et décolorée, et après concentration a été essayée par les réactifs.
déjà mentionnés sans donner aucune réaction.
La troisième partie de l’estomac avec.
le peu de liquide qui se trouvait dans la même bouteille a été carbonisée par l’acide sulfurique ;; le charbon sec et friable, réduit en poudre, a été humecté.
avec un peu d’acide chloro-azotique, des= séché, puis lavé à l’eau distillée portée jusqu’à l’ébullition quatre fois. La liqueur des diflérents lavages, filtrée. et décolorée par le: charbon animal, après concentration, a été traitée et essayée.
par le gaz acide sulfhydrique, l'appareil de Marsh, ec les réactifs, tels que nitrate d’argent ammoniacal, sulfate de cuivre ammoniacul, sulfate d’ammonium,.
ete., etc., et n’a donné aucune réaction propre à l’arsénic, ni aux sels à base de.
mercure, d’antimoine, de zinc, de cui« vre, de plomb, de cobalt, ete., etc.
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Conclusion.—D'après les analyses que nous uvons fuites des matières extraites du corps de Noël Lussier, nous concluons 1° qu'il n’y a pas eu empoisonnement par l'arséric, le mercure (deutochlorure de mercure), l’antimoine, le cuivre, le plomb, le zinc, le cobalt, ni autres sels métalliques ; 2° que nos recherches n’ont point porté sur les poisons végétaux, tels que la strichnine, la brucine, la morphine, la belladone, le stramonium, la cigné, ete., etc., vu que l’un des médecins qui ont été appelés à donner leurs soins au défunt, u dit dans son rapport qu’il n’avait remurqué rien d’extraordinaire chez le malade, qui pôt laisser supposer un cus d’empoisonnement,
Nous remettons à M. le coronaire, avec ce rapport, les deux petites fioles
étiquetées Nos. 1 et 2, avec. un peu da liquide que chacune d'elles contenait, et une troisième fole contenant une partie de l’estomae que nous avons réservée.
J. RMERY-CODERRE, M.D.
THS. E. D'ODET D'ORSONNÉNS. M. D.
Fait et signé à Montréal, le 21 juillet: 1863.
Le soussigné reclame du gouvernement pour le temps employé à l’expertise des matières extraites du corps de Noël Lussier, la somme de trois cent soixante piustres, montant de vingt-sept vacations de jour, et neuf de nuit, cons jointement'avec le Dr. d’Orsonnens:
‘ I J. EMERY-CODERRE; M. D, Montréal, 27 juillet: 1863.