‹ Affaire Dreyfus: Analyse de l'enquêteChapitre 123 sur 162 · V. — Les preuve^ de Cavaignac · texte numérisé non relu

V. — Les preuve^ de Cavaignac

Pour prouver que c'est Dreyfus qui est l'auteur du bordereau, M. Gavaignac dit :

Et les camarades de Dreyfus croient se souvenir qu'il a parlé des formations de rartillerie, un jour, en sortant du bureau du colonel Lefort.

Je n'ai pas le nom du témoin présent à la mémoire.

Voilà une belle preuve : elle passe du pluriel au singulier, et M. Gavaignac ne sait même plus quel est ce témoin, qui prouverait, quoi ? qu'un jour Dreyfus a parlé de cette question. Mais dans les bureaux de TEtat- Major, est-ce qu'on serait suspect dès qu'on parlerait d'une question militaire ?

On le croirait : car on voit un capitaine refuser de donner un renseignement demandé par Dreyfus : et Dreyfus, l'imprudent ! a osé un jour copmiettre Tacte suivant :

Le capitaine Pouydraguin se souvient de même que Dreyfus a dessiné, un jour, le schéma de la concentration des armées, ce qui est un fait tout à fait exceptionnel.

M. Cavaignac ajoute avec sévérité :

Ces faits, entre autres, établissent les habitudes de Dreyfus.

Ils prouvent que Dreyfus prenait au sérieux ses fonctions, et par cela même il se distinguait : c'est fâcheux pour ses collègues.

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