V. — Les preuve^ de Cavaignac
Pour prouver que c'est Dreyfus qui est l'auteur du bordereau, M. Gavaignac dit :
Et les camarades de Dreyfus croient se souvenir qu'il a parlé des formations de rartillerie, un jour, en sortant du bureau du colonel Lefort.
Je n'ai pas le nom du témoin présent à la mémoire.
Voilà une belle preuve : elle passe du pluriel au singulier, et M. Gavaignac ne sait même plus quel est ce témoin, qui prouverait, quoi ? qu'un jour Dreyfus a parlé de cette question. Mais dans les bureaux de TEtat- Major, est-ce qu'on serait suspect dès qu'on parlerait d'une question militaire ?
On le croirait : car on voit un capitaine refuser de donner un renseignement demandé par Dreyfus : et Dreyfus, l'imprudent ! a osé un jour copmiettre Tacte suivant :
Le capitaine Pouydraguin se souvient de même que Dreyfus a dessiné, un jour, le schéma de la concentration des armées, ce qui est un fait tout à fait exceptionnel.
M. Cavaignac ajoute avec sévérité :
Ces faits, entre autres, établissent les habitudes de Dreyfus.
Ils prouvent que Dreyfus prenait au sérieux ses fonctions, et par cela même il se distinguait : c'est fâcheux pour ses collègues.