V. — Le bordereau à Ile-de-Ré
Le général Roget affirme que t Dreyfus est l'auteur du bordereau parce qu'on en aurait trouvé le double à l'île de Ré, dans la doublure de son gilet. »
Le général Roget dit :
Je n'ai pas vu la pièce.
Je sais bien que la pièce a été envoyée par le service pénitentiaire au ministre de l'intérieur.
Je sais d'autre part que le commandant Picquet, actuelle-
,ment chef de bataillon au 136® territorial à Saint-Gaudens,
qui était, je ne sais dans quelles conditions, à l'île de Hé, à
ce moment-là, a assisté à la saisie de la pièce, ou l'a pra»
tiquée lui-même.
Je n'ai pas vu le commandant Picquet, j'ai eu le renseignement par correspondance, sans autre précision.
Cette histoire est-elle ATaie ou kusse ? Nous n'en savons rien. Elle nous étonne cependant. Les effets du capitaine Dr^fus avaient été soumis aux formalités d'entrée à la prison de la Santé. Nous ne voyons pas bien comment il aurait fait pour y dissimuler ce bordereau.
Et qu'est-ce que cela prouverait ? que, dans sa stupéfaction d'avoir été condamné sur cette pièce, il voulait en emporter un double sur lui pour essayer, dans sa contemplation, à en faire sortir la vérité ?
On voit la méthode du général Roget qui invoque le fait, dont il ne s'est pas du reste assuré d'une manière bien précise, lui cependant qui a eu tous les loisirs et
toutes les facilités depuis plus duu an, pour étudier Talfaire Dreyfus ! Il n'a pas vu la pièce, il a eu « le reneeigaement par correspondance, sans autre précision. » Mais le fait serait -il réel; en quoi prouverait -il que Drcvfus est l'auteur du bordereau ?