‹ Affaire Dreyfus: Analyse de l'enquêteChapitre 6 sur 162 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

de Déroulède, soufflés dans l'ombre par le P. du Lac^ nous assistons à la plus étrange sarabande de criminels et de grotesques groupés autour de ce Robert Macaire en uniforme dont Ibels a si bien retracé l'immortelle silhouette.

La valeur de ces hommes ? ils la donnent eux-mêmes dans leurs dépositions. L'embarras de tous n'est dissimulé par l'audace d'aucun : et à certains moments, on voit agir ces ministres, ces généraux, ces officiers, comme des bandes de cambrioleurs : ils se mangent les uns les autres. Roget et Guignet prononcent contre du Paty de Clam un réquisitoire tel que ses amis invoquent Zola pour sa défense (v. Chap. IIL § 3).

Tls sont condamnés aux aveux les plus humiliants et à des mensonges qui les constituent en état permanent de faux témoignage. Quand Cavaignac et Roget viennent affirmer Tauthenticité du procès-verbal des aveux d'Henry, ils se déshonorent sans persuader personne. Les aveux sont du 30 août, Henri est mort le 31 ; le procès verbal est du 3 septembre. Chacun se demande ce que le misérable a pu dire aux généraux de ^oisdeffre et Gonse qui assistaient à l'interrogatoire, au ministre qui le dirigeait. Est-ce qu'ils n'avaient pas tous fait usage de son faux? Est-ce que Gonse ne lui avait pas donné à la fin d'octobre 1896 le dossier secret à l'aide duquel il l'avait confectionné ? Est-ce que lorsque le 2 novembre ils l'avaient eu en leur possession, Boisdefîre et Gonse n'avaient pas eu soin

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