VIII PREFACE
de le diBsimuler à Picquart? D'où venaient donc œs manœuvres ? Est-ce que Esterhazy, qui avait une bonne raison' pour savoir que cette lettre de Panizzardi ne pouvait être qu'un faux puisqu'il y était question de Dreyfus et non de lui, n'avait pas prévenu le général de Pellieux de l'imprudence que de Boisdeffre et lui avaient commise ? Est-ce que du Paty de Clam qui, d'après Guignet, est le principal auteglï* du faux, n'avait pas prévenu Gavaignac avant le 7 juillet ? est-ce que le capitaine Guignet n'avait pas informé Gavaignac le 14 août, de la découverte matérielle du faux? Est-ce que Gavaignac n'avait pas gardé le silence jusqu'au 30 août, après le conseil d'enquête devant lequel Esterhazy n'avait pas été aussi muet qu'on l'avait espéré ? Est-ce que
/ tous ces faits ne prouvent pas qu'il y a eu de la part de ces hommes non pas une crédulité aveugle, mais une complicité, sinon matérielle
) pour chacun, du moins morale?
Gette complicité se manifeste encore quand le général Billot, qui cependant savait qu' Esterhazy était a un bandit » , recevait en silence les lettres du 23 et du 25 octobre, donnait ordre à son chef de cabinet, le général de Torcy, de lui accuser réception « du document libérateur », sans ouvrir d'enquête sur ce que signifiait cette machination ; quand, après avoir pris connaissance de trois lettres écrites au Président de la République, le menaçant de faire appel à l'Em-