II. — Le témoin i?nplacable
Avec la déposition de Picquart, immédiatement nous entrons dans une autre atmosphère. Plus d'hypothèses
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dépourvues de tout point d'appui tangible ; plus de complications de mensonges ; plus de' réticences ; plus de grossièretés, d'injures, de cris de haine, de morsures venimeuses. D nous semble que nous sortons d'un asile de déments, section des agités, pour entendre un homme sincère et sévère.
Nous comprenons toute la haine de certains personnages de rÉtat-Major contre Picquart : Roget se trompe quand il dit que, sans lui, l'affaire Dreyfus ne se serait pas produite ; mais Picquart est le témoin implacable. En dehors des juges du Conseil de guerre, il a été le seul officier qui ait assisté à tous les débats : il a vu poindre le commencement de l'instruction ; il en a suivi les diverses phases : il est devenu enfin chef du bureau des renseignements, et il sait ce qu'U y a dans les dossiers secrets.
Picquart nous donne un détail qui montre bien la passion et la haine avec lesquelles a été menéer cette affaira Dreyfus. Les du Paty de Clam, les Boisdeffre, les Gonse ont sauté sur Dreyfus avec l'empressement de chasseurs criant.
— Nous tenons donc un juif, nous ne le lâcherons pas- Pourquoi tant de hâte? pour prévenir de nouvelles trahisons ? Nouveau mensonge.
Au moment où il a été arrêté, Dreyfus n'appartenait plus au ministère. Il était dans un régiment d'infanterie, où il n'avait pas de documents à sa disposition directe.