III. — Faits postérieurs
Le président demande à Picquart si, après la condamnation de Dreyfus, l'on a encore constaté des fuites au ministère.
108 ANALYSE DE l'EiNQUÊTE
Le lieutenant-colonel Picquart. — Oui, j*ai à citer un fait extrêmement important. Seulement, il serait nécessaire de vérifier si la pièce, dont j'ai vu la copie, a été imprimée après le départ de Dreyfus.
J'en suis presque certain.
J'ai l'impresssion que cela nous indiquait une nouvelle trahison, mais je ne puis l'affirmer absolument.
Voici dont il s'agit :
. En 1895, ou au commencement de 1896, un Anglais nous a envoyé une copie d'une pièce, que je suis presque absolument sûr être un tableau d'effectif de guerre, pièce ressortissant au l»*' bureau de l'État-Major.
Il s'offrait à nous rendre cette pièce et disait que, si on ne lui donnait pas une somme qu'il indiquait, il la vendrait, je crois, aux Italiens.
Je prévins mes chefs, et je fis une enquête. Au l*"^ bureau, on me dit que cette pièce avait dû passer par tant de mains qu'il était difficile d'incriminer personne et que Vindiscrétion avait peut-être été commise au corps d'armée intéressé (je ne me souviens plus du numéro de ce corps d'armée).
L'enquête n'aboutit pas, mais il serait facile de retrouver tout ce qui concerne cette question : la lettre de l'Anglais et la copie de pièce livrée doivent se trouver dans les papiers d'Henry.