‹ Affaire Dreyfus: Analyse de l'enquêteChapitre 86 sur 162 · III. — Le Père dit Lac · texte numérisé non relu

III. — Le Père dit Lac

Cette légende de la dame voilée qui, pour se venger dePicquart, aurait livré le document libérateur à Henry, se trouve mentionnée dans le rapport de Ravary : mais le général de Pellieux savait trop bien qull n'y avait d'autre dame voilée que du Paty de Clam, Henry et Gribelin, pour qu'il fît citer ce témoin et essayât d'établir la vérité de cette légende. Sa conduite n'en est que plus infâme. Il a fait là le mal pour le mal. Il a voulu atteindre Picquart, en frappant une femme. 11 n'a pas pour excuse la recherche d'une prétendue vérité qu'il savait ne pas exister.

L'acquittenfient d'Esterhazy est maintenu. Le rôle de la dame voilée n'est cependant pas fini pour les acharnés à la persécution contre Picquart, puisque Gonse lui donne l'adresse de M. Bertulus après le procès Zola le 24 ou le 25 février.

Mais j'avais taDJours pensé et dit que toutes ces combinaisons, comme celles qui ont perdu Dreyfus, ces inventions appartenaient trop aux procédés habituels des jésuites pour qu'ils n'y eussent pas collaboré directement.

Nous avons la preuve certaine et directe de leur ingérence.

La dame dit à M. Bertulus :

Qu'elle était évidemment l'objet d'une machination et que les éléments nécessaires à cette machination n'avaient pu être fournis que par quelqu'un très au courant de ses dissentiments avec son mari au sujet de Picquart, et ensuite de sa réconciliation avec son mari, obtenue grâce à une lettre d'elle promettant de ne plus revoir Picquart.

Elle disait enfin que la seule personne qui ait pu donner des renseignements permettant d^insinuer qu'elle était la « dame voilée », parce que seule elle présentait les conditions requises (la grande affection et la rupture), ne pouvait être que le P. DU MjAt% HO^ DlUECTEUIt, CELUI AUSUil DE SOU MARI, qui avait pris la part la plus active à son retour au foyer conjugal.

A l'appui de son raisonnement, elle disait encore que deux fois, par deux lettres au cours du procès Zola, le P. DU U4€ U'A^'AIT IIAUDÉE AUPRÈS DE MuVM et qu'elle avait refusé de s'y rendre, ne voulant pas lui dire en face le soupçon qu'elle avait contre lui.

Voilà les bommes qu'il s'agit de couvrir et de sauver^ au mépris de toute pudeur et de toute justice. Les criminels se démasquent chaque jour un peu plus.

L'innocence de Dreyfus paraît d'autant plus éclatante qu'on a entassé autour d'elle plus de machinationspour l'empêcher d^etre jamais reconnue.

Contre la revision, il ne peut y avoir désormais <iue des complices des criminels. Nul homme qui a pu

lire CCS dépositions ne peut plus se targuer d'ignorance et d'hésitation.

Tant pis pour ceux qui persévéreront à se solidariser avec l'odieuse entreprise de 1894. Ils se déshonorent à jamais.

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