‹ Affaire Dreyfus: Analyse de l'enquêteChapitre 92 sur 162 · IV. — Conjectures · texte numérisé non relu

IV. — Conjectures

Le général Deloye n'a point déposé devant la Cour de cassation. C'est le ministre de la guerre qui lui a, paraît-il, prescrit de rédiger une note, que M. de Freycinet a ensuite transmise au garde des sceaux.

Nous ne voulons pas rechercher ici quels motifs ont

156 ANALYSE DE l'eNQ.UÊTE

-fait agir le ministre de la guerre dans cette circonstance — mais il est à peine besoin de faire observer combien est irrégulière son intervention dans une enquête, déjà terminée au moment oii il a fait rédiger le mémoire, dont il a néanmoins demandé le versement au dossier soumis à la Cour.

Ce qui était mettre les magistrats dans l'impossibilité

de s'éclairer eux-mêmes par un interrogatoire direct du

général Deloye, ou par sa confrontation avec les précé-

' dents témoins entendus, dont il prétendait réfuter les

déclarations.

Au paragraphe 16, le général s'occupe du passage du bordereau concernant de nouvelles formations d'artillerie ; il commence par se demander :

De quelles formations pouvait-il être question dans la note du bordereau ?

Et il se répond immédiatement, avec beaucoup de raison :

On ne peut faire à ce sujet que des suppositions puisqu'on n'a pas vu la dite note.

Eh ! oui ! voilà la vérité. — Et ce que Ton peut dire de cette note, on doit le dire de tous les autres documents annoncés par le bordereau.

11 ne les a pas vus, ni du Paty de Glaip, ni d'Ormescheville, ni Roget, ni Cuignet. ni les cinq ministres de la guerre.

Dès lors, que signifient les interminables discussions auxquelles ils se livrent — pour établir si tel ou tel officier possédait ou ne possédait pas les connaissances nécessaires pour les rédiger ?

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