OC EEE LS UN
OU pr
“ Q. Prétendez-vous dire que Shortis est aliéné ? “R Oui.
“Q. Ne croyez-vous pas qu'il était en état de j'aire “la distinction entre ce qui est bien et ce qui est “ mal ?
“R. Non, je ne le crois pus. Ainsi, je suis con- “ vaincu que lors de l'incident de la course des bicy- “ clistes, si je l'avais laissé faire, il aurait certaine- ‘“ ment tiré sur ceux qui auraient cherché à pénétrer “ sur la piste réservée aux contestants.
‘“Q. Vous n'avez jamais entendu dire, cependant, “ qu’il avait tué personne en Irlande ?
“KR. Non, mais j'ai entendu dire qu'il avait fait “ feu sur plusieurs personnes.
“ Q. Savez.vous s’il avait un permis pour porter “ un revolver ?
“ R. Je l’ignore, cependant je suis certam qu'il “ n'avait pas de permis pour porter tous les revolvers “ que je lui ai Vus dans les mains.
“ Q. Si ce jeune homme vous avait volé une somme “ de cent louis, vous seriez-vous plaint de lui ? L’au- “ riez-vous laissé en liberté ?
“ R. Je me serais adressé à son père pour me faire “ rembourser mon argent.
“ Q. Mais si le fils était irresponsable, pourquoi “ auriez-vous cherché à vous faire rembourser par le “ père ?
“ R. Simplement parce que la loi m'en donne le “ droit.
“ Q.. Si le jeune Shortis avait tiré sur quelqu'un, “ lors de la course des bicyclistes, auriez-vous consi- “ déré qu'il savañt ce qu'il faisait ?
Re JR
“R. Jene crois pas qu'il fût capable de réfléchir sur “ son acte, ü n'aurait aucunement songé au résultat.
#Q. Mais ÜÙ n'aurait pas pu ignorer qu'il tuait “ quelqu'un ?
“R. La vie humaine n'avait aucune valeur pour “ lui. Je sais dans tous les cas qu'il ne s’occupait “ guère de la sienne.
& Q. Étes-vous sérieux lorsque vous dites que sans “ votre intervention, il aurait tiré sur ceux qui “ auraient envahi la piste réservée aux coureurs ?
“ R. Je suis convauicu que si je l'eusse laissé aire, “al aurait fait feu sur le premier qui se serait pré- «“ senté sur la piste.
“ Q.. Vous dites qu'avant cette date il avait tiré “ sur plusieurs personnes, veuillez en nommer une ?
“R. J'ai entendu dire qu'il avait fait feu sur plu- “ sieurs personnes dans les champs et sur les bords
“ de la rivière.
Samuel Christian Allingham âgé de 38 ans.
“ Je suis avocat (Solicitor) pratiquant à Waterford, “ dit le témoin, je connais Valentine Shortis depuis “ Jongtemps.
# Q. L'avez-vous jamais vu porter un revolver ?
“KR, Je ne l'ai jamais vu sans qu'il en ait un. Je “ l'ai vu fréquemment tirer un revolver de sa poche “ et dire : “ Nous allons régler l'affaire de ces gens- “ ]à ” et cela sans aucune provocation. Il ne se désis- “ tait de son dessein qu'à la suite de pressantes “ instances auprès de lui.
“# Jamais je ne lui ui vu boire de brissons enivran- “tes: Il prenait du soda mêlé avec du lait.
Pr re à =
een
pme
ne ne SO
+ fus #21 k 2 À Fr
“ En 1892, dans le cours du mois de mars,en revenant w “ de la rue Mall (c'est la rue principale de Waterford), “ j'entendis le bruit d'une arme à feu. Je m'approchai “ de l’endroit d'où venait le bruit, j'aperçus le jeune “ Shortis. En arrivant près de lui, je le vis tirer sur “ le cadran de l'Hôtel-de-Ville. Je lui demandai ce “ qu'il trouvait de drôle à faire une pareille chose, et. “gl n'avait pas peur de la police. Sa réponse a été “ qu'il ne s’occupait pas de la police et qu'il étuit dis- ‘ posé à leur en faire autant à eux. Je Ini demandai “il n'avait pas peur de son père : il me dit qu’il “ savait que son père était absent. Je l'ai vu galopper “ avec fureur à trois heures et demi du matin et crier : ‘à tue-tête dans les rues. J'ai toujours cru d'après | Le “ ce que j'ai vu que ce garçon n'était pas responsable “ de ses actes.
“ Dans sa conversation, il sautait d’un sujet à “l'autre. Il ne pouvait soutenir une conversation “ suivie sur le même sujet. |
“ Son tempérament étuit violent et le devint de. “ plus en plus au fur et à mesure qu'il avançuit en “ âge.
TE
Le témoin explique l’aversion qu'on a en Irlande pour les dénonciateurs et dit que du moment qu'un homme serait connu pour être un dénonciateur, il serait immédiatement évité par tous comme un lépreux, lui et ses enfants après lui.
Questionné par l'avocat du ministère pubhlie, le témoin répond comme suit : ; :
“ Shortis, avec un permis, aurait eu le droit
RER RE So
“ de porter un revolver, mais non pas trois revolvers “ comme je lui en ui vu porter.
‘# Q. Considérez-vous que les actes d'excentricité “ dont vous avez parlé seraient de nature à l'exempter “ de la punition, dans le cus où il serait trouvé cou- “ pable d'aucun crime ?
“R. Non, ces actes pris isolément ne seraient pas “ suffisants, mais reliés avec ceux que j'ai entendu “ mentionner par d'autres, ils prouveraient que ce “ jeune homme n'est pas responsable de ce qu'il fait.”
Patrick Walsh, âgé de soixant: ans, est à l'emploi de la Compagnie des vapeurs océaniques connue sous le non de “ La Compagnie de Steamers de Waterford.”
“ Q. Veuillez raconter l'aventure que vous avez “ eue avec le jeune Shortis au sujet d’une chaloupe ?
“KR. Un jour, j'avais prêté au jeune Shortis une
chaloupe qui m'appartenait : Il voulait aller à un
endroit appelé Killean. Il avait une couple de fusiis en sa possession. Au lieu de descendre dans l’embarcation comme toute autre personne l'aurait fait,
il s'élança du perron d’une maison sur le bord de la.
rivière et sauta dans la chaloupe. Je crus qu'il “ l'avait défoncée. Je lui dis : “ Si tu brises cette cha- “ loupe, tu la paieras.”—" Que le diuble vous emporte “ vous et votre chaloupe, me répondit-il Vous ne “ valez pas la peine qu’on vous paie rien.” Je lui dis “ que je saurais bien faire payer Shortis (je faisais “ allusion à son père.) — “ Quel est ce Shortis, “# g'écria-t-il ? ”’— “ C'est un homme qui vient de Clon- “ mel, lui dis-je.”—" Que le diable m'emporte ! répli-
RARE GTI
SE
co és ÉCpnt op 2
wi
“ qua-t-il, si j'avais mon revolver je vous ferais con- “ maître ce que c'est que Shortis.” Heureusement, dit “ le témoin, il n'avait pas son revolver.
‘ Dans une autre occasion, son père l'ayant frappé “avec une branche de hêtre, parce qu’il avait marqué “ incorrectement quelques bestiaux, il s’'emporta con-
“ tre lui et jura qu'il allait lui brûler la cervelle avec
“ son revolver. “Si j'avais mon revolver, disait-ul, je “ Jui bréleruis lu cervelle” Je crois réellement que “gl avait eu un revoluer, ù aurait mis sa menace ‘ à exécution.
Maunsel Dobbin Bowers âgé de 34 ans déclare ce qui suit :
“ Je suis à l'emploi de la Compagnie des Steamers “ de Waterford. Je connais bien Francis Shortis qui “estun grand commerçant de bestiaux. J'ai bien “connu également le jeune Shortis, son fils Mr “ Shortis le père expédiait fréquemment de grands “ troupeaux de bestiaux en Angleterre, et je le voyais “ souvent sur le quai.
“ Q. Le père Shortis ne cherchait-il pas à enseigner “ son négoce à son fils ?
“R. Oui.
“ Q. A-t-il pu réussir ?
“R. Non, je ne crois pus que ce jeune homme fat “ susceptible de rien apprendre. Je ne lui ai jamais “vu rien faire de sérieux. Ainsi, quelquefois son “ père lui donnait l'ordre d'aller surveiller l'embar- “ quement d'un troupeau de bestiuux ; mais lorsque “ Le troupeau arrivait le jeune Shortis n'était pas là : “-4l avait tout oublié.
# Q. Etait-il en état de tenir une conversation sui- “ vie ?
“R. Je l'ai toujours entendu divaguer. Tout ‘ d’abord, il commençuit assez bien, puis tout à coup ‘“ il changeait de sujet et se perdait tout à fait.
“ Q. L'avez-vous jamais vu venir sur le quai avec “ une carabine?
“R. Oui, même jnsqu'à peu de temps avant son “ départ pour le Canada. Je l'ai vu tirer sur le va- “ peur de Milford. J'ai vu les balles ricocher sur la “ cheminée du vapeur, lorsque le pont du vaisseau “ était couvert de matelots et de passagers.
“Je me rappelle aussi un incident qui est arrivé ‘“ environ deux mois avant son départ pour le Canada. “ J'étais sur le point d'aller faire un tour en cha- “ loupe ; il me pria de l’attendre en me disant qu'il “ voulait m’accompagner et désirait apporter sa cara- “ bine avec lui. Il alla chercher sa carabine et vint “ prendre place dans la chaloupe. Zl chargea son “ arme et commença à. la promener devant moi. Je “ le priai «le cesser ce jeu dangereux, mais w conti- “mua malgré moi. Ça paraissait l’'amuser beaucoup.
“ Je lui dis que j'allais le forcer à débarquer et que je
“ Je laisserais sur le rivage. Æn entendant cette me- “ nace, \ 8e mit presqu'à pleurer. Mais je n'ai pas “ tenu compte de ses larmes et je l'ai forcé de sortir “ de ma chaloupe un peu plus loin, me promettant
“ bien ne ne plus jamais le faire embarquer avec moi.
“ Je l'ai vu sur le quai qui tirait avec sa carabine sur “ Ja rivière. J'ai vu les balles ricocher sur l'eau tout
“:près de gens qui étaient en chaloupe.
“ Je l'ai vu tirer sur le pavillon du Club Nautique.
FA M A DA A tu
ane DR here ve A
nr ne ne re TE
era mmage
eq re PP