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“ Q. Faisait-il usage de boissons alcooliques ?
“HR. Non, je ne lui ai jamais vu prendre aucune “ boissons fortes.
“ Q. Comment vous expliquez-vous sa manière “ d'agir ? :
“ Je ne l'ai jamais considéré comme ayant son ‘esprit. Je l’ui souvent entendu appeler “ Shortis le “ fou,” et je ne l'ai jamuis pris moi-même pour autre “ chose qu'un fou.”
Questionné par l'avocat du ministère publie, le témoin, répond :
“ Ce jeune homme avuit des accès étranges, et dans “ ces moments-là il fuisait les choses les plus extraor- “ dinaires.
Thomas Phelan âgé de 37 ans.
“ Je suis marchand de comestibles et commerçant “ de bestiaux. s
. “ Je connais Valentine Shortis depuis son enfance.
“ Je tiens un étal de boucher dans la rue Barres- “ troud, à Waterford. |
“ Un jour, le jeune Shortis s'est présenté à mon étal “ à cheval sur son pony. Il est entré à cheval dans “ mon élal et il en à fuit le tour à l'intérieur. J'étais ‘ absent dans le moment, mais il y avait là deux petits “ garçons en charge de mon établissement. Ils ont eu “ tellement peur que tous deux ont pris la fuite. Il y “ a, au milieu de mon étal, une grande table qui occupe ‘un espace considérable et qui ne laisse tout autour “ qu’un étroit passage d'environ deux pieds. C'est dans
“ ce passage qu'il a pénétré. Comme cet étal est garni “ de crochets en acier de chaque côté du passage, il “ couruit le risque de se blesser Ini-même ou de blesser “ son poney. En sortant il s’est mis à rire bruyamment ‘et à sc frapper dans les mains. Cet incident s'est “ passé en 1892.
“ Vers le même temps, un autre incident encore plus “ remarquable est arrivé: Je revenais de l'exposition “ de Fathard dans le Comté de Tipperary en compa- “gnie de Mr. Shortis le père et de son fils Nous de- “ vions prendre le train qui conduit à Waterford où “ nous amcnions du bétail. Le convoi était attendu à “la gare d’un moment à l’autre. Mr. Shortis le père “ me demanda si les bestiaux avaient été mis à bord “ du waggon destiné à les recevoir : C’est un waggon “ qui se trouvait sur place et qui devait être annexé ‘au train qui arrivait ; il me demanda de plus si j'avais “ fait une entrée dans mon livret constatant le nombre “ de têtes de bétail que nous avions à bord. Je lui ré- “ pondit que non, vu que j'avais laissé mon livret dans “ les mains de l’homme en charge de l'enclos des bes- “ tiaux à Fathard.
# Mr. Shortis donna l’ordre à son fils d'aller immé-
‘“ diatement chercher mon livret. Comme le jeune
“ homme tardait à revenir, je partis à la hâte pour “ aller à «a rencontre : Le train était attendu d’un mo- ‘ ment à l’autre. En arrivant à l’enclos, Je trouvai le “ jeune Shortis étendu de tout son long dans un trou “ rempli d'eau et de boue. Il avait plu toute la matinée “ et la pluie avait rempli d'ean ce trou boueux. Je lui “ dis ; ‘“ Que fais-tu là? Je vais aller avertir ton père “ qui va te tordre le cou.” Je suis en train de prendre
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“ le frais, me répondit-il. En disant cela il éclata de “rire. IL s'était étendu sur le ventre dans cette boue, ‘comme l'aurait fait un chien.
“ Une autre fois, je m'en allais le long du quai dans “une charrette; j'avais deux enfants avec moi. Je “ conduisais un pony qui était des plus ombrageux.' “ Le jeune Shortis arriva sur son vélocipède et me dit: “ Tom, nous allons prendre une course ensemble. En “ disant cela il vint prendre place sur son vélocipède “ à côté de mon pony. En tournant au coin de la rue “ Lombard, il essaya de prendre les devants, mais il “ fut renversé par terre par le pony. Je crus tout “ d'abord qu'il avait été tué; mais bientôt il se releva “ et je le vis s'éloigner en boitant.
“Q. Vous rappelez-vous un incident qui s’est “ passé sur le quai au sujet du chargement d’un trou- “ peau de bestiaux ?
“ R. Oui, j'étais descendu sur le quai pour expédier “ un troupeau de bestinux, lorsque j'aperçus le jeune “ Shortis qui pleurait tout haut comme un enfant. Il “était homme fait dans le temps, et le spectacle d’un
.“ homme qui pleurait de cette façon attirait l’atten-
“ tion des gens qui passaient dans le voisinage. Je “ m'approchai de lui pour lui demander ce qu'il avait. “ Il me répondit que son père lui avait donné un coup “ de canne, parce qu'il n'avait pas pris soin du bétail “ sur le quai. |
“Mr. Slattery et Mr. Fitzgerald de Carrick lui “ dirent de ne pas pleurèr ainsi, mais rien ne put l’ar- ‘“ rêter. Son père dans ce moment était dans le vais- “ seau, le jeune Shortis voulait y pénétrer pour aller le “ tuer. “ Je veux le tuer, criait-il, je veux le tuer.” Je
“Jui dis : “ Avant de tuer ton père, tu me tueras moi, “ le premier; je ne te laisserai pas monter à bord du “ vaisseau.” Au bout d’un certain temps, pendant le- “ quel il continua à pleurer tout haut, il finit par con- “ sentir à s'en aller chez lui. Je l'accompagnai le long
“ de la route jusqu'à la pharmacie du Dr O’Sullivan “ dans laquelle il entra. Je l’attendis à la porte pen- “ dant au moins un quart d'heure. Voyant qu'il ne “ sortait pas, j'entrai pour voir ce qu'il faisait là; ‘“ mais je constatai qu'il avait disparu.
“# Lorsqu'il à menacé de tuer son père, il tenait un
“ bâton à la main. Je ne lui ai pas vu de revolver “ dans ce moment-là.
“ Q. Avez-vous réellement craint qu'il ne tudt son
“ père?
“ R. Oui je suis convaincu que son intention était
“ de le tuer, si je l'avais luissé pénétrer dans le varis- ‘seau.
“ Q. Comment était-il désigné dans la ville de
Waterford ?
“ R. On l'appelait Shortis “la tête craquée.” Sou-
“ vent les enfants le poursuivuient dans les rues .
‘ comme on poursuit un fou.
Aux questions de l'Avocat du ministère publie, le témoin répond comme suit :
“Q. Ne croyez-vous pas que le fait d'avoir reçu “ un coup canne de son père devait être suffisant pour “le faire pleurer ?
“ R. Oui, mais pas de cette manière. Il était homme “ fait dans le temps et il pleurait tout haut sur le “ quai ; tout le monde s'arrêtait pour le regarder.
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“ Ceci se passait au mois d'avril, il y a quatre ans. “ Q. Avez-vous rapporté à son père cette menace
“ de le tuer que son fils avait proférée contre lui ?
“KR. Non, mais j'en ai parlé à sa mère.
“Q. Croyez-vous que dans le moment, il avait “ réellement l'intention de tuer son père ?
“ R. Oui, je le crois ; lorsqu'il avait ses attaques “ de folie, w était capable de tout.
“ Son père n’est pas retourné à la maison ce soir-là. “ Il est allé à une exposition d'animaux.
John Hearne âgé de 40 ans. |
“ Je suis à l'emploi de la Compagnie de Navigation “ de Waterford. Il y a six ou sept ans, j'étais à l’em- “ ploi de Mr. Francis Shortis, le père de l'accusé. J’ai “ été à son emploi pendant une période de treize “ années. J'ai été le témoin d'actes de cruautés commis “ par le jeune Shortis : Je me rappele entr’autre chose, ‘ qu'une fois il avait attaché un chat par la patte à “ une deces machines à broyer les tourteaux de lin “ qu'on prépare pour les bestiaux, et avec son revolver il “ tirait dessus. Une autre fois, je l’ai vu jeter un petit “ chien tout jeune du haut du greuier à foin en bas, “ dans l'écurie au-dessous.
“ Mr. Shortis- avait. une jument qui était très dan- “ gereuse, et moi-même j'avais peur d'approcher d'elle. “ Lorsque je lui donnais sa portion de foin, au lieu * 74 ‘aller dans sa stulle, ; je la lui jetais de la stalle
‘ voisine, Un jour que je me rendais à l'écurie pour “ lui donner du maïs, j'entendis la jument qui dansait “ d'un bord à l’autre de sa stalle ; je m'approchai, et “ je vis que le jeune Shortis était à cheval sur son dos.
“ En m'apercevant il sauta par-dessus la stalle. Pres- “ qu'au mêine instant la jument lança ses deux pieds “ de derrière sur la cloison, précisement à l'endroit où “le jeune Shortis avait sauté. Je lui dis: “ Tu vois, “ ceci devra te servir d'avertissement ; si tu t'appaoches “ jamais de cette jument, elle te tueras. “ Trois ou “ quatre jours après je le retrouvai à cheval sur cette ‘ bête.
“ Quelques jours plus tard, je l’aperçus dans l'écurie “ qui piquait cette jument avec une fourche. Il la “ dardait chaque fois qu’elle s’approchait assez près “ de lui pour lui permettre de l'atteindre. Il était “ constamment à faire du mal au chevaux, c'était une “ manie chez lui.
“ Il était incapable de rien faire de suivi et je crois “ que si on lui eut donné cet encrier à porter de “ l'autre côté de la table, (le témoin indique du doigt “ l'encrier dont se sert l'écrivain qui prend sa dépo- “ sitiou), il s’y serait pris en trois ou quatre fois pour “ s'acquitter de cette tâche. Quelquefois il me faisait ‘“ mettre la selle sur le dos de son pony, en me disant
“ qu'il était pressé de sortir; il montait à cheval,
“pour redescendre immédiatement sans aucune “ raison ; ou bien il partait en courant, à travers le “ jardin et en criant de toutes ses forces.
.. “ Au lieu de sortir par la porte de cour qui donne “ sur la rue, même lorsqu'elle était ouverte, souvent . “il pénétraut à cheval dans la maison et sortait par “la porte opposée. Quelquefois il montait à cheval “ dans les escaliers jusqu'à l'étage supérieur de la “ maison. Je l'ai vu descendre de la même manière ‘ dans la cuisine en bas.
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“ Le jeune Shortis ne faisait pas usage de boissons “ alcooliques. Je ne jui ai jamais vu boire autre “ chose que de l’eau et du lait.
Edward Donelly, âgé de 33 ans.
“Je demeure à Ballybricken, je suis marchand de “ pourceaux. Je connais bien Valentine Shortis.
‘ Un jour, c'était au mois d'avril 1890, j'étais près “ de la rivière, en compagnie d’une jeune enfant, ma “ petite nièce. Shortis s’approcha d’elle comme pour “ Ja renverser avec son pony. Elle se sauva de mon ‘ côté en criant : j'étais à quelque distance d'elle dans | “ le moment. En se sauvant elle tomba et Shortis fit Ah “ sauter son pony par-dessus elle. Puis il s'éloigna en
| | “ criant et en riant aux éclats. Je ramassai des cail- | “ Joux sur le bord de l’eau pour les lui lancer. Un “ homme qui était là me dit: “Ne tenez pas compte “ de ce que fuit ce jeune homme, c'est un nommé “ Shorts, \ est lunatique” Je lui répondis: “Je le | ‘ connais depuis longtemps.” qi “ Je suis convaincu que ce garçon n'était pas | “ responsable de ses artes.
James Longmnire, âgé de 51 ans est lui aussi l’un des employés de la Compagnie de Navigation de Waterford. Il corrobore en tous points le récit que nous a fait le témoin Sullivan concernant les agissements du jeune Shortis, à bord du waggon de chemin de ‘fer, lorsqu'il a imis le feu à des papiers remplis de
+ poudre.
“ J'ai eu bien peur dans sttis occasion, nous dit-il. “ Ce jeune homme élait très excentrique. Ma con- “ wiction est qu'il n'avait pas son jugement.”
“ ment à lui. J'ai souvent fait la méme observation à
James W. Andrews, relieur et libraire, âgé de 48 ans.
“ Un jour, dit le témoin, je revenais avec plu- “ sieurs autres personnes d’une course de bicyclistes
“qui avait eu lieu à Tramore. Nous arrêtâmes à un
“auberge à mi-chemin; le jeune Shortis était avec “ nous. Il se fit servir une bouteille de bière de gin- “ gembre pour iui-même et une bouteille de bière “ordinaire pour son cheval. Il ouvrit de force la “ bouche de son cheval et lui vida le contenu de la “ bouteille de bière dans la gorge.
“ Je n'ai jamais vu le jeune Shortis boire aucune “ boisson forte. Jamais auparavant je n'avais vu faire “ boire de la bière à un cheval.”
Andrew Farrell, âgé de 42 ans, est membre du Conseil de ville, ancien président de la Chambre de commerce et ancien shérif de la ville de Waterford.
“ Je connais Valentine Shortis depuis son enfance, “# dit le témoin. Je suis marchand de grains et j'ai eu “ de fréquentes occasions de voir ce jeune homme “ dans mon établissement. IL vennit de temps à autre “ pour me vendre des sacs dont son père n'avait pas “ besoin. Sa conversation n'avait aucune suite. Il “ commençait à parler sur un sujet et tout à coup “ il sautait sur un autre. Je l’ai vu au moment où il “ causait avec moi, se jeter tout à coup dans l'ascen- “ seur et chercher à le faire fonctionner. ou bien sortir “ à la course, lorsque j'étais sur le point de lui payer “ le prix de ses sacs. Plus d’une fois j'ai fuit observer “ à mes commis que ce garçon n'avait pas son juge-
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“ ma femme. J'ai ioujours été convaincu qu'i avait “ l'esprit détraqué, et je m'apercevais qu'en avangçant “en dge, au lieu de s'amender il devenait pire. Il “ agiseuit comme un enfant. Il était d'un tempé- “ ramment très excitable et lorsque j'avais affaire à “ Jui, je le traitais avec douceur, comme on traite un “ enfant, malgré qu'il eût atteint tout le dévelop- “ pement extérieur d’un homme fait.
Thomas Henry Brett, âgé de 45 ans.
Je suis gérant de la banque de Munster & Lunster à Waterford.
“ Q. Avez-vous eu occasion de voir faire au jeune
Shortis quelque chose d’étrange peu de temps avant
son départ pour le Canada ?
“R. Oui, je l'avais remarqué auparavant: ses ma- ‘“ mières d'agir étaient souvent des plus étranges. Par “ moment, Ù paraissait raisonner assez correctement “ et dans d'autres il était très excité. Un jour, peu de “ temps avant son départ, j'étais à bord du train qui “ revenait de Cork. Arrivé à la jonction du chemin de “ fer, j'entrai, en compagnie d’un nommé Downey dans “la salle des rafraîchissements ; le jeune Shortis y “ entra aussi immédiatement après nous. Il était dans “ un état de grande excitation. Je l’invitai à prendre “ quelques rafraîchissements avec nous, mais il refu- “sa; il s’éloigna jusqu'à l'autre bout de la salle et ‘“ demanda un verre de lait. Il marchait de long en «‘ large d'un air très excité. Nous retournâmes, mon- «“ sieur Downey et moi dans le waggon d’où nous étions “ descendu et nous primes le même compartiment que . : “ mous avions occupé jusqu'alors. À peine étions-nous :
“ entrés que le jeune Shortis vint frapper à la porte “ de notre compartiment. Tout d'abord je refusai de “ Ja lui ouvrir, mais comme il continuait à frapper, je ‘ finis par céder. “ Vous avez bien fait de me laisser “entrer, me ditsil, cur si vous aviez persisté à ne pas “ m'ouvrir la porte, je l'aurais enfoncée.” Je suis convaincu que dans cette circonstance, ce jeune homme n'était pas responsable de ce qu'il faisait. Cet inci- ‘ dent s'est passé environ huit mois avant son départ “ pour l'Amérique.
ce
Lawrence Augustin Ryan, âgé de 49 ans, marchand de Waterford, juge de paix et l’un des membres du Conseil de Ville.
“Je suis l’un des anciens maires de la Ville, dit le “ témoin. Je connais bien Val Shortis, je le connais “ depuis son enfance et j'ai eu occasion de le voir fré- “ quemment jusqu’à la date de son départ pour le “ Canada.
“ Q. Lorsqu'il vous arrivait de le rencontrer et de ‘ causer avec lui, parlait-il d'une manière intelligente ?
“R. Oh non, c'était un parfait imbécile : Il n'a ja- “ mais été autre chose depuis son enfance. En gran- “ dissant il est devenu pire. Il n'a commencé à par- “ ler que vers l'âge de quatre ou cinq uns. Il venait “ fréquemment me voir pour causer avec moi. Il di- “ sait les choses Les plus incensées et se mettait à rire “d'un rire de fou, ou bien ü partait tout-d-coup et " disparaissait. Ceci est arrivé des centaines de fois
“ d ma connaissance. On le désignait invariable-
“ ment parmi nous tous sous le nom de * Bhertie le
“fou”
“ Q. Dans ces moments-ld, pensez-vous qu'il fut “ responsable de ses actes ?
“R. Non, me paraissait irresponsable, autant “ que je pouvais en juger.
“ Tout enfant, Shortis était un imbécile et en gran- “ dissant il est devenu un parait idiot. Il était connu “ convme tel duns toute la Ville. J'ignore si son père “et sa mère s'en apercevaient, mais je sais que dans “ la ville ici, ce n'était un secret pour personne.
“ Lorsque j'ai entendu parler de l'enqueète qu'on “allait faire sur son compte, j'ui dit : “ Mon Dieu ! “ personne n'ignore ici que ce garçon-là est fou.”
Questionné par l’Avocat du ministère public, le témoin continue :
“ M. Shortis père, était souvent absent, il était “ presque toujours en voyage. Je sais que la mère | “ affectionnait beaucoup son fils ; nul doute qu'elle le “ croyait la perfection même. R
- Voici maintenant le témoignage de jeunes gens qui se sont rencontrés journellement avee l'accusé, et qui, : ! à cause de leurs relations plus étrcites avec lui ont eu encore plus d'occasions de l’observer.
James J. O’Donohue, âgé de 22 ans, réside à Waterford. | : “Je suis reporter pour le journal Waterford Citi- “ zens, dit le témoin ; j'ai connu Val Shortis depuis “son enfance. Son tempéramment était très incer- “tain. En avançant en âge, son tempéramment est “devenu plus violent. Il était d’un caractère violent
“et capricieux. Il avait pris une espèce de goût ou “ de fantaisie pour moi, et souvent il venait me voir “ soit au bureau du journal, soit chez moi.
“ Q. Vous rappelez-vous d'avoir été chez lui dans “Je mois d'octobre 1892, et si oui, dites-nous ce qui “ s'est passé dans cette occasion ?
“ R. Nous étions da.ns le salon, il ouvrit un tiroir “et en tira un pistolet d’arçon et l'instant d'après, il “ prit, soit dans le tirnir ou soit dans sa poche, un “autre pistolet ou revolver, et tout-à-coup j'entendis “ Ja détonation d’une arme à feu. Il avait déchargé un “ de ses revolvers dans l’âtre de la cheminée, lequel “ dans ce moment était plein de brasiers. Après cela, “ il prit dans ses mains de la poudre qui brûle sans “ fumée et rommença à me faire toute une conférence “ sur cette poudre, puis il chargea le pistolet d’Arson “ avec cette poudre et fit feu. Le coup partit et les “ flammes volèrent de tous côtés dans la chambre: “ C'était là un amusement très dangereux ; il aurait “pu facilement mettre le feu à la maison.
‘ Je voulus l'arrêter, mais il.se mit à rire.
“ Je parlai immédiatement de partir. Arrivé dans “ le passage qui conduisait à la porte d'entrée, il sor- “ tit un revolver de sa poche et se mettant en posi- “ tion, il tira deux ou trois coups dans ia porte de la “ maison chez lui. Une des servantes monta appa- “ ramment pour s'assurer de ce qui se passait, mais “ lorsqu'elle vit Shortis, elie descendit immédiatement “ sans paraître tenir compte de ce qu'elle venait d’en- “ tendre, comme si tout cela n'eût été pour elle “ qu’une chose ordinaire à laquelle elle était depuis “ longtemps habituée.