‹ Affaire Shortis [microforme]Chapitre 32 sur 83 · PRE NET TT · texte numérisé non relu

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“ d’un sabre qu'il avait apporté, il fit une passe pour “ frapper le chien, mais le coup porta sur la clôture et “ le sabre se brisa en deux. Il n’en continua pas moins “ à frapper le chien avec la lame brisée. Zl l’attaqua “ avec fureur et en poussant des cris sauvages. Pen- “ dant dix minutes, il continua ses assauts. Finale- “ ment après avoir tué le chien, il le traîna jusqu'à la “ rivière et le jeta à l’eau.

‘“ Ce chien avait été exercé à conduire les bes- “ tiaux ; c'était un excellent animal.

“ Q. Pourquoi l’avez-vous laissé faire ?

“R. J'avais peur de lui. Je craignais qu'il ne se “ tourndt contre moi avec son sabre. :

“ Le nommé Fitzgerald était un des employés de Mr Shortis le père, à qui appartenait le chien. Je n’avais jamais vu tuer un chien de cette façon auparavant.

“ Shortis avuit un grand pardessus qui cachait le sabre qu'il portait suspendu à sa ceinture. Zl s'est comporté dans cette occasion comme un homme “ qui est dans le délire.”

Austin À. Farrell, âgé de 23 ans, courtier de marine et agent consulaire pour la France et l'Espagne.

“Je connais Valentine Shortis depuis dix ans. Je “J'ai connu intimement surtout durant les deux “ années qui ont précédé son départ pour le Canada.

“ Ç Avez-vous jamais été à la chasse avec lui ?

“R. Oui.

. “Q. Avez-vous remarqué de quelle manière il se “ servait de ses armes à feu ?

“ R. Oui il s'en servait sans aucune précaution et

“ sans s'occuper des conséquences.

“ Q. A-t-Ù jamais braqué une arme à feu eur “ vous À

“R. Oui bien des fois. Il riait de ma frayeur dans “ ces occasions-là ; ça paraissait l'’amuser beaucoup.

“ Q. Etiez-vous en sa compagnie, lors de l'incident “ de la Chambre de Corimerce raconté par James “ O'Donohue ?

R. Oui. Pendant que nous étions dans le vestibule

# à la Chambre de Commerce Shortis « braqué son.

“ revolver droit dans ma figure. Je lui dis de cesser “ cela, mais il persista, malgré moi.”

Dans là suite de sa déposition, le témoin corrobore toute cette partie du témoignage de O’Donohue dans lequel le même fait est rapporté. Il raconte ensuite l'histoire des coups de feu tout près de l’endroit où se trouvaient les deux chauffeurs, sur le vapeur ‘“ Rook ” et ceux tirés sur le quai dans la direction de l'Hôtel Adelphi, alors que le quai était couvert de monde. Il nous fait le récit de plusieurs autres incidents durant lesquels Shortis à tiré au hasard sans s'occuper du danger auquel il exposait les personnes qui passaient ou qui étaient à la portée de son arme.

# Le nom que nous lui donnions habituellement, dit “ le témoin, était “ Shortis le fou.”

John Henry Farrell, âgé de 23 ans est lui aussi

courtier de marine. “ J'ai connu Valentine Shortis “ durant plusieurs années avant son départ pour le “ Canada. J'ai été à l’école avec lui.

. “II avait le caractère le plus violent que j'ai jamais “observé chez aucun homme. Une fois, sans aucun

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* motif, il m'enfonça une plume d’acier dans les chairs. “ Il semblait prendre plaisir à voir souffrir quelqu'un.

“ En classe quelquefois, il répondait aux questions “ du professeur aussi bien que n'importe lequel d’entre “ nous ; d'uutres fois il donnait les réponses les plus imsensées et les plus ridicules. Il avait parfois un “ regard vague, et tout à coup il partait à rire bruy- “ amment en pleine classe, sans aucun motif.

“ Q.—L'avez-vous jamuis accompagné en voiture ?

«“ R.-— Oui, un soir, il s’en allait en voiture dans la “ direction de la rue Mall. C'était entre neuf ou dix “ heures du soir. Il m'invita à monter dans sa charrette “ avec luiet j'y consentis. À peine étais-je dans la voi- “ ture qu'il lança son cheval ventre à terre dans les “ rues de Waterford. Plusieurs fois je le suppliai de me “ laisser descendre de voiture, mais mes prières furent “ inutiles ; il continua d'aller tambour battant comme ‘“ un fou. En arrivant au coin de lu rue Catherine, ‘“ son cheval courait conme une bête à l’épouvante ; ‘“ nous n'avons tourné le coin que sur une seule roue. “ Il avait un cor de chasse dans lequel il soufflait sans ‘“ relâche comme un forcéné. J’essayai de lui enlever ‘“ les rênes, mais je n'ai pu y réussir.

“ Dans une autre occasion, il fit tout ce qu'il put “ pour me passer sur le corps avec son cheval et sa “ voiture. En voyant mu frayeur il se mit à rire et s'éloigna.” ï

Questionné par l'avocat du ministère public, le témoin répond comme suit:

“ J'ai été son camarade d'école pendant trois ou “ quatre ans. Son caractère était extrêmement va-

“ riable ; un moment ù était mon ami dévoué et le ‘moment d'après mon plus grand ennemi, et cela “sans raison.

“ Lors de la course en voiture que j'ai mentionnée “ plus haut, la rue où nous étions était remplie de ‘“ trous et d'ornières.

“Il étuit excessivement dangereux de la parcourir “la nuit à une allure pareille. Il faisait noir et à “ chaque instant, nous nous heurtions aux murs ou “ bien nous plongions dans les fossés de chaque côté “ de la route.”

Vernon DeLandre, âgé de 21 ans, dit :

“ Mon père est l'avocat du ministère public à Wa- “ terford.

“ J'ai connu Valentine Shortis intimement.

“Q. Vons rappelez-vous vous être -trouvé en ‘“ compagnie du jeune Shortis sur les hords de la ri- “ vière Soir, dans une occasion où il avait une cara- “ bine en sa possession ? Si vous vous rappelez de cette ‘“ circonstance, racontez-nous ce qui s’est passé alors ?

“R. Oui, je me le rappelle. Nous nous en retour- ‘ nions chez nous et nous étions sur les bords de Ja

“ rivière, lorsque nous vimes un vaisseau qui remon-.

“ tait le courant. C'était vers le soir et les hublots du “ vaisseau étaient illuminés par l'éclat des isripes “ allumées à l’intérieur. Il me dit: “Je vais essayer “ de mettre une balle dans l'un de ces hublots.” Je lui “ répondis : “ Pour l'amour de Dieu, n'essaye pas de “ faire une pareille chose : Il faut que tu sois fou pour “ songer à une telle tentative” Au même instant j'en- “ tendis une détonation et presqu'en même temps le . “ choc de la balle sur la coque en fer du vaisseau.

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