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“ dait son velocipède, de l'autre il tenait un revolver “ chargé.
“ Q. Vous rappelez-vous d'un incident qui est arri- ‘“ vé un jour que vous reveniez de Kilmurray avec lui ‘en voiture ?
R. Oui, comme nous revenions de Kilmurray, il “ aperçut devant nous un journalier qui revenait de “ son travail ; il conduisit son cheval tout près de lui, ‘et lorsqu'il le vit à sa portée, 4{ lui cingla trois ou “ quatre coups de fouet sur les épaules, et se mit à “rire aux éclats.
“ Q. A-t-il jamais essayé de tirer sur vous ?
“R. Oui, c'était en 1893, je le rencontrai un jour ‘ dans la boutique d’un marchand de vélocipèdes da “ nom de Douglass, à Waterford ; j'avais été absent “ pendant quelque temps, et j'avais entendu dire que “ durant mon absence, Shortis avait raconté des his-
“toires sur mon compte. Je l’apostrophai et je le
‘“ traitai de “sale individu ;” c'est du moins ce que je ‘“ me rappelle. “ Répète cela encore une fois, dit-\l, et “je vais te brûler la cervelle” En prononçant ces “anots, d sortit un revolver de sa poche et le braqua ‘ sur ano1. Il se trouvait là un étranger qui avait une “ canne et qui lui fit tomber son revolver de la main, “ en donnant un coup de canne sur son arme. Je pro- “ fitai de cette circonstance pour m'évader. J’ai eu “ bien peur. Je suis convaincu que sans l’interven- “ tion de cet étranger qui lui fit tomber son revolver “ des mains, il aurait tiré sur mot.”
Voici maintenant, comment ce témoin répond aux questions qui lui sont posées par l’Avocat représen tant le ministère public.
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“ Je ne lui ai pas conservé rancune parce que Je le connaissais pour un garçon qui faisait des choses étranges.
“ Q. Avez-vous réellement cru dans le temps qu'il ‘“ voulait vous tuer ?
R. Oui, je l'ai cru. Lorsqu'il se mettait en co- “ lère il perdait toute espèce de contrôle sur lui- “ même et devenait tout à fuit irresponsuble de ses “ actions.
“ Q. Avez-vous entendu dire que M. Shortis, le “ père, avait jamais été sujet à des attaques de folie ?
“KR. Non jamais, et je n'ai pas cru ce que le jeune “ Shortis m'a dit à ce sujet.”
“ L'affaire des coups de fouet s’est passée dans l’été “ qui a précédé son départ.
“Q. Le jeune Shortis fréquentait-il les gens de “ bas étage ?
“ R. Non, je ne l'ai jamais vu en compagnie de “ gens de ce caractère.”
Edward Thos. Murphy, âgé de 25 ans, marchand de combustibles, déclare ce qui suit :
“Je suis l’un des membres de la société de “ Mvr- “ phy Frères,” marchands de combustibles et proprié- “ taires de vapeurs océaniques.
“ Je connais le jeune Shortis depuis quelques années.
“ Je l'ai connu intimement durant les deux ou trois “ années qui ont précédé son départ pour le Canada.
“ Q,. Le jeune Shortis faisait-il usage de vin, de “ bière ou de boissons alcooliques ?
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“R. Non, je ne lui jamais vu prendre aucune bois- “ son enivrante. Il ne fréquentait pas les maisons où “ l'on vend de ces boissons.
“Q. Vous rappelez-vous l'avoir rencontré aux “ courses à Tramore, et être revenu à Waterford avec “€ Jui ?
“R. Oui, je l'ai rencontré à Tramore, environ une “ heure avant d'en partir pour revenir à Waterford. “ C'était au mois d'août de l’année qui a précédé son “ départ, en 1892, je pense.
“ Sa manière d'agir est ce qui a tout d'abord attiré ‘mon intention ; Ü se conduisait comme un fou. Les “ gens disaient qu'avant mon arrivée, \ avait passé “ gur le corps de quelqu'un avec sa voiture. Je me : | “ rendis auprès de lui et je lui conseillai de partir
“ et de s’en retourner chez lui immédiatement.
“ Q. De quelle manière se conduisait-il dans ce “ moment-là ?
“KR, ZI criait à tue-téte dans les rues ; ü attiruit les “ regards de tout le monde. Je laissai mon bicycle en
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“ charge de l’un de mes amis et je montai en voiture | hi “ avec lui pour revenir à Waterford. Il y avait deux UE É “ autres jeunes garçons avec nous dans la voiture, HER i “ En revenant, nous arrêtâmes à un hôtel appelé | « « The Half-Way House ” Là, Shortis se fit servir une he |
“ bouteille de bière pour la faire boire à son cheval.”
Le témoin raconte qu'un jour, pour se débarrasser ULE
de ses obsessions, il a été obligé de lui donner un pis- 1 DUREE
tolet et une boîte remplie de cartouches qu’il avait en | |A
sa possession. Après lui avoir donné ce pistole!, | (1 |
Shortis le chargea d'abord, et un instant après le braqua sur un jeune commis qui était à ses côlés 9 \
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le “Il avait constamment des pistolets et des revolvers Wii; “ dans ses poches, continue le témoin. Souvent je lui “ ai fait des observations à ce sujet. ZT me répondait “qu'il portait ces armes pour se défendre. “ Je lui “ demandai un jour : “ Qu'as-tu donc à craindre ? “__“ JL me répondit qu'il craignaît que Les gens ne “ fussent pris tout d'un coup d'attaques de folie." —Je “ lui répondis : “ Je crois que c’est toi qui es fou.” Zl “ me prit alors à l'écart et me dit en confidence, qu'il “ croyait que son père devenait fou, et ques'iln'. it “pas un revolver pour 8e défendre, son père pourrait “ bien Le tuer. Shortis n'était pas méchant de sa nature, “ muis la moindre chose l’excitait et alors ù perdait “ toute espèce de contrôle sur lui-méme.
#Q. Etait-il en état de soutenir une conversation - “ suivie ?
“R. Non, \ divaguait ; \ ne possédait pas assez “ de sens commun pour lui permettre de converser “ longtemps sur aucun sujet. Il était incapable de se “ fixer à l’étude d'aucune branche d’affaires. Il lui était “ impossible de concentrer son esprit sur aucun sujet “ pendant plus de dix minutes à la fois.
‘“ Q. A quelle cause avez-vous attribué toutes les | choses étranges que faisait ce garçon ?
“R. Je n'ai jamais pu les attribuer à d'autres causes “qu'à un dérangement de l'esprit. Je ne tenais pas à ‘“ me trouver en sa compagnie. Il était constamment | “à faire quelques folies ou quelqnes mauvais coups. Li “ S'il rencontrait une dame suivie par un chien, il Li “ donnait un coup de pied au chien; s’il voyait un | “ monsieur, il s’approchait de lui et jetait son chapeau | “ par terre, ou bien il le lui écrasait sur la figure. Lors-