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IL

DANGERS QUE LA. RELIGION AVAIT A CRAINDRE DE LA RÉVOLUTION DE l83o.

Une révolution nouvelle , prévue et annoncée par ceux qui ne pouvaient croire à la stabilité d'un ordre de choses où tout était libre excepté la religion , vint tout-à-coup ôter à l'Église de France le seul appui sur lequel on paraissait avoir compté depuis seize ans. La religion se trouva sans protecteur visible , en présence de ses ennemis victorieux et maîtres des affaires, tout nouvellement irrités par des prédications politiques et par les mandemens de plusieurs évêques. Dieu permit qu'elle fut épargnée dans le premier moment de la fureur populaire , mais il n'en fallait pas moins songer à ce qu'elle allait devenir, et prévoir toutes les chances de sa perte pour essayer de les surmonter.

Un schisme avec Rome était impossible. Les controverses des années précédentes avaient détruit le gallicanisme dans l'esprit de la très grande majorité du clergé et l'avaient affaibli dans l'esprit même de ceux qui conservaient encore de vieilles préventions. Toute l'Église de France eût repoussé avec mépris la tentative d'une Église nationale.

Il ne restait donc à la révolution , pour accomplir ses vues , qu'une persécution violente ou un asservissement sourd et progressif, fondé , d'une

DE ROME. 53 part, sur la protection apparente des personnes et des choses de l'Eglise, et, d'autre part, sur l'exécution des lois hostiles de l'Empire, affermies par la Restauration. Le gouvernement pouvait , dans ce système , s'emparer légalement de la hiérarchie, de l'enseignement, du culte , et réduire le clergé , trompé par la conservation des formes antérieures , à n'être plus qu'une branche de l'administration civile, jusqu'à ce que , perdant avec les années les évêques et leurs doctrines présentes , on pût tenter sur lui ce qui consomme la servitude des Eglises , le schisme formel. Bonaparte avait créé sa législation dans cette vue profonde , mais un sentiment de l'ordre , très remarquable , ne lui permettait pas de donner sciemment à la religion des chefs indignes, et il n'eût essayé de réaliser le schisme qu'à la dernière extrémité. La Maison de Bourbon avait conservé cette législation , moitié par impuissance , moitié par préjugés issus de Louis XIV , et elle se fiait à sa piété pour en amortir les abus ; mais ni la pensée de Bonaparte, ni la foi des Bourbons n'animaient ceux que la révolution de i83o venait de placer à la tête des affaires , et Î Eglise de France ne pouvait plus être préservée d'effroyables maux, qu'on employât contre elle soit la persécution , soit la légalité impériale , que par sa propre énergie soutenue de l'assistance divine.

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