V. — Ulcérations simples
„ ( 2 hommes, 2 traités.
7 cas. „
( 5 femmes 5 —
11 en est des excorations simples de l'anus comme des éruptions érylhémateuses, nous ne les voyons pas à Tétat récent, mais seulement lorsqu'elles sont devenues des plaies invétérées et douloureuses.
Elles sont produites par un bol fécal trop dur, par une vésicule d'herpès déchirée, par un eczéma ulcéré, par un coup d'ongle en faisant la toilette, etc. Elles s'irritent et s'enflamment par le passage des matières stercorales, par les liquides qui s'écoulent de la vulve, ce qui explique pourquoi elles sont plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes.
Il est souvent difficile de les distinguer d'une ulcération chancreuse. La marche, l'absence d'éruptions syphilitiques concomitantes, établissent seules le diagnostic. Chez 2 femmes qui paraissaient avoir un chancre mou, l'inoculation négative du pus me démontra qu'il ne s'agissait que d'un ulcère.
Mes malades guérirent en treize jours, en moyenne, sous l'influence du repos, -des soins de propreté, des lotions et des pansements antiseptiques. Un seul eut un phlegmon suppuré consécutif, qui fut ouvert. Mais combien d'autres qui, faute de soins, voient l'ulcération aboutir à la formation d'une fistule ou d'une fissure.
RÉGION ANO-RECTALE
Fissures à l'anus.
66 cas
25 hommes : 1 traités, 21 opérés. \ 41 femmes : 1 — 40 — \
0 mort.
La constipation, plus liabitiielie chez les femmes que chez les hommes, explique pourquoi les premières sont plus souvent affectées de fissures à l'anus que les seconds.
La jeunesse et l'âge mûr y prédisposent.
De 15 à 25 ans, j'ai observé 21 fissures
Au-dessus de 46 ans, — 9 —
Les excoriations et les ulcérations des hémorrhoides dégénèrent très facilement en fissures. C'est dire que les hémorrhoïdes comptent parmi les causes prédisposantes les plus efficaces. 17 de mes malades avaient, en même temps que leur fissure, des hémorrhoïdes procidentes. Presque tous avaient eu des fluxions hémorrhoïdaires.
La déchirure du périnée (1 cas), la syphilis (2 cas), tous les écoulements leucorrhéiques et blennorrhagiques (3 cas) qui en s'échappant de la vulve vont irriter l'anus, peuvent être rangés parmi les causes prédisposantes.
Mais la cause prochaine de la fissure est le traumatisme de la muqueuse anale par le passage de matières fécales trop dures chez les gens constipés. Une petite déchirure se produit d'abord, puis la plaie, rouverte, souillée et irritée par de nouvelles défécations, ne se cicatrise pas. Un ulcère s'établit et devient le siège de douleurs.
L'ulcère a ordinairement la forme d'une petite fente située entre deux plis de l'anus. Plus rarement, c'est une ulcération irrégulière, sur la saillie d'une hémorrhoïde. Les bords de l'ulcération sont rouges, non saillants. Son fond est sec, sans suppuration, et saigne facilement.
La douleur est le caractère principal de la fissure à l'anus. Le bol fécal la fait apparaître et lui donne une intensité variable, qui va quelquefois jusqu'au paroxysme le plus aigu.
De 26 à 35 — De 36 à 45 —
AFFECTIONS ORGANIQUES OOà
Chez 31 de mes malades, la douleur n'était vive qu'au moment des garde-robes ; elle s'éteignait peu à peu après elles et, l'accès une fois passé, ils pouvaient se livrer à leurs occupations habituelles. Mais chez 35 autres malades, la douleur durait pendant une, deux ou plusieurs heures après la défécation; quelquefois même elle était continue. Les premiers avaient une fissure tolérable, sans contracture du sphincter, sans irradiations névralgiques. Les seconds souffraient d'une manière intolérable non seulement pendant le passage des matières fécales, mais encore pendant les elVorls pour soutenir le moindre fardeau, pour éternuer, pour tousser, même pour marcher et se tenir debout. Ils comparaient leurs souffrances à un éclatement de l'anus, à la brûlure par un fer rouge. Souvent la douleur se propageait dans le bassin du côté de la vessie et du côté des lombes. Les contractions spasmodiques du sphincter, ou sa contracture, venaient encore exaspérer la douleur.
Gomme les crises se renouvellent à chaque défécation, les malades redoutent tellement l'accomplissement de celte fonction, qu'ils la retardent le plus possible et se privent môme de manger pour ne pas avoir de selles. Il en résulte assez rapidement une altération de la santé et un nervosisme qui viennent compliquer la maladie.
La douleur excessive des fissures à l'anus tient h une altération des filets nerveux sous-jacents à l'ulcérortion. Cette altération paraît être une névrite.
Par action réflexe, la douleur produit la contraction spasmodique du sphincter. En examinant l'anus on voit qu'il est très resserré et comme attiré en haut. Si l'on tente le toucher rectal, non seulement on fait souffrir a'rocement, mais on provoque la contracture exagérée du sphincter qui se durcit sous le doigt.
Modifier la plaie fissuraire et faire cesser la contracture du sphincter, tel est le double but que le traitement doit réaliser. On n'y parvient que par une aclion chirurgicale, qui comprend deux procédés, la section du sphincter ou sa dilatation forcée. C'est à ce second procédé que j'ai toujours eu recours.
RÉGION ANO-RECTALE
Chez 61 malades, que j'avais endormis à l'aide du chloroforme, car l'opération est très douloureuse, j'introduisais dans le rectum soit un spéculum vaginal, soit un dilatateur à deux branches, puis je retirais l'instrument largement ouvert, de manière à exténuer les fibres du sphincter. Quelquefois je renouvelais l'introduction de l'instrument coup sur coup pour faire la dilatation forcée deux fois de suite. Après cette manœuvre, le sphincter reste inerte, la muqueuse est éversée au dehors, la fissure est agrandie, car elle a subi une sorte d'éclatement. 11 ne reste plus qu'à faire un pansement, en introduisant dans l'anus une mèche de gaze iodoformée, induite de vaseline belladonée, et en appliquant sur la région anale des compresses imbibées d'eau boriquée ou de liqueur de Van Sv\^ieten très diluée. En une semaine, en moyenne, mes opérés étaient guéris. Je n'ai observé que 1 cas de récidive de la fissure après une première dilatation. Je fis une seconde dilatation qui fut suivie do succès.
La dilatation forcée et brusque semble agir de la manière suivante i l" elle modifie la plaie fissuraire en l'agrandissant et en produisant sur les nerfs altérés une sorte d'attrition ou d'élongation -, 2° elle distend et déchire les fibres du sphincter de manière à suspendre leurs contractions, mais surtout elle provoque, par action réilexe, la paralysie momentanée du muscle.
4 malades n'ont pas été opérés. Ils ont été améliorés par un traitement médical avec des applications narcotiques et émolUentes, mais ils n'ont pas été guéris.