I. — Contusions
52 cas. — 48 traités ; 4 opérés.
Les organes génitaux de l'iiomme ont été atteints par les corps contondants pendant les chutes, pendant l'exercice des métiers, pendant les jeux ou les rixes. Ils ont été contusionnés 6 fois par des coups de pied d'homme, et 2 fois par des coups de pied de cheval. Mais ces organes ont encore été en butte à des contusions spéciales soit pendant une marche forcée (2 cas), soit pendant les eflbrts (^8 cas), ou pendant le coït (1 cas).
46 fois la contusion intéressait le scrotum ou les organes qu'il contient; 4 fois le pubis; 1 fois le périnée; 1 fois la verge (obs. 289).
32 blessés, dont la contusion était légère, n'ont été retenus à l'hôpital que quatre jours, en moyenne, jamais plus d'une semaine. Mais chez 20 blessés, dont la contusion était grave, le traitement a nécessité trois semaines en moyenne.
Depuis l'ecchymose jusqu'à l'épanchement qui constitue rhématocèle par infiltration, j'ai observé tous les intermédiaires. 2 fois le sang s'était infiltré dans le cordon.
S'il existe une hydrocèle, le scrotum est plus vulnérable, et le corps contondant peut rompre la tunique vaginale distendue. La sérosité se répand alors dans le tissu cellulaire des bourses. Gela est arrivé chez 1 do mes malades, qui s'est trouvé guéri de son hydrocèle par le traumatisme.
L'épididyme, le testicule ou le cordou s'enllanime très souvent après la contusion des bourses. Sur mes 52 blessés, 34 eurent une orchido-épididymite trauniatique. Parmi eux,
(1) Cette statistique comprend les faits relevés pendant dix-neuf années et deux mois, depuis le l""" janvier 1879 jusqu'au l"'' mars 1898.
LÉSIONS TRAUMATIQCES
4 avaient une blennorrhée au moment de l'accident et 3 avaient une induration épididymaire, probablement de nature tuberculeuse ; tous les autres étaient indemnes d'un écoulement blennorrhagique ou d'une tuberculose génitale.
L'inflammation de l'épididyme ou du testicule n'était plus douloureuse et était en voie de résolution, lorsque les malades ont quitté l'hôpital. J'ai lieu de croire que beaucoup d'épididymites ou d'orchites traumatiques se résolvent complètement à la longue. Lorsqu'une induration persiste, il faut craindre l'évolution d'une tuberculose, qui était latente avant la contusion.
2 fois seulement l'épididymite suppura. Chez 1 malade, la suppuration fusa le long du cordon. Les abcès furent incisés et la guérison se fit sans autre accident.
La contusion a encore pour conséquence de provoquer un épanchement séreux dans la tunique vaginale. C'est ainsi que j'ai observé 5 fois cet épanchement, qui peut persister sous forme d'hydrocèle.
A l'exception de 2 incisions d'abcès et de 2 ponctions pour évacuer l'épanchement vaginal, tous mes malades ont été traités par le repos, les applications résolutives, émollientes et narcotiques.
Obs. 289. — Induration cicatricielle du corps caverneux à la suite d'une contusion. — Un homme de ^9 ans, qui vint me consulter à la Pitié le 2 avril 1879, avait eu, un an auparavant, les parties génitales frappées par le dos d'un cheval qui ruait. La verge avait été heurtée, vers le milieu de sa longueur, par une boucle de sangle. Après l'accident, il n'y eut pas de suintement de sang par le méat et la douleur fut modérée. Cette douleur resta cependant assez vive pour empêcher les relations sexuelles. Elle dura trois mois. Pendant ce temps, le malade remarqua que la verge se recourbait sur sa face dorsale.
Actuellement, on sent dans le corps caverneux gauche une induration peu saillante. Quand l'érection se produit, il y a un étranglement en ce point, qui est le centre de l'incurvation anormale du pénis. La miction est moins facile qu'avant
702 MALADIES DES ORGANES GENITAUX DE l'HOMME
raccident. L'incurvation pénienne rend le coït presque impossible. L'éjaculation n'est pas douloureuse, mais ne s'accomplit plus comme auparavant.
Cet homme n'entra pas dans mou service. Et, d'ailleurs, lô redressement de la verge par une opération était très problématique.