‹ Affections chirurgicales du tronc [electronic resource]Chapitre 1 sur 65 · PLACE DE L'ODÉON · texte numérisé non relu

PLACE DE L'ODÉON

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Les vingt années qu'embrasse cette partie de ma Statistique de chirurgie hospitalière (4), ont vu l'essor merveilleux de la gynécologie, l'engouement extraordinaire pour les opérations gynécologiques, puis la période de saine pratique où l'expérience acquise a mieux fait discerner les affections féminines, qu'il faut opérer, de celles que la médecine et l'hygiène peuvent guérir.

Lorsqu'il fut démontré combien l'antisepsie et l'asepsie rendaient bénignes les interventions chirurgicales, en général, toutes les affections particulières aux organes génitaux de la femme parurent susceptibles d'être opérées, et les malades vinrent en foule réclamer de la chirurgie nouvelle une guérison prompte et radicale. Non seulement les tumeurs furent extirpées, les malformations restaurées, mais encore les inflammations de l'ovaire et de la trompe furent des prétextes à laparotomie et à castration, et toutes les métrites furent soumises au curettage ou à l'excision. Entièrement ab-

(1) l)u 1" janvier 1879 au 1" janvier 1899.

sorbé par la technique chirurgicale, on ne s'occupa plus du diagnostic, ni des indications cliniques. Les succès opératoires firent croire à des guérisons constantes et durables. La rareté des décès donna l'illusion qu'il n'y avait plus de mortalité.

Le rôle de la Statistique a été de ramener a la réalité, de prouver que le succès opératoire n'est pas toujours synonyme de succès thérapeutique , et que la bénignité des opérations n'est que relative.

Loin de moi la pensée d'amoindrir les bienfaits de la chirurgie gynécologique. Toutes les audaces sont permises contre les tumeurs arrivées à leur maturité morbide, surtout contre les tumeurs malignes ou qui penchent vers la malignité, et contre les vices de conformation incompatibles avec les fonctions sexuelles. Dans tous ces cas, l'indication opératoire est très nette. Mais cette indication est difficile à saisir dans l'immense classe des inflammations de l'utérus, des trompes et des ovaires. Si le curettage, si l'ablation ovaro-salpingienne guérit rapidement nombre de malades, il en est d'autres qui continuent à souffrir, Et; ce qui est plus troublant encore, c'est que certaines malades arrivent à la guérison sans opération, par le repos, l'hygiène, et un traitement purement médical. Il a donc fallu revenir de cette conception abusive et fausse, que toutes les phlegmasies des organes génitaux internes sont justiciables de la chirurgie. Il semble de plus en plus que l'imminence delà suppuration ou la suppuration confirmée est la. seule indication positive d'opérer ces phlegmasies.

Poursuivant le plan que je me suis tracé, j'ai inscrit, en tête des chapitres de ce volume, le nombre des

malades opérées et celui des malades traitées ou inopérables. Pour les unes et pour les autres, j'ai noté avec intégrité tous les cas de mort, car il est moins utile de connaître les succès que les insuccès et les fautes qu'il faudra éviter.

Quels qu'aient été les progrès de l'asepsie, la mortalité des grandes opérations abdominales est encore considérable. Si elle paraît nulle pour les opérations simples, elle reste, pour les opérations compliquées, en rapport direct avec la gravité du traumatisme chirurgical, la longueur de l'opération, le mauvais état de l'opérée. Elle grève assez lourdement ma Statistique, parce que j'ai pratiqué dans un milieu hospitalier longtemps défectueux, et parce que je n'ai pas refusé d'intervenir même dans les cas les plus défavorables.

Il est permis de croire qu'avec des précautions de plus en plus parfaites, la mortalité opératoire s'atténuera, mais il est chimérique d'espérer qu'elle disparaîtra absolument. Il est des malades qui portent en elles-mêmes le germe des complications post-opératoires et spécialement de l'inflammation péritonéale, par mauvais état du foie ou de l'intestin, par déchéance de l'économie, par cachexie tuberculeuse ou cancéreuse, par intoxication septicémique, alcoolique, morphinique ou autre. C'est pourquoi, clans le même milieu aseptique et avec les mêmes soins antiseptiques, certaines opérées sont atteintes de péritonite ou d'accidents mortels, tandis q ue d'autres en sont exemptes et guérissent. Ces désastres ne sont imputables ni a l'opérateur, ni au procédé opératoire.

Ce livre n'est pas un traité de Gynécologie, mais un recueil de faits complétés par les réflexions d'un clini-

cien. Celui-ci s'excuse d'avoir passé sous silence les questions d'histoire, de bibliographie, de doctrine. Son ouvrage ne les comportait pas. Son principal but a été de dégager les indications et les contrindications thérapeutiques par l'étude d'un grand nombre de malades, et de préconiser la simplicité des procédés opératoires I

(1) Je tiens à conserver le souvenir des internes et des externes <|ui m'ont servi d'aides et de collaborateurs pendant les deux années qui terminent ma Statistique* Leurs noms complètent la liste de mes élèves publiée dans les volumes précédents :

F,n 1897. — Internes : MM. Labey, Rastouille.

Externes : MM. Bobo, Dobrovitch, Goulard, Biger, Garrigues Mlle Polsvatz.

En 1898. — Internes : MM. Alglave, Boricaud, Duval.

Externes : MM. Zvibel, Guichard, Aboulker, Audy, Valentix, Kaifk-

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