I. — Lésions traumatiques
10 cas. — 6 traités ; 4 opérés.
Nous verrons dans les chapitres suivants que la contusion de la mamelle joue un rôle considérable dans l'étiologie des mammites, des abcès, des néoplasmes; mais la contusion est, en général, une lésion trop légère pour que le chirurgien soit consulté au début. 3 femmes seulement séjournèrent quelques jours dans le service pour une contusion mammaire. L'une d'elles eut un adéno-phlegmon suppuré de l'aisselle.
Les plaies contuses n'ont pas été plus nombreuses. En exceptant les excoriations causées pour la succion des nourrissons, je n'ai soigné que 2 femmes qui avaient des plaies contuses du mamelon et de l'aréole. Toutes les 2 eurent des abcès àxillaires.
Des plaies par balle de revolver ont été observées chez 2 jeunes femmes qui avaient voulu se suicider. Chezl'une, la balle avait pénétré au-dessous du mamelon gauche, avait traversé la mamelle de dedans en dehors et de bas en haut, et s'était logée probablement dans l'aisselle, où je croyais la sentir. Jl n'y eut aucun accident, et, au bout d'une semaine, la plaie était guérie sans suppuration. La balle, qui ne causait aucune gêne, resta dans les tissus.
(1) Cet exposé statistique comprend une période de vingt années, du 1er janvier 1879 au 1er janvier 1899
MAMELLES
Chez l'autre, la balle avait pénétré au-dessous de la mamelle gauche et s'était perdue dans la paroi thoracique. Comme dans le cas précédent, elle n'occasionna aucun accident, et je m'abstins d'aller à sa recherche.
2 plaies par instrument tranchant, faites dans une intention de suicide, furent aussi bénignes.
Aux lésions traumatiques je rattache le fait d'une aiguille à coudre, qui avait séjourné sept ans dans la mamelle gauche d'une femme de vingt et un ans. En pressant sur la partie interne de la mamelle, on sentait une induration allongée, et on provoquait de vives douleurs. Les douleurs, qui se faisaient sentir à la moindre pression, obligèrent la malade à demander une opération. Une petite incision d'un centimètre me permit de saisir l'aiguille avec une pince ; mais celle-ci, étant très friable, se brisa et la plus grande longueur du corps étranger resta dans les tissus. Quelques jours après, la malade étant anesthésiée par le chloroforme, une incision plus étendue et plus profonde fut pratiquée, et l'aiguille fut extraite en totalité. Elle était rouillée, entourée d'un dépôt fibrineux et très adhérente au tissu mammaire.
Affections organiques.