‹ Affections chirurgicales du tronc v.2Chapitre 21 sur 48 · P. — T. II · texte numérisé non relu

P. — T. II

I de

1^0 MAI.iDIES URINAIRKS COMMUNES At7X DEUX SEXES ^H

Sa situation devint intolérable et, comme mon collégu^r M. Audhoui, j'acquis la conviction qu'on ne pourrait la guérir" que pat' la iiéphrectomie.

Je portai alurs mon attention sur l'état du rein gaucfae. I! n'y avait aucune douleur à la pression de la région lombaire et du Banc gauches. La percussion de ces régions ne révélait rien d'anormal. Les urines étaient claires, sans albumine, sans sucre, sans dépôt purulent, sans dépôt d'aucune sorte. Leup quantité était celle d'une personne bien portante. Par conséquent, les reins étaient sains et, si l'un d'eux fonctionnait moins bien que l'autre, il n'était pas probable que ce lût le rein gauche, non déplacé, mais bien le rein mobile qu'il s'agissait d'enlever. J'étais donc aussi certain que possible que le rein gauche suffirait à la (onction urinaire après l'ablation de son congénère.

Trois jours avant l'opération, l'analyse quantitative et qualitative des urines, faite par M. Duzan, interne en pharmacie, donna les résultats suivants :

Le 10 mai. 1.100 gr. d'urine contenait: nrée, 26,88 gr. par litre et 29,56 gr. par jour.

Le 11. ODOgr, d'urine contenait : urée, 26,88 gr. par litre et 24,20 gr. par jour.

Le 12. 500 gr. d'urine contenait : orée, 29,44 gr. par litre et 14,72 gr. par Jour.

La malade fut purgée deux jours avant l'opération. La veille au soir, elle prit un grand lavement pour évacuer complètement l'iutestia, et une petite dose d'opium pour lui procurer un sommeil tranquille.

L'opération eut lieu le 13 mai 188i), en pi-ésence de MM. les docteurs Audhoui, Claudot, Michel (de Bar-Ie-Duc), Chevalier (du Pont-de-Beanvoisin), Pegoud (de Grenoble], Mon collègue i des hôpitaux, le h' Routier, avait bien voulu ra'assister. Ues 1 internes MM. Récamier, Bureau et Durnoiet me servaient I d'aides et veillaient à la chloroformisation. |

Précautions antiseptiques pour les instruments, les mains ' des aides, la peau du ventre de la malade. Spray phéniqué.

Incision de quinze centimètfesenvirou sur la ligne méJiane de

AFPECTIOHI OKOANIQUES

rabdomsn, dépassant ['ombilic de deux travers de doigt. Hé" ranstase très attentive des lèvres de la plaie avec des pinces à pression.

La main introduite dans le ventre éprouve d'abord quelques difScuKés à trouver le rein qui est recouvert par laaansea iê l'intôstin grêle. Je m'aperçois bientôt que la rein n'est pas pédicule et que je rencontre constamment au-devant de lui Tifl' WtlD fil le mésentère.

Je prends alors le parti d'attirer tiors du ventre les ttnses d^ l'intestin grêle, que je prutàge par une sorte de sac formé iiec des compresses de flanelle imbibées d'eau pliéuiquée diBude.

Le rein glisse facilBment dans tous les sens en arriére du péritoine prévertébral et prélombaire. Je constate encore do visu que ce rein si mobile n'a point de pédicule autour de son iiile. Je le fais cheminer doucement en arrière du colon ascenilaot. jusque dans le danc droit, où je le saisis entre les doigte de la main gauche. Il se présente, avec sa coloration et mu lïpect normaux, immédiatement au-dessous du péritoine, sans iatorpositiou d'uoe capsule adipeuse quelconque.

Avec la pointe mousse d'une sonde cannelée, je décliire la pérituine qui le recouvre, et, par une légère pression d'arrière an avant, je le fais sortir à travers cette déchirure.

Dés lora, il est facile de l'attirer un peu en avant, de manière

â bien dégager son hile. Une première ligatura avec un ûl de

■jiit est placée aussi profondément que possible sur le bile

. . V L'u masse. Une seconde ligature, également avec un fil ia

■i.'ut, est placée un peu plus eu dehors. Puis le rein est dé-

Ul lu- avec des ciseaux, en rasant le tissu rénal aussi prêt quA

; '-^itile. Eufln, sur la section du pédicule, je trouve troiB

i^n» vaisseaux que je lie pour plus de sécurité avec das fils de

auia Qne. Tous ces fils sont coupés près du nœud, et le pédi*

cale est abandonné dans la région lombaire.

J^ déchinire du péritoine et l'énucléation du rein n'ont 'li'nné qu'une faible quantité de sang qui est soigneusement •■til-jvé avec des éponges phéniquées.

I.>,>s anses intestinales, qui ont été maintenues sensiblement i la température du corps par des pièces de flanelle imbibées

MALADIES CKISAIRES COMMUNES ADX DEUX SEXES

d'eau phéniquée chaude, sont rentrées dans la cavité abdominale. L'êpipluoD est soigneusement étalé par-dessus l'intestin.

Suture de l'incision abdominale aveo cinq points de suture profonde et six points do suture superiicielle en fils d'arjjent. Pansement de Lister, Epaisse couclie de ouate sur le ventre. Bandage de corps assez serré,

Le 13 mai, jour de l'opération, à b h. 1/2 dn soir, T. 37'',2, P. 70. Eructations gazeuses. Douleurs lancinantes au niveau de l'incision. On a relire, pendant la journée, par le cathété- 1-îsme, deui cent cinquante grammes d'une urine limpide, qui n'a pas été conservée. A partir de ce moment, toutes les urines ont été exactement recueillies et analysées par mon interne en pharmacie, M.Duzan.

D'api-és trente-six relevés, l'opérée, dont le poids était de 53 liilos, a produit, en moyenne, par vingt-quatre heures, 1.050 centimètres cubes d'urine et 17 grammes d'urée. Ces chiffres sont un peu au-dessous de la moyenne. Mais il faut considérer qu'ils représentent des quantités miniraa d'urine et d'urée, en raison de quelques déperditions inévitables pendant les mictions.

J'abrège les détails sur les suites de l'opération.

Le 17. Matin, T. 38, P. 80. Premier pansement. L'incision est réunie et en très bon état. Ablation de deux fils profonds «t de deux fils superficiels. Pansement de Lister.

Soir. Apparition dei régies avant l'époque habituelle. Vives coliques utérines.

Les urines émises dans la journée et la soiré6,après le pansement phéniqué, ont une teinte enfumée très prononcée. La malade résorbe donc très facilement l'acide carboUque.

Le 20. Atroîs heures du matin, frisson avec claquement des dents. T. 39°,1 , P. lOl. Respiration normale. Douleurs dans le flanc droit. Le faciès continue à être très bon. Les urines n'ont plus de teinte enfumée.

Lavement de bouillon avec 50 centifframmes de sulfate de quinine. PotiondeToddaveclgramme d'extrait de quinquina.

Nouveau frisson â trois heures de l'après-midi, durant cinq . minutes, T. 39" ,4, P. 116.

On coDtiDue le sulfate de quinine.

Le 21. Matin. T. 37«,6, P. 84. Nouveaux frissons pendant la nuit. De quatre à six heures du matin, quatre vomisse* ments de matières verdàtres. Les règles, après avoir complètement cessé, ont reparu ce matin. Rien n'indique qii*il se forme une péritonite.

On continue l'administration du sulfate de quinine. Soir. T. 39,1, P. 88. Pas de nouveaux frissons. Le 22. Matin. T. 37%8, P. 92. Grande amélioration dans l'état général. La physionomie est très bonne.

Deuxième pansement. Tous les fils de la suture sont enlevés, c'est-à-dire trois fils profonds et quatre fils superficiels. Je lave la peau du ventre avec une solution de sublimé au lieu dé la solution phéniquée pour ne pas avoir de résorption carbolique.

Soir. T. 38<>,6. Epistaxis légère. Selle abondante et fétide. Les jours suivants, la température oscille entre 38* et 39*. La malade mange peu. Elle se plaint d'un malaise général, d'agacement nerveux, de douleurs lancinantes dans la régioil lombaire droite, ce qui me fait craindre qu*un abcès ne se soit iormé au niveau du pédicule du rein enlevé. Elle a une sensation continuelle et toute particulière de froid à la peau.

Le 28. Je constate que le ventre est souple, qu'il n*y a aucun ^pâtement et aucune douleur dans le flanc droit. Il n'y a donc pas d'abcès.

Le 29. La température tombe à 36*,4. Le pouls marque 80 pulsations. Sauf une grande faiblesse, l'opérée va bien.

A. partir de ce moment, la fièvre disparaît. Lappétit est meilleup. Les forces reviennent peu à peu.

Le 7 juin. Maria F... est considérée comme guérie, et quitte la chambre où elle avait été opérée pour être replacée à la salle Qerdy.

Dans les derniers jours de juin, elle se lève et fait une promenade dans le jardin de Thôpital.

Lel3 juillet. Je constate qu'elle est complètement guérie. Le rein flottant ayant été enlevé, les douleurs qu'il provoquait et qoi retentissaient si péniblement sur toute Téconomie, ont disparu. Maria F... peut marcher, courir, se baisser, faire des

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cAorb, BâitB BouOiir-Elle pfOt r^reitdre 869 fbsctions de coinaiére on de domesdqoe. Le ma dradt satfit pleinemeat à TfliUretien de la foocdon orituire.

Le 4 août. Exeat.

bu 8 juin aa 4aont lW7,Maria F... séjoaroe dans mon service pour reprendre des forces, carelle s'e$t on peu sormeDée. Tout va bien du côté de? fonctions rénales.

Le n avril 1889. Elle rerieat roe Toir. Elle se port© bien quoique tonjours maigre. Elle ne souflre plus et n'élouffe plus. La quMititédes urines est normale. Les règles viennent très ré- ^liéretnenl. Elle a pu reprendre son métier de caisinîère. La cicatrice de l'incision abdominale n'était plus visible.

Résumé.

\jbi affections urinaird communes aux deux se^rrx sc reprèienlées par as a ffi'Ct ion/: organiques, les lésio. mafiçiien ayanl trouva leur place dans d'autres parties I celle Slalistigue.

94 affections organiques ont été soignées sans opér lion. Elles odI occasionné 4 morts : 3 par pyùlo-néphrite J urémie (oba. 275; 280 et 280 bis). \ par cachexie cane reuse {obs. 282).

24 affections organiques oniéit opérées. Toutes losoj rations onL 6lé importantes, savoir : 3 incisions tfadeèsi rinépkritiques, 3 tailles, 8 lilhotrilies, 6 ablations du re 3 népkropi'xiis, \ ablation de tumeur de la vessie. La morn taiité a élé de 4: 1 par urémie préexislante(obs. 270), 1 par broncho-pneumonie (obs. 274), 1 par tuberculose pulmonaire galopante (obs. 281), 1 par septicémie (obs. 283).

65 cystites 65 traitées.

7 atonies vésicales.... 7 traitées.

t 1 traité...

12 calculs de la vessie.

( 11 opérés 3 abcès périnéphriliques 3 opérés . .

( 6 traités . .

8 pyélo-néphrites ]

( 2 opérés..

1 tumeur bénigne 1 opérée..

l 5 traitées.

8 tumeurs maligocs . . ]

( 3 opérées.

!10 traités..

i opérés..

y, m o ^ ET

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