VIII. — Caneen du rein
p ( 1 liomme : noo opéré ; 1 opéré ; morU ■" '^^^ I 4 femmes : 2 — — 3 — 1 —
La néplipeclomie doit fître pralitiuécdès que le diagiioi est établi. 2 malades ne se décidèreol pas à ropéralioi fureot perdus de vue. 3 malades furent opérés. L'un d'i succooiba au bout de neuf jours {obs. 283), les 2 aut guérirent (obs. 28i et 285).
Deux accidents principaux, l'hémorphagicet la périton rendent la népiirectomie particulièrement dangereuse. procédé de choix est donc celui qui assure le mieux 1'] mostase des gros vaisseaux du bile et qui ménage le p complètement le péritoiue.
La néphreetomie Iranspérilonéale ouvre néccssairem la cavité du péritoine. Sa mortalité est de 55 p. 100. La plirectomie lombaire permet d'agir en dehors du péritoi et donne une mortalité moindre de 33p. 100. C'est évidt ment ce dernier procédé qu'il faut préférer, toutes les 1 qu'il est possible.
Pour atteindre le rein par la voie lombaire, je fais i incision verticale sur le bord externe des muscles d€ masse lombaire, depuis la douzième côte jusqu'à la ci iliaque. Si Touverlure, qu'on obtient ainsi, n'est pas a= grande pour extraire un rein volumineux, je prolonge 1 cision en avant, à un centimètre au-dessus de la ci iliaque, et j'arrive, s'il «n est besoin, jusqu'au voisinagÉ l'épine iliaque antérieure et supérieure (lîg.HS). Cette ir sion en L nie parait préférable à l'incision courbe à coo vite antérieure, parce qu'elle se rapproche le plus possi ■du hile et qu'elle donne beaucoup de jour pour passer ligatures autour des vaisseaux.
Cependant le.s conditions de la tumeur ne m'ont pern de pratiquer la néphreetomie lombaire qu'l fois (obs. i28
Chez les deux autres malades, la tumeur rénale et
AmCTIONS ORGANIQUES 131
^^P^olumineuse pour prendre la voielombaire. La nrphrec- 'oinia Iranspérilonéale s'imposait (obs. 2S:{ et 2HÔ).
I' est le plus souvent impossible de lier isolément les ^'aisseaux et l'uretère. Je me suis borné à lier en masse tout 'g pédicule. En outre, je crois prudent de placer deux ligatures superposées, et, pour avoir |)lus de sécurité contre l'hémorrhagîe,je lie encore, au niveau de la section du hile, Te bout de l'artère, de la veine et de Turctèrc.
Les fils de catgut sont bien préférables aux fils de soie, parce qu'ils se résorbent rapidement. Si les fils de soie sont plus solides et donnent plus de sécurité pour la conslrictîon définitive des vaisseaux, ils s'infectent souvent et produisent des abcès et des fistules qui durent des mois.
Obs. 283. — Cancer du rein] néphrecfomie frartxpérifonéale ; trémie et septicémie par le pédicule \ mort. — V... (Elisabeth), âgée de 49 ans, marchande, ne paraît avoir eu aucun parent affecté de cancer. Elle-même a eu une bonne santé, saut deux attaques de rhumatisme articulaire aigu, dont la dernière l'obligea à entrer à la Pitié dans un service de médecine, le ^Ojuiiiet 1892. On reconnut qu'elle portait, dans le ventre, ^ne tumeur volumineuse, dont elle ignorait Texistence. Cette tumeur paraissant être la maladie principale, on fit passer la Malade dans mon service, le 5 août.
Le ventre est gros, mais non déformé. A la palpation, jo trouve une tumeur solide, du volume d'une tête d'enfant de ^eux ans, occupant le flanc, rhypochondre et la fosse iliaque droits, et ne dépassant pas la ligne médiane. Colto 'humeur est mobile dans le ventre. Elle n*est ni fluctuante, ni ■^iûifante. Elle est mate à la percussion. Elle est compléte- »ient indolore.
iô toueher vaginal fait reconnaître que l'utérus ost sain, Mobile; lés mouvements qu'on lui imprime ne semblent pas S6 communiquer à la tumeur.
I^asde troubles fonctionnels du côté de la miction, ni du côté .^^s organes génitaux. Constipation habituelle. La ménopause, '^i date ^^ Hiix-huit mois, s'est effectuée sans accident. La
MALADIER UBI.VAtRES COMMUNES ADS. DEDX SEXES
malade prétend seulement avoir nolahlement maigri depuis cette époque. Les urines contiennent de l'albumine. Pas
d'hématurie, ni rie polyurie. Insuffisance raitrale.
Une ponction exploratrice ne donne que du sang.
Le diagnostic penche pour une tumeur du rein. Celle-ci est trop volumineuse pour être enlevée par la voie lombaire.
Le 8 septembre. Incision longue de douze centimètres un peu en dehors du bord externe du grand droit. Après l'incision de tous les plans de la paroi, je tombe sur une tumeur recouverte par le péritoine de la région lombaire. Le côlon ascendant se présente au nivpau de la lèvre interne de l'incision. Le périloine ayant été incisé, la tunipur s'énuclée facilement. Pour l'extraire, je la saisis avec des pinces de Museux, mais elle se déchire et saigne abondamment. J'agrandis alors l'incision abdominale de deux ou trois centimètres, et passant la main sous la masse morbide, je la fais saillir au dehors. Je lie aussitôt le pédicule avec trois iils de soie superposés, mais les ligatures portent sur le tissu malade. J'arrive cependant à former un pédicule et à le lier de m^inière à ce qu'il ne saigne plus.
La plaie abdominale est ensuite refermée par trois plans de suture : suture de la séreuse au catgut, des muscules à la soie, de la peau aux crins de Florence. Pansement de Lister,
Le soir. La malade n'a pas vomi ; elle est très exaltée, parle beaucoup et se plaint de la soit. T. 30. P. 70. Resp. 26.
Le 9. Elle n'a pas dormi pendant la nuit. L'état nerveux d'hier soir a continué malgré une injection de morphine d'un centigramme, lie matin, le pouls est regulier. La langue est sèche. La malade se plaint beaucoup de la soif, Elle n'a pas uriné toute seule, et ne rend pas de gaz. T. 39,2. P. 74. R. 24.
Lavement avec bouillon et vin additionné de 20 centigr. suif, de quinine, de 1 gr. chloral et de V gouttes Laudanum. Champagne glacé. Lait. Glace sur le ventre.
Soir. T. 36,8, P. t)4. R. 33.
Le 10, matin. T. 30,6. Pouls régulier à 82.
Toujours la même surexcitation nerveuse; pas de sommeil
AFFECTIONS ORC.ANTQrES 133
ItendaDt la nuit. Pas de vomissements; ventre normal; langue humide. Les lavements sont gardés. La malade n'urine pas seule.Ëlle a pris un peu de lait etde bouillon. La soif des jours précédents a disparu.
On continue les lavements avec 30 centigr. suif, de quinine, 1,50 chloral et V gouttes laudanum.
Le soir. T. 37. P. 96. R. 24.
Le IL T. 3Ô,6. P. 9.'. R. 20.
Nuit très agitée. Délire. Elle veut se lever et se retourne continuellement dans son lit. Aussitôt la crise de délire calmée, elle s'endort. Elle a rendu beaucoup de gaz par l'anus. Elle urine seule. La langue est très sèche, fuligineuse. Pas de vomissements. Les urines sont très claires, mais très peu abondantes. Le teint est jaunâtre, pâle. Physionomie hagarde. Lait avec du calé. Potion de Tood .
Lesoir. T. 37,4. P. 92. R. 22.
Lelâ. T. 37. P.96. R. 24.
Très-mauvaise nuit : l'excitation neri'euse continue, mais il n'y a pas eu de délire. Les urines sont moins rares que les jours précédents.
Lesoir. T. 37,4. P. 98. R. 28. L'amélioration constatée le matin paraît continuer.
Le 13. Très mauvaise nuit. L'excitation a augmenté. On a dû veiller la malade à partir de minuit pour l'empêcher de se lever. Cependant la quantité des urines a encore augmenté {12U0 grammes) etia malade a bu deux litres et demi de lait.
Beaucoup de gaz par l'anus, mais pas de selles. Langue sèche et dents fuligineuses. T. 38. P. lOfî.
Deux verres d'eau de Sedlitz. Lait.
Le soir. T. 37,9. P. 96. R. 24.
Le 14. La malade a eu une abondante selle après sou iarement; elle n'a pas vomi. Elle ne souffre pas, si ce n'est un peu en arrière. Elle a uriné, mais on ne sait pas au juste en quelle quantité, parce qu'elle a uriné en allant à la selle. La langue est moins sèche. Le pouls est régulier. T. 37. P. 84.
L'agitation continue; la malade n'a pas dormi de la nuit.
134 MALADIES HRRUIBES COMMITNES ADX DECX SEXES
Le soir. T. a7,l. P. 08. R. 30.
Le 15 matin. T. 3t(,5. P. 90. R. 26. Depuishiei-, urticaire su les bras, les jambes et les cuisses.
Premier pausemeut. Jenléve quatre fils de crin. Par le-* ouvertures des fila s'écoule une sérosité rouge d'odeur i^ tide. Il n'y a pa^ de ballonnement du venti e. Je renouvelU le pansement avec des compresses imbibées d'eau phénîquée
A trois heures de laprès-midi, au moment où on alla changer la m;iiade, on constate que son pansement est pIeL de sang et que le sang a même couié sur les drnps. L interm de garde délait le pansement et constate que la suture s'e -^'^t écartée entre deux fils; c'est par cette ouverture qu'uE^=:»« grande quantité de liquide sanguinolent et fétide s'est échappi^vé.
A quatre heures la température est à 3D°,5 : P. 88 ; R. .t= ^- L'éruption d'urticaire, qui avait disparu tout d'un coup à tiTi^^is heures, repai'ait.
Le 16. T. 36°,?.; P. 00; R. 30.
La nuit a été agitée. Délire. Mauvais état. La langue (^^^ ^^ sèche. Plusieurs garde-robes, sans diarrhée. Le Taciès ^^^' rouge, animé.
Je change le pansement, et je fais une injection dans ^^ foyer qui fournil le liquide sanguinolent létide, Jusqu'à ce q-^u^^® la solution phéniquée ressorte claire. Gaze au salol. Banda.^^^ ouaté. Lait.
Le 17. L'élat d'excitation continue, cependant la mala. *^^^ parait bien (aible, elle répond à peine. La langue est séct»- '^' recouverte par place de muguet, T. y6°,6. Les urines sont te» '•^* Jours assez abondantes. On fait le pansement et on retire "•-* " liquide analogie à celui des jours précédents.
A cinq heures du soir. Mort. La malade s'est atlaiblie f»^^" à peu. L'excitation disparaissant, elle s'est éteinte dans -"^ calme,
Autopsie. On constate que le pédicule a été (ait en pl^ *" tissu cancéreux. Une partie du rein, longue de sept cet»*-^" mètres, est restée. Les ligatures ont porté au milieu decet"*"^ masse ; elles tiennent très bien.
Le pédicule adhère au côlon et au foie, mais ces adhérenc*^* sont récentes, post-opératoires. Au niveau du pédicule s'e-^*
AFFECTIONS ORGANWOFS 13o
Tait QD suinteinent qui vient de )a masse cancéreuse et non des TAÎsseaiix qui sont oblitérés.
Pas de péfitonite. Rien dans les autres organes.
En somme la cause de la mort paniit èti-e l'urémie compliquée par la résorption des produits septiques sécrétés au nirotudu pédicule.
OflS. 284. — Cancer du rein; Nêphreciomie IranspériLinêale ;
6u''rmn. — Lucille B âgée de 39 ans, concierge, est
entrée ie 17 juillet 1894.
Son père est mort de dysenterie. Sa grand-mère maternelle et sa mère sont montes de tumeur dans le ventre (kyste de l'ovaire très probablement). Une cousine maternelle est «tuellement à Tenon pour être opérée d'une tumeur de l'ovaire.
Réglée à quatorze ans, normalement, mariée à vingt-cinq ans, elle a eu trois grossesses. Ses suites de couches ont été loules mauvaises. A part ces accidents, bonne santé habituelle.
Il y a trois ans, à la suite de douleurs dans les reins, Lucille B... alla consulter un médecin, qui lut trouva un rein ' mobile, et lui conseilla l'usage d'une ceinture qu'elle porte «iicore.
Depuis deux mois seulement, elle commença à éprouver des malaises: nausées, vomissements glaireux, maux de tétos migraines obligeant à se mettre au lit. Abattement,, somno- I(>nce, apathie. Augmentation du volume du ventre. Kn.piême temps elle maigrit considérablement'
Dans l'hypochondre droit et dans la région ombilicale, ncistouDe tumeur saillante, du volume d'une tête de fœtus, I, résistante, mate, légèrement bosselée. Celle-ci e-st très mobile, et i^raoute sous les fausses côtes droites, où elle se cache presque en totalité, La palpation bimanuelle, au niveau des lombes, semble alors faire croire que le rein droit n'est pas daos sa loge, car on n'y sent absolument rien, La tumeur est sépurée du bord inférieur des fausses côtes droites, et du foie par une large zone de sonorité, due à la présence du côlon. Les connexions de la tumeur avec les organes pelviens sont
l.W MAT^DIB!^ UBINAIRES COMMDNES APX DECX SEXES
(tiffîciles à déterminer. Le toucher vaginal jierraet de const^^ ter que les moiivemeEts da la tumeur ne se comniuoiqueO^pas à l'utérus. Les annexer paraissent libres également d^ tout rapport avec elle-, dans Igs culs de sac latéraux, le doigt ' ne perçoit aucune tumeur.
En résumé, il s'agit ou d'un fibrome sous-péritooéal pédi- " culé, ou d'un gros rein malade et déplacé. Ce dernier diagnostic semble le plus probable.
Le 20 juillet. Anesthésie par le chloroforme. Tncision sur la ligue médiane de douze centimètres environ, Je tombe sur uue tumeur, recouverte d'une membrane transparente, que j'iacise et que je déchire pour arriver sur la masse morbide, qui est lisse et qui est certainement formée par un rein. Extraction de la tumeur hoi-s du ventre. Transfixion du pédiculft avec l'aiguille mousse. Ligature du pédicule en deux faisceaux, puis ligature en masse avec des fils de catgut. Deuxième ligature de siireté de tout le pédicule. Les pinces sont enlevées. Le pédicule saigne encore. Ligature sur sa tranche de quatre gi-os vaisseaux. Le pédicule est alors abandonné. Lavage du péritoine. Suture du péritoine et de la paroi. Pansement de Lister.
La tumeur, plus grosse que les deux poings, est formée en dehors par une partie du rein, en dedans par une masse encéphalo'ide. dont la coupe présente des zones de détritus jaunâtres. Le bassinet est aplati. 1/uretére est peu volumineux (flg. 411. m
La journée assez bonne. Un vomissement. i^H
Le soir. T. 37°6, ; P. 104 ; R. 32. ^H
Le 21. T. 37-8,; P. 104; R. 25. "
La nuit a été câline avec un peu de sommeil. Le lactés est bon. La sonde donne des urines claii'es. Pas de gaz par l'anus. Pas de douleui's.
Glace sur le ventre. Un peu de Champagne coupé et glacé. Un lavement avec 0,20 centij^r. de sulfate de quinine.
Le 22 T. •■^Td: P. 102 ; R. 2^. Boo état. L'opérée ne rend pas de gaz par l'anus et n'urine pas seule. Soif modérée. Deux lavements ut supra, l'un le matin, l'autre le îoir.
Glace sur le ventre. Lait, bouillon.
AFFECTIONS ORGANIQUES l.'ÎT
es/oDPs suivants aucun accident, auctine fièvre. Le 15 août. Sortie. L'opérée se porte très bien. Elle approuve aucune douleur. La cicatrisation est parfaite.
b. Ilile du reia. (Demie grandeur aaturetle.)
Le 16 avril 1895, Lucille B... Yient me voir à l'Hûtel-Dieu. ïiguériaon s'est bien mainteDue, saut un peu de douleur dans la région rénale gauche. Rien d'anormal dans les urines. Rien d'appréciable à la palpation. La cicatrice est solide, sans tendance à l'éventration.
OflS. ?85. — Cancer du rrin gauche ; nfphrectomie Inmbaire. Ovintan, Survie de troh années. — Hîppolyte P..., âgé de 53 ans, sellier, est admis à l'Hôtel-Dieu le 5 aoiit l'^OS.
Sonpéreest mort à quatre-vingt-trois ans. Sa mère est morte à soixante-huit ans, diabétique. Lui-même n'a jamais eu de maladie. 11 a eu sept enlants, dont deux sont morts dn croup, et un de méningite; les quatre autres sont bien portants. Pas d'antécédents syphilitiques ni blennorrhagiqnes.
138 MALADIES URINAIRES COMMUNES ADX IlEOX SEXES
Il y a sept ou huit mois, le malade aurait reçu ua coupa? niveau île l'hypcchondre gauche. C'est à cet accident qu'il rapporte le début de son mal. Cependant, cet accident n'eut pas de suites lâcheuses, si ce n'est une douleur persistante pendant quoique temps, et qui disparut.
Il était donc en bonne santé, lorsque dans la première semaine du mois de Juillet tiei-nier, en allant à la selle, il rendit par l'ui'éthre, sans cause, sans douleur, une petite quantité de san^, semblable, au dire du malade, à de la gelée de groseille. Il n'y eut qu'un seul jet desaog.puis plus rien. Le malade continua sa vie habituelle, ne souffrant pas et l'appétit conservé.
Le 3 août, deuxième hématurie, dans les mêmes circonstances quo la première. Mais cette fois l'hématurie se prolongea pendant deux jours et inquiéta le malade, qui se fit transporter à l'hôpital. Jusque-là, il n'avait éprouvé aucune douleur, et ne s'était pas aperçu de la présence d'une tumeur dans l'abdomen.
A son entrée à l'hôpital, le malade est sondé. On trouve des caillots dans l'urèthre et, pendant quelques jours, les hématuries persistent. En palpant l'abdomen, ou constate, dans l'hypochondre gauche, la présence d'une tumeur dure, résistante, un peu bosselée, noa fluctuante, extrêmement mobile. Cette tumeur fait saillie dans la partie latérale gauche de l'abdomen, où on peut en apprécier les contours par la palpation. Elle présente à peu prés le volume d'une tête de fœtus. On la refoule très facilement en arrière, dans la régiun nale. Il existe une KÔne de sonorité intestinale en avanl d'elle. Pas de douleurs spontanées. Les douleurs ne sel sentir qu'en comprimant la tumeur entre les mains. Il s'i donc d'une tumeur du rein, probablement d'origine cancéreuse.
Pas de varicocélo du côté gauche. L'état général est bon. Pas de cachexie. Sur aucun point on ne trouve d'hypertrophie ganglionnaire.
Au bout de trois jours de repos, les hématuries disparaissent, mais les douleurs, au niveau de la tumeur, s'accentuent.
Le 17. La tumeur semble plus grosse et moins facilement Itiobilisable.
AFFECTIONS CIHGANIQOES 139
L'exameD des urines parait démoQtrer que l'autre rein est ■ain.
Le 21. Incision en L dans la région lombaire au-dessus de la crête iliaque. Le rein est attiré au dehors en le faisant basculer en arriére. Ligature du hile eu deux faisceaux avec du cilgut fort. Ligatures secondaires de sûreté sur les bouts des \aisse-aus. Section du pédicule au-delà des ligatures et ablation delà tumeur. L'hémostase est bien complète. Sutures de l'incision. Drain. Pansement de Lister.
F]ai'aE42. — Cancer du rein, demie grandeur DEtturelle. (Dessla par M. PajUau, interne du service.]
Sur le rein enlevé on voit que le néoplasme s'est développé 4 la partie supérieure de son parenchyme. Le rein est sain dans son tiers inlérieur. Il ne reste aucune trace de tissu murbide au niveau du pédicule. L'incision de la tumeur montre ijo'il s'agit dune production cancéreu.'^e (Bg. 42).
Les suites de l'opération sont bonnes. Pas de température.
Le 27, Ablation des (Ils de la suture.
no
MALADIFS (JIUNAIREf* (.-HMMONFS AUX DBDX SEXES
Le septembre. Un petit abcès s'est formé à la partie supérieure de rineision. Par la pression en ce point oo fait sortîi" un peu de pus. Lavage phéniqué. Drainage.
Le 11. On enlève ledrain. Pansement iodoforraé.
Le 15. Le malade commence à se lever.
Une flstiilette persiste au niveau du petit abcès, mais le décoliement est tout à fait superficiel.
Au bout de quelques jours la cicatrisation est complète. Lie malade marche sans souffrir. On loi fait porter une ceinture abdominale.
Le 10 octobre. Le malade quitte l'hôpital, guéri.
Le 18 juinlSOo. Hippolyte P... m'écrit pour médire qu'il se porte partaitement et pour me t*^moigner sa reconnaissance de l'opération que je lui ai faite.
Le 27 mars 1806. Il \ient me voir à l'Hôtel-Dieu, médisant qu'il ne s'est jamais mieux porté. 11 marche beaucoup et ne ressent aucune douleur.
Peu après cette visite, Hippolyte P... commença à perdre l'appétit et à s'aifaiblir. Je mentionnerai, à propos des Malatiiesde J'œsopAa^re, qu'il est venu mourir dans mou service d'un cancer de ce conduit. L'autopsie montra qu'il n'y avait aucune récidive dans la région du rein enlevé. L'uretère de ce côté était perméable dans une partie de son trajet, puis se perdait, au niveau du bassinet, dans une masse fibreuse. Le rein gauche était normal et pesait cent soixante-dix grammes.
HatformatioQS IX. — Rei?i fhttant.
14 cas. — 14 femmes: 10 traitées ; 4 opérées. mort.
Comme je n'ai oijservé le rein llotlant que chez des femmes, je suis très disposé à croire que la principale cause de celle malformation est l'usage du corset.
Le déplacement s'était produit lentement, presqu'à l'insu des malades. Dans 1 cas seulement, un effort consistant à se
AFFECTIONS PRGASIQUES 141
renverser pour regarder en l'air avait produit le prolapsus brusque du rein.
C'est vers l'âge de lrenl.e-deux ans que les douleurs du reia prolabé étaient devenues assez intolérables pour que les malades vinssent demander du secours.
11 fois le prolapsus affectait le rein droit, 3 fois le rein gauche.
Indépendamment de ces 14 cas de rein lloltant, j'ai rencontré un très grand nombre de rein abaissé, chez la femme surtout. Beaucoup de sensations douloureuses dans les côtés du ventre sont rapportées à une affection ovarienne, alors qu'il ne s'agit que d'un rein déplacé. Le diagnostic entre le rein déplacé etl'ovaro-salpingite n'est pas difficile, lorsqu'on est prévenu de la confusion possible,
10 malades, dont l'infirmité n'était pas intolérable, furent améliorées par l'usage d'une ceinture à plaque destinée à mainlenir te rein en place.
Mais, chez 4 malades, il fallut recourir à une opération: 3 fois à la néphropexie {obs. 286 et 287) et 1 fois à la néphrectDmie(obs.288).
La tixation du rein après la néphropexie ne se maintient pas toujours. J'ai observé, en 1896, une femme de quarante-quatre ans, dont le rein s'était de nouveau déplacé après une néphropexie faite, deux années auparavant, par un chirurgien habile. Chez mes 3 opérés, le résultat de la néphropexie persistait au moment où je les ai perdues de
Obs. 386, — Rein déplacé et douloureux ; néphropexie ; guérùon. — La nommée I'... (Marie), âgée de 25 ans, infirmière Haas le service, se plaint de souffrir du ventre depuis un an. Elle n'a jamais eu ni grossesse, ni fausse couche. Elle est ordinairement bien réglée.
Il y a plusieurs mois, en soulevant une malade, elle aurait ressenti une sorte de craquement dans la région lombaire droite. Depuis trois mois, elle a remarqué l'existence d'une tumeur apparaissant par moments dans l'hypochondre droit.
142 MALADIES DRINAIRBS COMMUNES ADX DEDX SEXES
On lui conseilla l'usage d'une ceinture, mais celle-ci n'a p*
être supportée.
Le 2y juillet 1891, sans cause appréciable, les douleurs sont ^ devenues si violentes pendant les mouvements et les changements de position, que Marie P... est obligée de cesser ses fonctions et de a'aliter salle Gerdy, n' 3.
L'appétit est diminué et les digestions sont pénibles.
Onpeutconstater.parlapalpationducôtédraitde l'abdomeu, l'existence d'uiie tumeur ayant 1g volume et la l'orme du rein. Cette tumeur est douloureuse à la pression. Elle devient surtout apparente dans la station debout longtemps prolongée, tandis que dans le décubitus dorsal elle est difficile à sentir. La palpation de la fosse iliaque droite est aussi un peu douloureuse et provoque des gargouillements. La pression do l'ovaire droit produit des douleurs. Cette femme, qui est trèsnerveusej se déclare dans l'impossibilité de continuer son service et réclame avec instances une'opération.
Le 29 août. Ohloroformisation. Toutes les précautions antiseptiques étant prises, M. Polaillon pratique, dans la région lombaire droite, une incision verticalede huit centimètres environ, partant du bord inférieur de la dernière côte parallèlement au bord externe de la masse sac ro -lombaire. La main d'un aide pressant sur le ventre s'efforça de repousser le rein en arriére du côté de l'incision. Quoique la couche graisseuse sous- cutanée soit peu abondante, le développement considérable des masses musculaires oblige d'opérer à une grande profondeur et rend l'opération assez laborieuse. L'incision a d'ailleurs ouvert de nombreux vaisseaux musculaires que l'on pince successivement. Le rein étant découvert, on le saisit avec une pince de Museux et on l'attire vers la plaie opératoire. Un incise sa capsule, et on fixe l'organe aux muscles en passant dans la substance rénale, à l'aide d'une aiguille courbe, ciuq fils de soie stérilisée, dont les deux bouts traversent les muscles lombaires, des deux côtes de l'incision.
La plaie étant soigneusement lavée à l'eau phéniquée forte, les fils de soie sont modérément sei-rés et noués. Les muscles sout ensuite rapprochés par plusieurs points de suture au catgut. Un drain est placé jusque dans la profondeur, et la
AFFECTIONS OROANIQOEH 143
peau eat suturée avec des crins de Florence. Pansement de Lislei'.
Glace sur l'hypochondre.
Les suites de l'opération sont excellentes.
Rétention d'urine pendant les premiei-s jours qui oblige à sonder. Les urines sont normales, mais très abondantes : 4.000 grammes ie 5 septembre ; 3.5(X1 grammes, le septembre. Puis leur quantité redevient normale.
Le 10 septembre. L'opérée est autorisée à se lever.
Le 32. La cicatrisation est complète.
Le 30. Marie P... est envoyée au Vésinet. Elle continue à souffrii'un peu d'une ovaro-salpingite droite ; mais le rein est fité à sa place normale, et ne gêne plus pendant la station debout, pendant les mouvements et pendant les eflorts.
Ohs. 287. — Rein flotlani ; nêphrnpexie ; ouverture de la plèvre pendtinl t'oiiéralion ; gtii'rison. — Marie C..., âgée de 37 ans, infirmière à l'hospice de Bicêtre, a subi dans mon service, en 1W>2, une ablation des deux trompes et des deux ovaires poiipnne ovaro-salpingite double, très douloureuse, et datant destipt années. Elle a été radicalement guérie, mais, il y a quelques mois, elle a ressenti une douleur dans le côté droit ui portant un lourd fardeau. Depuis ce moment, elle a cooti- Dué à souflrir; les douleurs sont même devenues plus vives et SBioot irradiées dans la région de l'eslomac. On l'a traitée sans succès pour une dilatation de l'estomac.
Entrée K l'Hôtel-Dieu le 27 juillet 1896, il me fut (acile da CiiBsIater que tous les troubles morbides dépendaient d'un reio flottant. Je note, en passant, qu'une de ses sœurs est ilTectée de la même maladie.
LeSaoiit. Néphropexie d'après le même procédé que celui SM j'ai décrit dans l'observation précédente (obs. 286|.
En prolongeant l'incision à la partie supérieure, j'entendis Inijt-à-coup unsifflemeut semblable â celui de l'air qui entre dus une cavité. Le cul-de-sac de ta plèvre venait d'être ou. *ert. Je continuai à appliquer quatre sutures sur le rein avec iesfilsde soie, puis je refermai la plaie.
Un pneumothorax s'était produit- La malade eut d'abord
144 MALADIES DR1NAIRES COMUaNES AUX DEUX SEXES
une grande dyspnée. Mais, dés le second jour, la respiration fut moins géuée, et très rapidement elle reprit son type normal, en mt'nie temps que répancheiiient d'air disparaissait
La plaie se réunit par première iotention.sauldansun point, qui donna issue aux fils de sûie de la suture rénale.
Le 3 septembre. Exeat. L'opéiée conservait encore une petite tislule entretenue probablement par un fil non encore éliminé.
ObS. -'S8. — Nêphrecloniie Iranspérilonéale pour un rein flotlanl douloureux; guM-ton (obs. du Bull, de l'Académie- de médecine, t. XVI, n» 28, p. 29, U! juillet 1886. d'après les détails recueillis par J. Récamier, interne du service). — Maria F-a été bien portante jusqu'à dix-huit ans. A cette époqne, elle dit avoir eu des bronchites successives et des crises d'asthme. En même temps, elle est devenue très nerveuse, très émotive et un peu hystérique.
Vers trente ans, elle i-easentit, d;ins le ventre et dans la région lombaire droite, des douleurs qui disparaissaient dans lo dpicubitus sur le côté droit. Ces douleurs devenaient, au contraire, très violentes pendant la marche, pendant les mouvements et surlout pendant l'actiuu de frotter un parquet. Elle fut obligée de cesser presque complètement ses fonctions de domestique.
Deux ans après, elle vint consulter M. le D' Audhoui, qui reconnut que la cause de ses douleurs était la mobilité du rein droit. Elle resta quatre mois et demi à l'hôpital de la Piiiô, souffrant dans la station debout, soulagée dans la position
(couchée. Après un séjour à l'asile du Vésiuet, elle essaya de se placer comme cuisinière. Mais, peu à peu, les douleurs rénales devinrent si intolérables que la station debout était impossible et que, même dans le décubitus latéral, la malade souffrait encore. En outre, les douleurs provoquaient des vomissements et des accès d'étouffé ment. La malade rentra dans le service de M. Audhoui. Le repos, les antispasmodiques, les narcotiques, les révulsifs, n'amenèrent aucun résultat favorable. Après l'avoir observée, à diverses reprises, pendant — ^^^^ deux années, M. Audhoui arriva à cette conclusion qu'on ii^«
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pourrait la guérir qu'en enlevant le rein mobile et douloureux. Il eut l'obligeance de me l'adresser pour pratiquer la néphrectomie.
MariaF.,. avait alors trente-cinq ans.
Elle entra dans mon service le 7 décembre 1885, Elle était maigre, pâle, dyspeptique, sujette à des spasmes hystériformes. Étendue sur le dos, elle souffrait peu, mais elle ne pouvait plus se lever sans éprouver de violentes douleurs. Elle ne pouvait même pas se remuer daus son lit sans faire reveoir les souffrances. Elle se rendait très bien compte que son rein était la cause des douleurs, et elle avait la sensation des déplacements de cet organe.
En palpant l'abdomen, on trouvait, dans le flanc droit, une tumeur très mobile, ayant la forme et le volume d'un rein normal. Gràceà la laxité et à la maigreur des parois abdominales, on pouvait le saisir et le suivre daus ses changements de place. Tantôt on le perdait sous le foie, tantôt ouïe rencontrait dans la fosse iliaque droite. On le faisait iacilement glisser, par dessus la colonne vertébrale, jusque dans la moitié gauche de l'abdomen et jusquo dans la fosse iliaque gauche.
La palpation et surtout la pression réveillaient dans le rein des douleurs analogues à celles que provoquaient les mouvetnetits de la malade.
Il n'y avait aucune différence de matité dans les deux régions lombaires.
Les urines étaient normales comme qualité et comme quantité.
Les périodes menstruelles étaient régulières. MariaF... réclamait l'ablatiou do son rein. Mais la néphrectomie est une opération si sérieuse que je lui fls prendre patience, afin de me faire une opinion précise sur la nécessité de la pratiquer.
Sous l'inâuence du repos au lit pendant plus de trois mois, aQcuBe amélioration ne se produisit.
Au milieu du mois d'avril, la malade, étant sortie de l'hôpital pour une journée, fut en pi-oie à des douleurs excessives, qai se perpétuèrent les jours suivants.