II. — Plaies contuses
10 cas. — 9 traités ; 1 opéré.
A Tintensité près, les causes des plaies contuses ont été les mêmes que celles des contusions simples. Cependant je dois signaler 3 faits de plaies contuses du pénis par morsure de cheval, de chien et d'homme, à travers le pantalon.
Le pénis a été 5 fois le siège de la plaie contuse, le scrotum seul 2 fois, le scrotum et les testicules 3 fois.
La gravité de la lésion a été très variable. Chez 3 blessés il ne s'agissait que d'une excoriation ou d'une plaie peu profonde. Chez 1 blessé, le frein avait été rompu pendant le coït. Mais chez 6 autres blessés, les lésions étaient beaucoup plus importantes : 1 fois le fourreau de la verge avait été complètement arraché, et 4 fois les testicules se voyaient à nu au fond de ^a déchirure du scrotum (obs. 223, 224 et 290) .
La plaie du scrotum est souvent accessoire dans les grands traumatismes du bassin. J'ai observé en outre des décollements très étendus à la cuisse et à Taine, et 2 fois des fractures multiples des os iliaques (obs. 223 et 224).
11 n'y a pas eu d'hémorrhagie à la suite de ces plaies, sauf dans le cas de la rupture du frein.
La peau du scrotum est très sujette à se sphacéler. Une fois les eschares éliminées, la plaie bourgeonne autour des testicules mis à nu, et une cicatrice finit par les recouvrir. Chez 2 blessés, un des testicules ainsi renfermé dans la cicatrice s'est atrophié (obs. 290).
J'ai suturé les déchirures du scrotum et de la verge, quitte à couper les sutures dès que je voyais les lambeaux se raor-
Lé8]0:4H TRAITMATIQDSR 1B6
tiHer. Dans 1 cas, il a Tiillu fniri^ une autoplastie pour recouvrir le testicule {obs. 221).
Les plaies contuscs lé^rros ont ('U- giu'Tics en une se- '»iiJne. Mais les plaies conluscs ^^nivoii oat mis cinquaQlchuit jours, en moyenne, à se cicatriser.
Obs, 290. — Plaie contute dit icrolum mettant à nu les deux lettieule»; tulure; çu&iton. — Le nommé I)..., Alfred, Agé de ^ ans, charretier, tombe bous sa voiture, de manière à ce 9Ue l'une des roues, après avoir pai^sé sur la région inguinale '''Vite, est venue écraser le scrotum. Il est apporté dans mon ■«rriceleSl aoiitl88l.
S^o. 13. — Arraeliemcnt de la [ii^au du scrutum (U après un dessin de H. Causaade, citerne du semcc )
. Xl n'y a pas de fracture du bassin, ri de la cuisse. La région *^ftuinale droite est fortement contusionnée et infiltrée de gaz. ^^t emphysème ne paraît pas tenir à un commencement de
UALADIE3 DES ORQANES QE.MTADX DE L HOHUE
gangi'èDe, mais à l'introiluctioQ de l'air par une large plaie des bourses.
Le scrotum semble avoir été emporté dans toute son étendue. Les deux testicules sont à nu (fig. 43). Cb qui reste du scrotum forme des lambeaux recroquevillés vers la racinedes bourses. Sur la ligue médiane existe encore la cloison intertesticulaire qui a résisté ainsi qu'une languette de peau. En arrière, la déchirure s'étend irrégulièrement du côté du périnée. Les testicules sont encore recouverts de leur tunique séreuse. Ils paraissent sains.
11 est probable que la peaa du scrotum a élé pincée entre le sol et la roue, pendant que tes testicules étaient refoulés contre le pubis, et que le mouvement de la roue a arraché toute la calotte cutanée des bourses. La plaie ne saigne pas.
Je constate avec satisfaction que les lambeaux de peau peuvent se dérouler et s'étendre assez pour que les testicules soient recouverts. Je pratique donc une suture. Le scrotum, ainsi reconstitué, maintient les testicules très relevés du côté du pubis.
La cicatrisation se fait presque sans suppuration.
Le 22 septembre, le blessé quitte l'hôpital bien guéri. Le testicule gauche présente ses caractères normaux; mais le testicule droit est dur et presque complètement atrophié.
III. — Plaies par inslrumenlx piquants et tranrhanls, 4 cas. — 3 traités ; 1 op6ré.
Elles ont élé causées 2 fois par des instruments pifiuants et 2 rois par des instruments tranchants.
La verge a été le siège des 2 piqûres. Dans 1 des ca?, le fourreau de la verge avait élé seulement atteint ; mais dans l'autre cas, le corps caverneux avait été perforé par un poinçon. Il en résulta une hémorrhagie, qui fut arrêtée par \ îa compression, mais une infiltration sanguine considérable se produisit dans le tissu cellulaire sous-cutané. Le blessé ne piilsorlirde l'hôpital qu'au bout de dix-huit jours.
ours. ^H
LÉSIONS TRAUMATIQUES
Les 2 plaies par instrument tranchant atteignaient, l'une le scrotum, l'autre la verge.
La première avait été faite par un aliéné, qui avait voulu Irancher avec un couteau ses parties génitales pour se suicider. Il n'avait seclionné que la peau et les tissus sousjacents de la partie postérieure du scrotum, eu avant du périnée. Les deux testicules intacts se voyaient dans l'entrebâillement de la plaie, qui fut suturée séance tenante. La réunion immédiate était accomplie, lorsque le blessé fut ioLerné à Sainte-Anne.
La seconde, qui intéressait l'urètlire, nécessita une auloplastie et une urétiirotomie interne {obs. 291).
Obs. 2^1 . — Piaie de l'wrèthre par un instrument tranchant ; fislute etréh'écissement consécutifs ■,urétkroptastieeiuréthfolomie interne; guérison. — D... {François), âgé de 59 ans, journalier, est admis, à THôtel-Dieu, lo 16 juillet 1897. Il raconte que, pendant la nuit deniière, ayant eu une contestation avec une femme dans un endroit retiré du bois de Boulogne, celle-ci chercha à lui couper la vei^e avec un couteau. Elle ue lui fit qu'une plaie & la face inférieure de cet organe, plaie par où s'écoula une assez grande quantité de sang et les urines, lorsqu'il voulut satisfaire à la miction.
fin avant des bourses, à la partie postérieure et inférieure dt) pénis, je constatai une plaie transversale, ayant intéressé la peau et la partie inférieure du corps spongieux de l'uréthre. Le canal de l'uréthre était largement ouvert à sa partie îulérieure, et toutes les urines s'écoulaient par cette ouverture. L'hémoirhagie était arrêtée.
Mon premier soin fut de placer une sonde de caoutchouc dans le canal et de suturer la plaie. Mais le malade, dont les facultés intellectuelles étaient affaiblies, ne comprit pas la nécessité de garder uue sonde à demeure. H l'enlevait souvent, et urinait comme si son canal n'était pas sectionné. Une Hstule pénienne s'établit.
Lo 12 août. Chloralormisation. Avivement de la fistule el de la peau. Suture à la soie. Sonde à demeure. Pansement avec la gaze iodoformée.
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MALADIES DES ORGAXES GENITAUX DE L HOMME
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On fut encora obligé <le luttei- contra l'incurie et U aalet* du malaJe, qui dt^i-augeait son pansement, le souillaitd'ui'îna, et portait coulinuellernent ses mains vers la vfii'i^s. Bref la fistule persista. Eu même temps le canal de l'urêtbre «subissait un rétrécissement cicatriciel .
La S7 septembre. Nouvelle opération. Je décolle la peau autour de la fistule de manière à la (aire glisser au-deyj d'elle et à l'oblitérer par autoplaslie. Sonde à demeure.
I,Q résultat ne lut pas complet. Une très petits liatula sista.
Le malade enlevait souvent sa sonde, et U devenait de plus en plus difllcitede la réintroduire. On fut obligé ds diminuer progressivement son calibre, jusqu'au jour où lecatbétérisme ne fut plus possible. Cependant le malade pouvait encore vidar sa vessie assez complètement, bien que le rétrécissemsat se resserrât de plus en plus.
L'uréthrotomie interne était indiquée, mais la cicatrice avait douné au canal une forme si tortueuse qu'on ne pouvait pas introduire la fine bougie du conducteur.
Enfin, le 8 novembre, cette introduction ayant eu lieu, je pratiquai l'ui-éthrotomie interne, et je plaçai immédiateniint une grosse sonde dans le canal.
Laûstulette se cicatrisa très rapidement.
Le 22 uovenibi'e, François D.-. quitta l'hÔDital complètement guéri ei urinant bien. Mais il a un commencement de ramollissemeDt cérébral, et il esta craindre qu'il laissa rétrécissement sa repi-oduire en négligeant de se aaader.
Ues brûlures lies oi'ganiîs génitaux ne sont représenta que pari fait. Il s'agissait d'une briliire de la verge au premier et au second degré, eliez un cuisinier de treutc-lrois ans, par la chute sur son pantalon d'un vase contenant de la sauce bouillante. H lut guéri en huit jours.
LÉSIONS THAUMATIQUES