‹ Affections chirurgicales du tronc v.2Chapitre 32 sur 48 · XVI. — Tubeixulose tesiiculaire · texte numérisé non relu

XVI. — Tubeixulose tesiiculaire

125 cas. — 89 traités ; 36 opérés. mort.

Si Tépidldymite ou rorchite évolue lentement, insidieuscnient, si elle se perpétue avec tendance à la suppuration et à la formation de dépôts caséeux, le clinicien a peu de chances de se tromper en diagnostiquant une tuberculose testiculaire,

Je suis loin de nier les épididymites et les orchites chroniques simples, causes d'indurations, dont la durée est indéfinie, et causes d'hydroctMes vaginales. J'ai enregistré ces cas dans le chapitre des hydrocèles et dans celui des épididymites. Mais lorsque l'épididyme forme un croissant induré, bosselé, qui enchâsse le testicule plus ou moins sain, lorsque, dans d'autres cas, le testicule forme avec Tépididyme une masse dans laquelle ces deux organes sont comme confondus, lorsque par surcroit le canal déférent, la prostate ou les vésicules séminales sont malades, lorsqu'il y a abcès du scrotum ou fistule donnant du pus chargé de gru-

meaux easécux, on a affaire à une lésion tuberculeuse. La démonstration se complète par la marche de la maladie. Bien que la tuberculose génitale puisse rester longtemps isolée, Taulre testicule se prend, la phimie pulmonaire apparaît, le sujet a eu ou a encore des abcès Iroids, des adénites, des ostéo-arthrites, des tares scrofuleuses.

C'est d'après ces données que j ai établi ma statistique. L*examen microscopique, les inoculations auraient donné une certitude absolue à mes diagnostics. Mais on conçoit que, dans la pratique journalière, ces investigations ne soient pas toujours possibles, La clinique donne une certi^ tude suffisante.

Je n'ai pas trouvé que le testicule droit, plus que le testicule gauche, fût prédisposé à la tuberculose.

L'âge moyen de mes malades était de trente-sept ans. De 15 à 25 ans j'ai rencontré 20 cas de tubercul" testiculaire.

Au-dessus de 66 — 3 — —

Si j'ai observé un plus grand nombre de tuberculose testiculaire (77 cas) pendant les mois de Tautomne et de rhiver que pendant les mois de la saison chaude (48 cas), c'est qu'il s'agit d'un mal chronique, peu douloureux, que les malades supportent plus facilement pendant la belle saison que pendant les jours de froidure, où la vie devient plus difficile.

Dans 58 cas, la tuberculose affectait surtout Tépididyme ; dans 40 cas, le testicule était plus spécialement atteint; dans 27 cas, le testicule et l'épididyme étaient simultanément envahis.

Chez 36 malades, rafîection occupait les deux côtés : 22 fois les deux épididymes. 8 fois les deux testicules et 6 fois les testicules et les épididymes droits et gauches.

Dans la moitié des cas, les lésions tuberculeuses s'étendaient : au canal déférent (18 cas), aux vésicules séminales (8 cas), à la prostate (29 cas,) à la vessie et à Turèthre (7 cas).

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Le canal déféreiil, la proslaUs los vésicules séminales présentaienl une induration caruclérisliquc. Quelquefois il y avail de la blennorrhée. des niiclious douloureuses, des urines teintées de sang.

De toutes les eomplications, !a plus Fréquente est la tuberculose pulmonaire ou laryngée. J'en ai constaté td2 cas chezracs 125 malades, et, dans Icas, l'aireclion pulmonaire avait précédé renvahissement de la glande séminale. Les autres complications bacillaires ont été : 1 rétrécissement tuberculeux du rectum, i listulc à Tanus, 1 ostéite tuberculeuse des métacarpiens, 1 abcès froid de Taine.

Gomme complication locale, j'ai à signaler 20 hydrocélos de la tunique vaginale.

U marche de la tuberculose testiculaire est essentiellement chronique. Les dépôts tuberculeux peuvent rester ^l'état de crudité, presque indéfiniment, soit dans Tépid'dyme, soit dans le ttîslicule. >Iais, sous Tinlluence d'une contusion des bourses (obs. 301). d'une marche forcée, d'un ^^cès vénérien, d'une blennorrhagie, une poussée inflammatoire se déclare, produit du gonflement et de la douleur, et oblige les malades à se soigner, (^es poussées inflammatoi- '^^ se renouvellent à intervalles |)lus ou uiciiis longs. Elles ^^ntplus ou moins aigurs. Apres chacune irelle, le testicule ^^ Tépididyme reste un |)eu plus tuméfié. Enfln, un moment ^l^rive où le tubercule se ramollit et produit un abcès qui ^ Ouvre spontanément ou est incisé.

Sur mes 125 malades, Ut fois la tuberculose revêtait la

*^i*me d'un gonflement inflammatoire non suppuré, plus ou

^oins douloureux et plus ou moins étendu; 31 fois le

^^sticule ou répididyme suppurait en un ou plusieurs

Points ; 15 fois l'abcès était ouvert par une fistule ou par

^Oe ulcération du scrotum.

Toutes les fois que rallection tuberculeuse était localisée ^unseul testicule ou à une seule épididyme, sans propagation au canal déférent, à la prostate, aux vésituiles séminales ou à la vessie, sans lésion tuberculeuse concomitante des poumons ou d'un autre organe, j'ai proposé la castration (obs. 300, n** 1 et 2). Je suis d'avis qu'en supprimant un

MALADIES DES liRliA-JES GÉNITAl'S DE L'HOMME

foyer isolé de bacilles tiui, dans un avenir plus on moins prociiain, vont infecter l'écononiie. on obéit k une indication pres8::nte. Mais les malades se décident difficilement au sacrifice de leur teslicule, à un moment où ce sacrifice serait utile, c'est-à-dire au début de la maladie, lorsqu'ils ne souffrent presque pas, lorsque la suppuration n'est pas forn:iée.

Plus tard, lorsque l'affection tuberculeuse s'est étendue au canal déférent, à la prostalc ou à d'autres organes, la castration a perdu son indication principale. Elle ne sert plus qu'à débarrasser le malade d'une tumeur douloureuse et gênante. Et alors, elle peut ôtre avantageusement remplacL^o par des opérations conservatoires, curettages ou cautérisations, qui sauvent les apparences de la virilité.

J'ai pratiqué 12 castrations. 10 opérés ont été guéris en vingt-trois jours sans suppuration. 1 opéré eut un abcès consécutif, 1 autre opéré eut de la gangrène à la peau du scrotum, accidents qui retardèrent la guérlson.

Dans mes castrations, la ligature du cordon fut le temps qui attira surtout mon attention (obs. 300, 301, 302 et 303). Après l'avoir bien isolé, je le divisais en deux faisceaux que je liais séparément; par dessus cette double ligature, Je liais encore le cordon en masse. Je me suis servi ordinairement de fils (le catgut, de préférence aux fils de soie, parce que ces derniers s'infectent facilement et entretiennent une fistule jusqu'à ce qu'ils se soient éliminés.

J'ai revu un malade que j'avais castré un an et demi auparavant. Jl se portait très bien, avait des rapports sexuels fréquents, et n'avait vu survenir, ni dans le teslicule restant, ni dans un autre organe, trace de tubercules.

13 malades, chez lesquels la castration était contre indiquée par l'extension des lésions tuberculeuses à la sphère génitale ou à la poitrine, ont été soumis à des opérations ' atypiques, consistante inciser les abcès ou les trajets fis- ' tuleux, à nettoyer et à évider les cavernes avec une eu- j relie, à les cautériser soit avec le fer rouge, soit avec le chlorure de zinc en solution au 5"" ou 10°". Ces opérations partielles m'ontsouvcntdo une un cxceUciU résultat. 3fois, les

foyers se sont complëlcincnt cicalrist^s et les malades ootété guéris locaiemenl. 10 fois, ils ont été très améliorés, b tuméfaction ayant diminué et les foyers ne versant prèsfoeplus de liquide purulent.

Gliez 11 malades, Tabondance de Tépancliement vaginal ifi'a obligé à faire une ponction évacualriee.

Mais chez les malades opérés, comme chez les malades où riotervention n*est pas indiquée, le traitement médical a Qne grande importance. Repos, huile do foie de morue et iodure de potassium à fintérieur, emplâtre de Vigo sur le scrotum, pansements avec Tiodoforme, bains sulfureux et bains salés, suralimentation, tels sont les moyens propres i arrêter révolution de la tuberculose testiculaire.

Sur 89 malades soumis exclusivement au traitement médical, 33 sortirent prématurément de Thopitalet n'obtinrent ^ucun résultat favorable ; mais 5() malades, après un traitedc vingt et un jours en moyenne, traitement qu'ils devaient Continuer chez eux, quittèrent le service très améliorés.

Obs. 300. — Deux faits de tuberculose testiculaire isolée \ ^^^tration ; guérison. — 1" Le nommé Jules B..., âgédel8ans, '«iniiste, entre à la Pitié le 4 mai 1880.

Aucune maladie antérieure. Aucun antécédent cancéreux ^^ tuberculeux chez ses parents.

tJn an environ avant son entrée à Thôpital, il constata une Petite grosseur dans le côté droit du scrotum. En quelques jours ^tte grosseur augmenta de volume et s'accompagna d'un peu ^^ douleur et d'une rougeur des téguments. L'état inlflam- ^atoire dura trois semaines, puis disparut ; mais la tumeur Persista sans subir de changement.

Je constate une tumeur, du volume d*un œuf de dinde, ^^.nsla moitié droite du scrotum. Dure, mate, presque indolore ^ la pression, cette tumeur est à peu près régulière, sauf à sa partie antéro-supérieure où existe une petite saillie, de la grosseur d'une aveline, beaucoup moins dure que le reste de *^ tumeur, presque fluctuante. A la partie postérieure du ^cpotum, il me semble sentir une partie de Tépididyme. Sur sa

190 MALADIES DES OROANES tlIÏNITAlIX DE L'HOMME

ftice externe, je crois ti-ouver une petite grofseur de ovoïde, ressemblant à un testicule atrophié. Mais ces deux organes, épididyme et testicule, sont couTomlus dans tout le reste de leur éteudue.

Le canal déférent et la prostate sont sains. Les poumons ne présentent aucun signe de tubercules, si ce n'est un peu de matité â droite et eu arriére. Mais le malade n'a pas maigi'i. ne tousse pas et ne crache pas de sang. L'autre testicule est indemne. Il est donc indiqué d'enlever le testicule droit, qui parait être l'unique loyer tuberculeux.

Le 13. Chloraforraisation. J'incise la peau suivant le grand axe de la tumeur, qui se laisse disséquer assez facilement. La pointe du bistouri ouvre la saillis antéro-supérieure, d'où s'écoule un pus cremeux. Le cordon, bien isolé, est divisé en deux faisceaux, que je lie séparément avec des fils de catgut, puis je lie encoi-e le bout coupé des artères. Suture de la peau avec dix points en SI d'argent. Pansement do Listet' ouaté.

La partie supérieure de l'incision se réunit par première intention. Sa partie inférieure suppura un peu, et les bords de la peau se mortifièrent.

Le 8 juin, l'opéré sortait guéri.

A la coupe, la petite saillie, située en haut, était un abcès rempli de pus, paraissant formé dans la tête de l'épididynie, qui n'est pas altérée dans la reste de son étendue, La tumeur latérale est aussi un abcès et non pas le testicule. Ce dernier (orme la plus grande partie de la masse morbide. Il est îofilti'é de pus blanc jaunâtre. On trouve, en outre, à sa partie sapérieure et postérieure, une cavité anfractueuse, communiquant avec l'abcès supérieur, et contenant de la matière grumeleuse et caséeuse.

2" Léonard C..., âgé de 38 ans, frappeur, est admis à la Pitié le 21 décembre 1881.

Antécédents héréditaires nuls : son père est bien portant ; sa mère est morte en couches.

Antécédents personnels nuls, sauf une dothiénentérie avec

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fluxion de poitrine il y a viii};t-lmit ans. Depuis, l)onno santû. le malade ne tousse pas. Jamais d'hénioptysies. I)i«^stiouH normales. Appétit. Pas (l'aiuaifj:i*isseinont.

Ilyadeux mois et demi, le malifio s'aperçut accideutellemwt, à la suite d*un effort, «l'un gonflement du tostitule jiauche. Le testicule était plus volumineux j^uo l'autre, mais sans douleur et sans rougeur du scrotum. Sa consistance était dui'C, et sa surface était légèrement bosselée. Le malade mit des cataplasmes en permanence.

Dans le courant de novembre, la partie supt'rieure do la tumeur se ramollit, et la peau s*cufiamma. Lo reste do la tumeur conservait sa consistance, et s accroissait presque insensiblement en restant toujours indolore.

L'état };énéral, excellent jusque-là, se troubla un peu : perte d'appétit, faibles9e, inquiétude, tristesse. Néanmoins le malade continuaàtravaiUer Jusqu à son entrée à Thôpital.

Vers le 15 décembre, un abcès se fit Jour au dehors. Il donna du pus «grumeleux, fétide, peu abondant.

Le 21. A rentrée du malade, je constate que le testicule droit est normal. Le testicule gauche a une consistance dure. Son volume est légèrement augmenté et sa sur^xce est bosselée. L'épidi(]yme coiffe complètement le testicule; sa tète, très volumineuse, empiète sur son bord antéi*ieur. Elle est ramollie, flttctuanto. La peau présente un petit orifice infundibuliforme P^r lequel s'ccoule une matière jaunati'O, mal liée. Le reste del'épididyme est gonflé. Sa surface est irréîzulièi'e, mais ne présente pas de points ramollis. La pression n'est pas douloureuse.

Lo canal déférent est un peu «rros, sans présenter l'aspect °^<^nilifornie ordinaire a reuvahissoment tuberculeux.

Le toucher rectal pei^met de constater l'intégrité absolue de 1^ prostate et des vésicules séminales.

L'état général est bon. Les fonctions digestives sont nor- ^^les. Les poumons sont absolument sains.

Le 4 janvier 18S2. Chlorolormisation. Double incision courbe citXîonscrivant la peau malade sur le grand axe du scrotum. Dissection des enveloppes du sci'otum. Knucléation de la tumeur. Ligature du cordon, d'abord en masse, puis au

même niveau en deux faisceaux, avec àea fils de catgut. Suture métallique des téguments. Pansement de Lister.

Le !l. Un peu de sphacéle des lèvres de la plaio.

Le 15. Suppuration modérée de l'incision. Le lond delà plaie, au niveau de la section ducordoa, s'est l'éuoi par première intention.

Fis. 44. — Coupe montrant dana l'épididjine des ioQltrations ramolUca et das cavernules, et, dons le testicule, des graoulations tuberculeuses. (Dessin par M. Ménager, exttrne du service,]

Le 31. L'opéré quitte le service. Son état général est très bon. Toujours aucune lésion pulmonaire.

L'cxametl anatomo-pathologique a montré : dans la tunique vaginale, un léger épanchenient de liquide huileux; dans l'épididyme, une grande quantité de foyers tuberculeux, à divers degrés de ramollissement; dans le testicule, quelques nodules tuberculeux à l'état de crudité (fig. 44).

Obs. 301. — Tuberculose du testicule droit ; castration ; gu^rison. — A... (Georges), âgé ieSOans, peintre, est d'une constitution assez faible, chétive même. Pâle, maigre, osseux, il a

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la figure d un homme fatij;ué. Ses pommettes sont saillantes et pilles. Ses traits sont tirés. Sou teint est terreux. Cependant le malade, interrogé sur ses antécédents, n'accuse aucun sigae de tuberculose, aucune maladie de même nature du côté de ses parents. Autant que sa mémoire peut l'aider, il De se rappelle avoir eu ni pleurésie, ni pneumonie, ni avoir souffert du côté des voies dij?estives. Mais il a eu des engorgements {ganglionnaires dans faisselle et au cou, et il a souffert en même temps d'une conjonctivite. Ces engorgements ont suppuré. Toutes affections qui indiquent une diathése scrof uleuse.

Il y a deux mois, le 10 février 1883, le malade reçut un coupsur les bourses, coup assez violent pour nécessiter une cessation de travail. Le lendemain, il ressentit, dans raine,des douleurs prurigineuses et aperçut une petite tuméfaction sur le testicule. Depuis loi*s, ce dernier s'est induré et a augmenté sensiblement de volume. Des douleurs lancinantes se sont fait sentir sur le trajet du cordon. Peu de jours après, le testicule avait acquis la grosseur qu'il possède aujourd'hui, celui d'un gros œuf de poule.

Souffrant et se trouvant dans l'impossibilité de travailler, ^^gpissant tous les jours, le malade se décida à aller consulter, et, sur ravis d'un médecin, se traita* comme pour une orchite : pommade d'iodure de plomb, pommade mercunelle, bains, cataplasmes, etc., etc.

^^'inefficacité de ces remèdes et la cherté des soins médi- ^ux le forcèrent à entrer à l'hôpital le avril 1883.

^ lendemain de son entrée, la tumeur est examinée avec soin. Le testicule malade est beaucoup moins douloureux à 1^ pression qu'au début. On trouve, dans la partie droite des bourses, une tumeur du volume d'un gros œuf de poule, dure, assez lourde, présentant de nombreuses inégalités. Cette tumeur est bien limitée et ne se prolonge pas dans le cordon spermatique. Elle forme deux parties assez distinctes : Tune en avant, ronde, un peu résistante, n'est probablement que lo testicule recouvert par un léger épanchement dans la tunique vaginale, l'autre en arriére, englobant la première dans sa concavité, plus bosselée, est l'épididyme altéré. La (èto do p. — T. 11. i.'î

j94 maladies des organes génitaux de l'homme

répididyme est grosse, bosselée. Près du raphé médian, en haut et en avant, ou voit Torifice d'une petite fistule, qui s'est formée depuis quinze jours et par laquelle s'écoulent sans cesse quel(j[ues gouttes de pus. Cette fistule correspond à un point ramolli de la tète de répididyme. La queue parait presque saine à la palpation, et se trouve représentée par une petite masse molle et indolente en bas et en arrière du testicule.

Le testicule gauche est normal. Le toucher rectal fait recon naître que la prostate et les vésicules séminales sont absolument saines.

Le cordon spermatique du côté malade n'est pas induré.

L'auscultation ne révèle pas de tubercules dans les poumons. Aucune hémoptysie à signaler. La respiration est cependant dure et soufflante au sommet droit et en arrière.

On a donc affaire à une tuberculose localisée au testicule droit, ayant débuté comme une orchite franche.

Le 9 avril. Une incision longitudinale sur la face antérieure du scrotum coupe le crémaster et la tunique fibreuse, qu'on sépare de la tumeur. Après une dissection minutieuse, qui fut prolongée assez haut sur le cordon, M. Polaillon place sur celui-ci trois fils de catgut : l'un lie la partie antérieure du cordon, l'autre la partie postérieure, et le ti'oisième, plus fort et plus résistant que les deux autres, sert à faire une ligature en masse. Puis le testicule est enlevé en entier avec répididyme. La plaie, lavée et nettoyée avec de l'eau phéniquée au vingtième, est fermée au moyen de six sutures en argent. Dans la plaie sont placés deux drains. Pansement à l'acide borique.

Réunion immédiate.

Le 8 mai. Exeat. L'état de l'opéré est très satisfaisant.

Examen microscopique. Les pièces ont été traitées successivement par l'alcool, l'acide picrique et la gomme (séjour de vingt-quatre heures dans chacun de ces liquides).

Les coupes ont porté sur le testicule, la tète et le corps d répididyme.

Testicule. — Épaississement considérable de la tunique albizginée. Quelques nodules tuberculeux périvasculaires sans

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pseudo-cellules ;xéaiites. nyp(*rtn)phi(î «le la substance iiitertubulàiro attei^xiiant, on ('(M'taiîis points, uno lon^aieur double decnlledes tubes. Dans ces travées inliltration iréléinents emi^i'voplastiques et Iibn)-plasti(iu<'s volumineux, mais pas traces Q'éléiiients tuberculeux.

La paroi propre des tubes a disparu, enjzlobéedans le processus de néo-forniatioD conjonctive Le diamètre des tubes est environ le tiers <le celui de Tétat normal. Leur cavité est remplie, en partie par de l'épithélium ^M'anuleux et on voie de desquainatîon,eu partie par des amas ou coa^^ulations granulo-fibriûeuses. Ces amas occupent on quelques points toute la cavité ^u tube et se confondent à b'ur jiéripliérie avec les travées conjonctives. Mais, sur la plupart des tubes, ils n'en occupent Q"© la lumière, et se présentent sous forme de plaques, à contours irréguliei*s, formées d'une substance granuleuse coloree en jaune par Tacide picriquo. Dans cette substance on trovive disposés, en nombre variable (10 à 40 suivant les points; et d'une fa<;(m irrégulière, des noyaux volumineux avec un ou deux nucléoles. Ces noyaux, fortement colorés par 1^ Carmin, semblent très probablement provenir de Tépithéliuna. Comme lui ils sont,en quelc^ues points, en voie d'atrophie. ^ V'/ô de Vépididyyne. — Au niveau do la tùte de Tépididyme, ^a Coupe porte sur une caverne remplie de matière granuleuse, daus laquelle on distingue des amas avec des noyaux analogues à ceux que nous venons do décrire. XjSl trame conjonctive Pï*ésente la même hypertrophie. Les tubes séminiféres ont dis- P^i*ii par la formation des cavernes.

Au ni veau du corps de l'épididyme nous avons à signaler *^ même hypertrophie des éléments conjonctifs, mais caï'actérisée par un grand nombre de nodules granuleux, pla- ^s les uns sur le trajet des vaisseaux, les autres sur celui ^®s tubes séminiféres, et différant dans les vaisseaux et dans l^s tubes. Les premiers, en eff'et, contiennent des leucocytes ^^ lieu des noyaux d'oi-igine épithéliale qui obstruent la lumière des seconds. Tous les deux cependant, vaisseaux et ^^bes, présentent, dans leur centre, les coagulations indiquées plus haut et, à la périphérie, une zone de petits éléments tu- ^l'culeux*

En résumé, hypertrophie et tuberculose de la tuiiique albuginée, sclérose simple du testicule ayant produit Tairophie des tubes, la chute de l'épithéliura et sa dégénérescence granuleuse, sclérose et tuberculose vasculaire, tubercules de Tépididyme.

Obs. 302. — TuhercV'Iose testiculaire latente ; orchite et épididymite aiguës avec vaginalite suppurée à la suite d'un cathété^ risme ; castration ; guérison, — T... (François), âgé de 56 ans, entre le 5 mars 1884.

Sa mère est morte d'un « chaud et froid » après sept m(»is de maladie. Son père est mort à un âge avancé, ayant eu des douleurs rhumatismales.

Habitant d'abord la campagne, puis Lyon, le malade a travaillé dans différentes villes de province. Enfin, arrivé à Paris en 1844, il s'emploie comme maçon plâtrier. Le métier est fatigant, mais assez rénumérateur pour qu'il se nourrisse et se loge convenablement. Il reste célibataire. Il n'a jamais eu de blennorrhagie, ni de syphilis. Pas d'excès alcooliques marqués, mais un peu de dyspepsie des fumeurs. Rhumatismes musculaires. Douleurs névralgiques, traitées à l'hôpital de Saint-Denis, en 1872.

Depuis quatre ou cinq ans, rhumes fréquents et de longue durée, avec des crachats sanglants.

Depuis deux ans, difficultés à uriner. La miction s'accompagne d'une sensation de brûlure dans le canal et d'un peu de picotement au niveau du col. Quelquefois l'urine sort involontairement, mais sans besoin fréquent.

Le 3 février dernier, à la suite d'un flux hémorrhoïdaire abondant, il eut de grandes difficultés à uriner. Transporté à l'Hôtel-Dieu, dans le service du professeur Lefort, il y resta sept jours. On le sondait matin et soir. On lui donna une sonde en lui recommandant de se sonder lui-même chaque jour.

Déjà, à rHôtel-Dieu, il avait de temps en temps quelques élancements dans les bourses. Bientôt les douleurs s'accentuèrent. Le scrotum se tuméfia rapidement, et la peau rougit. Le malade signale qu'il avait, au début de ces accidents, à gauche de la verge, sur la partie antérieure et supérieure du scrotum,

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^He petite induration doulourouse et roulant sous lo doiîjçt. liinflamniation du scrotum au^zmcntant do plus en plus, -^- •. (François) se fait adniett!*e à la Titié le 5 inai's 18S4.

t-e scrotum est tuméfié, rou^e, avec de^^quamationde Tépiderme. A sa partie médiano et inférieure, petite ulcération ^^issant écouler un peu do pus. Le coté diiût des bourses ^st surtout le siège du gonflement, qui s*étend cependant sur 1^ plus grande partie do la moitié gauche du scrotum. ÏjSl P^au est chaude et notablement épaissie. La délimitation des ^^sticules est difficile et à droite il ost impossible de la sentir. Cependant, à la partie inférieure et postérieure, il semble que ^^ douleur à la pression est celle du testicule lui-même quand ^1 est comprimé. Toute la partie antérieure du scrotum, à d roite, est fluctuante.

Mon diagnostic fut : inflammation aigué de 1 epididyme et du testicule probablement tuberculeux, provoquée par le ca- "tliétérisme, suppuration do la vaginale et issue du pus par un orifice fistuleux.

Le 6. Je constate une hypertrophie simple de la prostate. Le 8. Chloroformisation. Un stylet pénétre pi-ofondément dans le scrotum. Issue de tissu testiculairo. Une incisir>n Hvec le thermo-cautére d(mne une grande quantité <le pus collecté dans la tunique vaginale. Lo testicule droit paraissant très compromis, je me décide à pratiquer son ablation. Ligature du cordon avec deux fils de catgut. l'ansenient ouvert, laissant béante la loge qui contenait le testicule. Un fil ^'argent est seulement placé à la pai-tie supérieui'** [x^ur retenir les deux lèvres de l'incision.

Aussitôt après Topération, je fends la tumeur et je trouvai cinq noyaux tuberculeux dans lépidi-lyme, confirmant ledia- Snostic qui avait été porté le premier jour*.

On est obligé de s^^nder le malade |>^;ndant les deu x premiers jours. L'auscultation ne révèle aucune alU^nle de- poum'^n^-. La plaie guérit rapidement, par suppuration, '•ou- le parj^e- ^ent de Lister. Pas de fièvre. Lapp«':liiet U:-i'*jrcM% ■■/: prièrent.

l«e 15. Réveil dt^sancieijner d'^uleur^î rhuf/jaii-.fnaleîî. Il y :

un peu de douleur non localisée et variable dans la jambe gauche.

Le 16. Épanchement léger dans le genou gauche.

Le 7 avril. T.. va à Vincenues. 11 a une induration légèrement douloureuse de Tépididyme gauche, induration qui est certainement tuberculeuse, mais qui ne me paraît pas nécessiter une intervention pour )e moment.

Obs. 803. — Tuberculose testiculaire dfs deux côtés ; caslraiion faite successivement à gauche et à droite; guérison. — Le nommé D... (Charles), âgé de 28 ans, domestique, a été castré, le 10 novembre 1894, pour une tuberculose de Tépididyme et du testicule gauche. Il entre à l'Hôtel-Dieu, le 16 novembre 1897, en demandant instamment que je lui enlève le testicule droit, qui lui cause des douleurs intolérables.

En effet, ce testicule et son épididyme forment une masse bosselée, adhérente à la peau du scrotum. Celle-ci est indurée et présente plusieurs ouvertures fîstuleuses. Un pus caséeux s'écoule des fistules. La palpation du scrotum fait beaucoup souffrir. La moindre pression provoque des crises douloureuses. Le patient ne peut marcher. Il se tient couché sur le dos, les jambes un peu écartées, afin que son scrotum ne subisse aucun contact.

Le cordon ne me semble pas tuméfié, mais la prostate et les vésicules séminales présentent quelques bosselures indurées. Les poumons sont sains. L'état général est bon, sans autres manifestations de la tuberculose.

Pour ne pas priver le malade du dernier vestige de sa virilité, je lui proposai d'ouvrir les abcès, de les curetter et de les cautériser avec le chlorure de zinc ; de tenter, en un mot, la conservation de son testicule. Mais il refusa toute opération palliative.il insista pour que J*organe, qui lui causait des douleurs excessives et qui Tempêchait de gagner sa vie, fut radi calement enlevé.

Le 19. Castration d'après le procédé ordinaire, pendant la chloroformisation. La ligature du çprdon provoqua une érection très ferme et persistante,

Pendant la nuit qui suivit ropération, D... (Charles) eut un rêve erotique avec éjaculation.

Réunion immédiate de la plaie.

Le 10 décembre. Exeat.

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