‹ Affections chirurgicales du tronc v.2Chapitre 4 sur 48 · VI. — Fissures à Canus · texte numérisé non relu

VI. — Fissures à Canus

pr ^«o \ 25 hommes : i trailés, 21 opérés. ) ^ , 60 cas { tA ù j ir, i mort.

} 41 femmes : 1 — 40 — )

La constipation, plus habituelle chez les femmes que chez les hommes, explique pourquoi les premières sont, plus souvent atTcclées de fissures à l'anus que les seconds.

La jeunesse et Tâge mûr y prédisposent.

De 15 à 25 ans, jai observé 21 fissures De 2() à 35 — — 23 —

De 36 à 45 — 13 —

Au-dessus de 46 ans, — 9 —

Les excoriations ot les ulcérations des hémorrhoïdes dégénèrent très facilement en fissures. C'est dire que les hémorrhoïdes comptent parmi les causes prédisposantes les plus efficaces. 17 de mes malades avaient, en même temps que leur fissure, des hémorrhoïdes procidentes. Presque tous avaient eu des fluxions hémorrhoïdaires.

La déchirure du périnée (1 cas), la syphilis (2 cas), tous les écoulements leucorrhéiques et blennorrhagiques '3 cas) qui en s'échappanl de la vulve vont irriter Tanus, peuvent être rangés parmi les causes prédisposantes.

Mais la cause prochaine de la fissure est le traumatisme de la muqueuse anale par le passage de matières fécales trop dures cliez les gens constipés. Une petite déchirure se produit d'abord, puis la plaie, rouverte, souillée et irritée par de nouvelles défécations, ne se cicatrise pas. Un ulcère s'établit et devient le siège de douleurs.

L'ulcère a ordinairement la forme d'une petite fente située entre deux plis de Tanus. Plus rarement, c'est une ulcération irrégulière, sur la saillie d'une hémorrhoïde. Les bords de l'ulcération sont rouges, non saillants. Son fond est sec, sans suppuration, et saigne facilement.

La douleur est le caractère principal de la fissure à l'anus. Le bol fécal la fait apparaître et lui donne une intensité variable, qui va quelquefois jusqu'au paroxysme le plus aigu.

Chez 31 de mes malades, la douleur n'était vive qu'au moment des garde-robes ; elle s'éteignait peu à peu après elles et, l'accès une fois passé, ils pouvaient se livrer à leurs occupations habituelles. Mais chez 35 autres malades, la douleur durait pendant une, deux ou plusieurs heures après la défécation ; quelquefois même elle était continne. Les premiers avaient une fissure tolérable, sans contracture du sphincter, sans irradiations névralgiques. Les seconds souffraient d'une manière intolérable non seulement pendant le passage des matières fécales, mais encore pendant les efl'orls pour soutenir le moindre fardeau, pour éternuer, pour tousser, même pour marcher et se tenir debout. Ils comparaient leurs soulTrances à un éclatement de l'anus, à la brûlure par un fer rouge. Souvent la douleur se propageait dans le bassin du côté de la vessie et du côté des lombes. Les contractions spasmodiques du sphincter, ou sa contracture, venaient encore exaspérer la douleur.

Gomme les crises se renouvellent à chaque défécation, les malades redoutent tellement l'accomplissement de cette fonction, qu'ils la retardent le plus possible et se priveni même de manger pour ne pas avoir de selles. Il en résulte assez rapidement une altération de la santé et un nervosisme qui viennent compliquer la maladie.

La douleur excessive des fissures à l'anus tient à une altération des filets nerveux sous-jacents à l'ulcération. Cette altération parait êlre une névrite.

Par action réflexe, la douleur produit la contraction spasmodique du sphincter. En examinant l'anus on voit qu'il est très resserré et comme attirô en haut. Si l'on tente le toucher rectal, non seulement on fait souffrir alrocement, mais on provoque la contracture exagérée du sphincter qui se durcit sous le doigt.

Modifier la plaie fissurairc et faire cesser la contracture du sphincter, tel est le double but que le traitement doit réaliser. On n'y parvient que par une action chirurgicale, qui comprend deux procédés, la section du sphincter ou sa dilatation forcée. C'est à ce second procédé que j'ai toujours eu recours.

RÉGION ANO-RECTALK

Chez 61 malades, que j'avais endormis à l'aide dn chîoroforme, car l'opération est très douloureuse, j'inli-oduisais dans le rectum soit un spéculum vaginal, soil un dilatateur à deux brandies, puis je retirais l'instrument largement ouvert, de maiiii^re à exténuer les fibres du sphincter. Quelquefois je renouvelais l'introduclion de l'instrument coup sur coup pour faire la dilatation forcée deux fois de suite- Après cette manœuvre, le sphincter reste inerte, la muqueuse est éversée au dehors, la fissure est agrandie, car elle a subi une sorte d'éclatement. Il ne reste plus qu'à faire un pansement, en introduisant dans l'anus une mèche de gaze iodoforméc, induite de vaseline belladonée, et en appliquant sur la région anale des compresses imbibées d'eau boriquée ou de liqueur de Van Swieten très diluée. En une semaine, en moyenne, mes opérés étaient guéris. Je n'ai observé que 1 cas de récidive de la fissure après une première dilatation. Je fis une seconde dilatation qui fut suivie de succès.

La dilatation forcée et biusque semble agir de la manière suivante ;l''elle modifie laplaie flssuraire en l'agrandissant et en produisant sur les nerfs altérés une sorte d'attrition ou d'élongation; 2" elle distend et déchire les libres du sphincter de manière à suspendre leurs contractions, mais surtout elle provoque, par action rétlexe, la paralysie momentanée du muscle.

4 malades n'ont pas été opérés. Us ont été améliorés par un traitement médical avec des applications narcotiques et émoUientcs, mais ils n'ont pas été guéris.

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