‹ Affections congénitales. maladies des bourgeons de l'embryon, des arcs branchiaux et de leurs fentesChapitre 56 sur 235 · Streckeisen, loco cit · texte numérisé non relu

Streckeisen, loco cit

140 KYSTES DERMOÏDES ET MUCOÏDES

n’était limité à ce siège. Un kyste volumineux observé par Gruber ne faisait aucune saillie du côté de la bouche ; bien qu’il s’étendît transversalement d’une glande sous-maxillaire à l’autre, il n’était apparent qu’à la région sus-hyoïdienne ; mais la poche n’en pénétrait pas moins à travers le raplié médian qui sépare les deux muscles génio-hyoïdiens et les deux génio-glosses. Gross a aussi vu un kyste médian sushyoïdien ne faisant aucune saillie du côté de la bouche, mais se prolongeant néanmoins dans l’intervalle des génio-hyoïdiens. On voit, d’après ces exemples, que les kystes qui paraissent sous-cutanés sont en réalité profondément placés : ce caractère leur est commun avec ceux de l’orbite, de la surface du crâne, de la glabelle, du bregma et de l’inion, qui sont sous-musculaires ou sous-aponévrotiques.

Hadden 1 a observé, d’autre part, un kyste du dos delà langue, situé en arrière des papilles caliciformes, chez un enfant de quatre mois. La muqueuse de la langue était soulevée par la tumeur. Mais on ne peut tirer aucune conclusion de ce fait, rapporté très brièvement, en ce qui regarde le siège exact du kyste : on ne sait pas à quelle profondeur il pénétrait dans l’épaisseur de la masse musculaire de la langue.

Toutes les fois que, pendant l’opération ou à l’autopsie, on a pu examiner attentivement les rapports de la tumeur avec les muscles, on a constaté qu’elle pénétrait dans l’intervalle des muscles génio-hyoïdiens ou génio-glosses. Suivant qu’elle est plus ou moins développée, elle reste comprise entre les deux muscles, ou bien elle dépasse leurs limites. Dans ce dernier cas, la poche se trouve comme étranglée à sa partie moyenne par une sangle musculaire. Elle naît donc dans le plan médian de la langue et elle se développe dans le raphé fibreux ou celluleux qui unit les deux moitiés symétriques de sa masse musculaire. Cette donnée ressort de toutes les observations dans

1. I-îaddcn, Ti'ans. of the pathol . Soc. of London, 1886, vol. XXXVII, p. 226.

MÉDIANS DE LA LANGUE

lesquelles les rapports anatomiques ont été établis avec précision. Nous l’avons relevée vingt-cinq fois sur trente-sept cas.

Streckeisen commet une erreur en rattachant en quelque sorte par sa classification tous les kystes dermoïdes et mucoïdes sus-hyoïdiens à l’os hyoïde. Les kystes dermoïdes, il est vrai, ont souvent, ici comme dans les autres régions, des connexions avec les os; mais l’os hyoïde est loin d'être toujours en cause ; il l’est même moins fréquemment que le maxillaire inférieur. L’adhérence à l’os hyoïde est notée par Verneuil1 dans une observation publiée à la Société anatomique en 1872; elle l’est de nouveau dans les faits de Barker2 3, de Sutton11, ce qui fait un total de trois cas. Nicaise, Combalat, Dardignac, Guinard, ont trouvé une adhérence de la paroi kystique à la symphyse du maxillaire inférieur ; Gosselin constata une adhérence non avec l’os lui-même, mais avec les insertions du muscle génio-glosse , ce qui est cependant à peu près la même chose. A ces cinq observations nous devons ajouter celle d’un jeune garçon opéré par nous (Y. obs. VII), ce qui fait en somme six adhérences à la symphyse maxillaire sur trente-sept cas. Lorsque le kyste est suppuré, des adhérences peuvent se former secondairement avec les parties molles, et spécialement avec le raphé médian. On doit interpréter de cette manière quelques faits, comme la première observation de Verneuil, dans lesquels le kyste se trouve adhérent sur une grande étendue." En résumé, le plus souvent il n’y a pas d’adhérence osseuse, et la facilité avec laquelle se fait l’énucléation du kyste éloigne toute idée d’une attache quelconque ; il en était ainsi chez un enfant d’un an que nous avons opéré et dont l’observation est rapportée dans la thèse de Géhé (1882). La tumeur siégeait à la face inférieure de la langue et occupait les deux tiers postérieurs de cette face. Déjà apparente au moment de la

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