‹ Affections congénitales. maladies des bourgeons de l'embryon, des arcs branchiaux et de leurs fentesChapitre 91 sur 235 · Virchow, Archiu f. path. anat., Bd. XXXII, s · texte numérisé non relu

Virchow, Archiu f. path. anat., Bd. XXXII, s

étant d’ailleurs normal ou plus ou moins mal conformé. On peut, d'après cela, affirmer, au moins pour les trois derniers exemples, que la fistule appartient à la première fente branchiale, et ce sont les rapports de ces fistules sus-hyoïdiennes avec l’oreille qui nous ont conduit à leur donner une place à part.

FISTULES BRANCHIALES DE LA RÉGION S OU S -H Y O ï D I EN N E

Les fistules branchiales sous-hyoïdiennes se divisent en deux variétés : 1° fistules médianes ; 2° fistules latérales.

1° Fistules médianes. — Il n’y a pas à revenir sur ce qui a été dit précédemment des fistules consécutives à l’ouverture extérieure des kystes thyro-hyoïdiens. Rappelons seulement que le fait exceptionnel de Heschl (V. p. 173) est un exemple de fistule branchiale proprement dite située sur la ligne médiane au-devant du larynx. Dans ce cas, en effet, le kyste semble s’ètre développé secondairement par rétention des produits sécrétés dans le trajet fistuleux.

Nous avons observé une fistule médiane borgne externe dont l’orifice s’ouvrait au-devant du cartilage cricoïde (Y. obs. XVII). Mais un stylet introduit dans le trajet, à une profondeur de trois centimètres, se dirigeait vers le côté droit du cou, en dehors du cartilage thyroïde* de sorte que la fistule, quoique médiane par la situation de son orifice, appartenait en réalité à la moitié droite du cou.

Arndt1 a rencontré sur un sujet âgé de dix-huitans et demi, de complexion faible, demi-idiot, une malformation du cou tenant à la fois de la nature des fissures et de celle des fistules. On voyait au-devant du larynx, sur la ligne médiane, un sillon vertical, d’aspect cicatriciel, long de deux centimètres, large de cinq millimètres en haut, de deux millimètres en bas, et profond

1. Arudt, Berliner Klinische Wochenschrift , 1889, q° 30, et K. Kostanecki et A. Mielecki, Die Angebornen Kiemenfisteln des Menscken : Archiv f. path. anat., juin 1890.

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d’un à trois millimètres. Chacune des extrémités de ce sillon était le point de départ d’un trajet' fistuleux : laiistule inférieure admettait un stylet d’un demi-millimètre d’épaisseur sur une longueur d’un centimètre de haut en bas ; la fistule supérieure, plus étroite, ne laissait pénétrer qu’une soie de porc, et seulement à un ou deux millimètres de profondeur. Mais, de plus, un cordon saillant s’étendait depuis l’extrémité supérieure du sillon prélaryngé jusqu'au menton. Au toucher, ce cordon semblait contenir une cavité; le fait ne put être vérifié, la fistule étant trop étroite pour laisser pénétrer un instrument. Les deux fistules précédentes sécrétaient une petite quantité de liquide. Arndt rappelle un fait analogue de Luschka1.

Kostanecki et Mielecki2 attribuent les fistules congénitales du cou, médianes ou latérales, à un trouble survenu dans l’occlusion du sinus précervical. C’est la théorie de His. Quant aux malformations plus complexes observées par Luschka et Arndt, elles sont dues à un développement tardif et irrégulier des arcs branchiaux. Les deux épaississements branchiaux qui recouvrent le sinus cervical comme un véritable couvercle, étant retardés dans leur évolution, s’unissent d’une manière incomplète et irrégulière sur la ligne médiane. On peut, avec Bl. Sutton3, établir un rapprochement entre les fissures ou les fistules médianes du cou et les solutions de continuité de même nature que l’on rencontre sur la voûte palatine, sur les lèvres, sur le sternum, etc. Nous avons, du reste, rapporté un cas de fistule congénitale présternale chez un sujet qui portait en môme temps deux kystes dermoïdes médians du cou, de telle sorte qu’on pouvait le rattacher au chapitre des fistules aussi bien qu'à celui des kystes (V. obs. IX, p. 190).

2° Fistules latérales . — Les fistules de la région sous-hyoïdienne latérale, c’est-à-dire de la région limitée en dehors par

1. Luschka, Archiv f. physiologische Heilkunde, Bd. VII, 1848.

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