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ANATOMIE PATHOLOGIQUE ET PATHOGÉNIE

- Fissure de la lèvre. — L'examen des faits démontre clairement que la fissure fronto-maxillaire suit un trajet constamment identique en ce qui concerne les parties molles. Ce trajet n'est autre que celui de la fente fronto-maxillaire de l'embryon. Albrecht avance que le bourgeon nasal externe, au lieu de s'arrêter au niveau de l'aile du nez, comme His le soutient encore, descend jusque dans la lèvre supérieure et contribue à la former. Or la comparaison du bec-de-lièvre commun avec la fissure fronto-maxillaire fait voir que le premier divise la lèvre à la limite de la gouttière médiane, tandis que la seconde siège à quelques millimètres plus en dehors. La portion de lèvre intermédiaire aux deux fissures représente justement ce que la théorie d'Albrecht attribue au bourgeon nasal externe (V. fig. 17, 29 et 30). Si on admet, au contraire, l'ancienne théorie de Goethe, on ne peut expliquer pourquoi les deux fissures ont un siège anatomique diff"érent, alors que l'embryologie les place au même point et les confond entre elles. Fissure osseuse. — Jusqu'à ces dernières années, on ne s'était pas attaché à déterminer le siège anatomique de la fissure fronto-maxillaire sur le squelette. On ne savait ni dans

que] intervalle alvéolaire elle passait, ni comment elle divisait le maxillaire supérieur pour pénétrer dans les fosses nasales en arrière de l'os intermaxillaire. Les observations et les figures de Pelvet, de Guersant, de Hasselmann, font déjà ressortir un premier fait : la fissure a un trajet direct depuis le bord alvéolaire jusqu'à l'orbite, et ce trajet n'a aucun rapport avec la suture qui unit normalement le maxillaire supérieur au squelette du nez , spécialement au niveau de l'apophyse montante.

Pelvet décrit, au-dessous de la ligne cicatricielle de la peau, 'une dépression verticale du maxillaire supérieur, effaçant le sinus. Au lieu d'une dépression, c'est une division qu'on aperçoit sur les figures de Guersant et de Hasselmann, et cette division va directement du bord alvéolaire à l'orbite, en sorte que l'apophyse montante parait séparée du corps du maxillaire supérieur. Les dissections de Morian^ de Panas ^ et de A. Broca' ont fourni des notions plus précises sur le siège de la fissure osseuse et sur la disposition des dents.

La fissure osseuse est représentée par une échancrure plus ou moins large creusée de bas en haut sur la partie antérieure du maxillaire, d'un seul côté ou des deux, selon que l'anomalie est uni ou bilatérale. L'ouverture de l'échancrure répond au bord- alvéolaire et à la voûte palatine ; son extrémité supérieure, déviée en dehors, se rapproche plus ou moins du plancher de l'orbite ou même l'atteint. Le corps du maxillaire est déjeté en dehors et plus ou moins écarté; en dedans il reste l'intermaxillaire, le cornet inférieur et l'apophyse montante du maxillaire supérieur. La disposition des 'dents nous montrera sur quel point précis porte la division du bord alvéolaire. La voûte palatine et le voile du

1. Morian, Ueber die Schrœge Gesichtsspalte : Archiv f. Klin. Chir., 1887, Bd, XXXV, s. 245.

2. Panas, Société française d'ophthalmologie, août 1889, in Semaine médicale, 1889, p. 313.

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