‹ Affections congénitalesChapitre 117 sur 226 · IL · texte numérisé non relu

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palais sont divisés sur la ligne médiane comme dans la gueulede-loiip, lorsque l'anomalie est complète.

Les parties osseuses qui forment la paroi interne de la fissure méritent un examen spécial. On trouve parmi elles le cornet inférieur : le fait est incontestable. Cette lamelle osseuse est une dépendance de l'appareil olfactif : il était dès lors à prévoir qu'elle devait se développer aux dépens du bourgeon frontal, qui n'est en somme que le bourgeon producteur des organes olfactifs externes, autrement dit de la région olfactive des fosses nasales. Quoi qu'il en soit de ce raisonnement, le cornet inférieur est effectivement situé dans le territoire du bourgeon nasal externe. On rencontre aussi sur le côté interne de la fissure l'apophyse montante du maxillaire supérieur. Ce fait est moins facile à démontrer directement. Cependant les preuves abondent : on en trouve déjà dans les observations purement cliniques. C'est ainsi que Pelvet note un sillon profond creusé sur la face antérieure du maxillaire et allant directement du bord alvéolaire au plancher de l'orbite. Tout ce qui constituait le nez restait en dedans du sillon osseux anormal.

Les pièces anatomiques de Morian, de Panas et d'A. Broca fournissent une démonstration plus évidente. On y voit, sur le bord interne de la fissure, l'os intermaxillaire et son apophyse montante, qui ferme en dehors l'orifice osseux des fosses nasales. L'apophyse montante de l'intermaxillaire se continue en haut avec l'apophyse montante du maxillaire, qui s'élève entre les os du nez et l'unguis et va se réunir par son extrémité supérieure à l'os frontal. Ces deux apophyses se confondent en une seule pièce osseuse suivant la disposition normale. La suture qui unit l'intermaxillaire au maxillaire supérieur est généralement ossifiée complètement au moment de la naissance et même beaucoup plus tôt, dès le quatrième ou le cinquième mois de la vie fœtale.

En somme, l'apophyse montante du maxillaire supérieur

affecte ses rapports normaux avec les os du nez, le frontal, Tunguis et l'apophyse montante de l'intermaxillaire, mais elle est séparée du corps du maxillaire par la fissure pathologique. A. Broca donne une interprétation différente : il considère les deux apophyses précédentes réunies comme appartenant l'une et l'autre à l'intermaxillaire. L'apophyse montante de cet os se serait hypertrophiée anormalement de manière à suppléer en quelque sorte à l'absence de l'apophyse montante du maxillaire. A l'appui de cette opinion, Broca invoque une disposition exceptionnelle observée chez certains animaux, dont l'os intermaxillaire se prolonge supérieurement jusqu'au contact de l'os frontal. Il ne nous semble pas nécessaire d'invoquer ces faits exceptionnels; il suffit, à notre avis, de constater simplement que l'apophyse montante du maxillaire peut se développer en dedans de la fissure, dans le territoire du bourgeon frontal, et d'une manière indépendante du corps du maxillaire supérieur. C'est là ce que montrent les pièces, en dehors de toute théorie. On est porté à en conclure que normalement l'apophyse montante se développe dans le bourgeon frontal et qu'elle ne se soude que secondairement au maxillaire. Mais nous réservons cette question pour le moment, ayant à y revenir dans la suite.

Système dentaire. — On a trouvé sur le tubercule médian tantôt quatre incisives, deux de chaque côté, ou une d'un côté et trois de l'autre (Morian), tantôt trois incisives seulement (Morian), tantôt cinq, deux à droite et trois à gauche (Broca). Les irrégularités s'expliquent facilement soit par l'atrophie d'un follicule normal, soit par la production d'un follicule surnuméraire. Mais une anomalie dentaire plus difficile à interpréter a été remarquée en dehors de la fente. Déjà Ilasselmann avait constaté la présence d'une incisive en dedans de la canine. Broca et Morian ont, chacun de leur côté, retrouvé aussi cette incisive précanine. Ce fait paraît difficile à expliquer en invoquant soit l'ancienne théorie de Gœlhe, soit la théorie d'Albrecht.

La première, qui ne rend pas compte de la présence d'une incisive précanine dans le bec-de-lièvre commun, ne peut, à plus forte raison, fournir une explication pour la précanine de la fissure fronto-maxillaire.

- La théorie d'Albrecht paraît elle-même être en défaut. Elle place, en effet, l'incisive précanine du bec-de-lièvre commun dans l'os intermaxillaire externe, et attribue cet intermaxillaire externe avec son incisive au lobe nasal externe du bourgeon frontal. Or ce lobe nasal externe est rejeté sur la face interne de la fissure fronto-maxillaire. On doit en conclure que l'incisive précanine trouvée dans cette fissure ne dépend pas du lobe nasal. D'un autre côté, un bourgeon de dent incisive ne peut naître sur le corps du maxillaire en dehors de Fos intermaxillaire, car la loi est générale et facile à vérifier sur toute la série des vertébrés : l'os intermaxillaire porte constamment toutes les incisives.

11 ne reste plus, dès lors, qu'une explication possible, et ou doit admettre qu'un noyau osseux, appartenant à l'os intermaxillaire et portant une incisive, se développe sur le bord externe de la fissure fronto-maxillaire indépendamment du bourgeon nasal externe.

Cette conclusion, à laquelle nous conduit l'examen des faits, paraîtra moins étrange si l'on se rappelle ce qui a été précédemment établi relativement au développement de l'apophyse montante du maxillaire. Ainsi d'une part cette apophyse montante, que l'on était porté à priori à ranger dans le territoire du bourgeon maxillaire, appartient au bourgeon frontal; d'autre part, l'os intermaxillaire, que l'on considérait comme provenant exclusivement du bourgeon nasal, se développe, pour une faible partie, aux dépens du bourgeon maxillaire supérieur; nous émettons cette opinion d'après la présence d'une incisive précanine dans le bord externe de la fissure fronto-maxillaire.. A l'état normal, les sutures qui séparent d'une manière temporaire ou permanente en bas l'os inter-

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maxillaire du maxillaire supérieur proprement dit, en haut l'apophyse montante des os du nez et de l'os frontal, ne représentent pas la trace de la fente embryonnaire ; ce qui revient à dire que les deux bourg-eons embryonnaires voisins frontal et maxillaire prennent part l'un et l'autre au développement soit du maxillaire supérieur, soit de l'intermaxillaire. On comprend, d'après cela, qu'étant donné une fissure fronto-maxillaire, qui maintient la séparation entre le bourgeon frontal et le bourgeon maxillaire, son trajet passe au travers des os au lieu de suivre rigoureusement les sutures anatomiques de la région.

Une nouvelle preuve de la formation d'une incisive et de la portion correspondante de l'os intermaxillaire aux dépens du bourgeon maxillaire supérieur nous sera d'ailleurs fournie directement par l'examen anatomo-pathologique des cyclocéphaliens. On rencontre souvent chez ces monstres, même lorsque le bourgeon frontal a complètement avorté et qu'il n'est représenté par aucun vestige, une incisive double supportée par un os intermaxillaire interposé aux deux maxillaires. On ne peut contester qu'en pareil cas une incisive et un os intermaxillaire ne soient nés du bourgeon maxillaire supérieur.

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