Lesser, Deutsche Zeitschr. f. Chir., Bd. II, s
concavité regarde en avant et en haut. Dans la variété bilatérale, elles forment une demi-circonférence embrassant toute la face et aboutissant de chaque côté aux parties latérales de la base du crâne.
Il n'est pas sans intérêt de constater que la fissure commissu raie peut remonter plus ou moins haut dans la fosse temporale. C'est une preuve que les deux bourgeons maxillaires du même côté, maxillaire supérieur et maxillaire inférieur, sont déjà distincts à leur point de départ à la base du crâne, si tant
FiG. 31. — Fissure intermaxillaire ou commissurale. Déformation et abaissement du pavillon de l'oreille (d'après Rynd, The Dublin quart, journal of tnedical science, vol. XXXII, n» 15, 1862).
est qu'ils ne naissent pas même d'une manière indépendante, comme certains faits tératologiques sembleraient l'établir. On voit, en effet, chez quelques monstres agnathiens, l'un des maxillaires faire complètement défaut, tandis que l'autre est complètement développé. Chez les otocéphaliens, par exemple, le maxillaire inférieur a subi un arrêt complet de développement, et toute la partie supérieure de la face s'est formée normalement.
Le prolongement de la fissure intermaxillaire dans la fosse temporale permet aussi d'expliquer facilement les inclusions ectodermiques qui donnent naissance aux kystes dermoïdes observés quelquefois dans cette région
Trois faits tératolog-iques déjà cités précédemment (V. p. 2i!)) à propos de la fissure fronto-maxillaire , ceux de Barkow, de Remacly et le nôtre, sont autant d'exemples de deux fissures faciales d'espèce différente sur le même sujet, fissure frontomaxillaire d'un côté, fissure intermaxillaire de l'autre. Il n'est pas besoin d'y revenir. Il est cependant à remarquer que ces trois cas correspondent à trois monstres exencéphaliens, et que la fissure fronto-maxillaire siégeait constamment à g-auche et la fissure intermaxillaire à droite. Enfin deux fois sur trois il y avait une adhérence amniotique manifeste et curieuse, étendue de la fente faciale à la surface de l'encéphale. Dans le fait qui nous appartient, le sillon qui partait de la commissure labiale droite montait obliquement sur la joue, traversait l'angle externe des paupières et arrivait sur la bosse frontale, ou plutôt sur la tumeur exencéphalique. Ce n'est pas là le trajet ordinaire, normal, pourrait-on dire, de la fissure intermaxillairc, de celle qui résulte d'un défaut d'union entre les bourgeons maxillaire supérieur et maxillaire inférieur. La fissure que nous avons observée n'était intermaxillaire qu'au voisinage de la commissure. Plus haut, ce n'était plus d'un défaut d'union entre les deux bourgeons maxillaires qu'il s'agissait, mais d'un sillon produit directement par le tractus cicatriciel, rectiligne, allant de la commissure labiale à la tumeur exencéphalique et traversant ainsi une portion de la face appartenant au maxillaire supérieur, puis la partie antéro-externe du frOnt(V. pi. II).
Un exemple typique de fissure intermaxillaire compliquée d'altérations osseuses nous est fourni par une observation de Pelvet déjà citée à propos de la fissure fronto-maxillaire (Y. p. 245 et fig. 29). Ici, la fissure intermaxillaire, située du côté opposé à la fissure fronto-maxillaire , est décrite avec une remarquable précision, et Pelvet est le seul auteur qui ait signalé des altérations spéciales du squelette. L'ouverture dé la bouche a huit centimètres de largeur, la commissure du côté droit est normale ; celle du côté gauche, reportée en ar-
rière, se continue ensuite avec un sillon ou une fissure intermaxillaire incomplète qui remonte jusqu'à la région temporale en passant à la partie moyenne de l'arcade zygomatique. La muqueuse de la commissure prolongée a un aspect cicatriciel. Une espèce de frein en part pour aller s'attacher au niveau de la première grosse molaire. La moitié gauche du maxillaire inférieur est atrophiée; son angle est arrondi, à peine saillant. Le maxillaire supérieur gauche otîre une hypertrophie de son bord alvéolaire, sensible surtout à la partie postérieure. L'arcade zygomatique est divisée en deux parties égales, l'une antérieure ou malaire, l'autre postérieure ou temporale, par le passage du sillon intermaxillaire. Les deux moitiés sont inclinées en bas. Pelvet pense que l'angle du maxillaire inférieur était aussi effacé dans le cas de Murait, à en juger par l'examen des figures. Les détails qu'il fournit sur le fait qui lui est propre démontrent*clairement que le trouble de développement n'est pas localisé exclusivement sur la fente intermaxillaire. Les parties voisines, et spécialement les deux 'maxillaires, sont aussi altérées ; et comme la face est également déformée par la présence d'une fissure frontomaxillaire droite, il s'ensuit que le fait de Pelvet représente un exemple remarquable d'altérations multiples,, à la fois superficielles et profondes, du premier arc branchial des deux côtés. A la multiplicité des fissures faciales, aux déformations des maxillaires peuvent encore s'ajouter d'autres malformations. Nous avons indiqué l'exencéphalie. Un sujet observé par Ammon^ était atteint en même temps de macrostomie, de macroglossie et de microcéphalie. Dans les cas de fissure unilatérale de Fergusson- et de Rynd^ (V. fig. 31), l'oreille externe était déformée et surtout déplacée du côté de la fissure ; elle occupait un siège très peu élevé, et le conduit auditif externe
\. Ammon, Die Angehorenen chir. Krankh. des Menschen, Taf. YIII, fig. 1.