‹ Affections congénitalesChapitre 135 sur 226 · Id., ibid., p · texte numérisé non relu

Id., ibid., p

3. Pigné, BmZ*!. de la Soc. anatom,, 22^ année, 1847, p. 169.

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freins de ces deux langues sont réunis sur la ligne médiane en un tronc très fort et très résistant. La mâchoire inférieure n'est pas soudée; ses deux branches horizontales sont légèrement écartées de la ligne médiane. » Peut-être est-il permis de prendre à la lettre la relation de Pigné et d'admettre que ce monstre, double monocéphalien déradelphe, avait effectivement deux langues et non une seule langue bifurquée. Celte trace de duplicité à l'extrémité céphalique aurait été en rapport avec le caractère double du monstre à son extrémité pelvienne. Mais, faute de détails précis, on ne peut avoir aucune certitude.

I. Geoffroy Saint-Iiilaire a observé un cas de bifurcation de la langue sur un veau. B.-C.-A. Windle * en cite un autre exemple : un veau nouveau-né, atteint d'une tumeur tératoïde attachée au corps du sphénoïde, portait en outre une division de la voûte palatine, une division médiane du maxillaire inférieur, et enfin une scissure de la partie antérieure de la langue. Nous reviendrons sur ce cas en traçant l'histoire des tumeurs dermoïdes de la bouche.

Le fait déjà signalé de Parise- est également complexe. Il se rapporte à un enfant nouveau-né qui succomba peu de temps après la naissance. La lèvre inférieure et le maxillaire inférieur étaient complètement divisés sur la ligne médiane. De plus, la langue était bifide sur toute sa longueur. La fente médiane avait un centimètre et demi de profondeur. La partie libre de l'épiglotte se trouvait aussi complètement divisée en deux parties notablement écartées. La muqueuse de la fente delà langue était plus rosée que celle de la face dorsale. La lèvre supérieure et le palais étaient normalement conformés.

A. Brothers^ a rapporté l'histoire d'une petite fille qui mou-

1. Bertrand-C.-A. Windle, Account of a teratoma springing fromthe sphenoid of a calf: Journal of anat. andphys., 1887-1888, t. XXII, 423.

2. Parise, Bull. gén. de thérapeutique, 1862, t. LXIII, p. 269.

3. A. Brothers, Cleft longue, pièce présentée à la New-York pathological Society : Médical Record. 1888, t. XXXIIl, 109.

rut dans le marasme un mois après la naissance. Cette enfant n'avait pu être nourrie au sein parce qu'elle était atteinte d'une fissure complète du voile du palais. La pointe de la langue était bifurquée par une fissure d'un huitième de pouce (trois millimètres) de profondeur. Le maxillaire inférieur était mal développé ; les gencives faisaient défaut.

Dans une observation de Gilbert Barting*, se rapportant à un petit garçon âgé de dix mois, il y avait une division du voile du palais et de la voûte palatine sur la plus grande partie de sa longueur. La difformité linguale était assez complexe. La langue était divisée d'avant en arrière jusqu'à sa partie moyenne; les deux moitiés divergeaient, laissant en avant une ouverture en V. Au sommet du V, en même temps que sur le plancher de la bouche et sur le maxillaire inférieur, s'attachait un lobe médian. La masse de ce lobe, de la grosseur d'un pouce, était projetée entre les dents, entraînaAt après elle l'extrémité de la langue, si bien que la bouche ne pouvait se fermer. La tumeur fut enlevée; elle était formée de tissu musculaire. La langue put ensuite rentrer dans la bouche.

On voit, par cette exposition des faits', peu nombreux du reste, que les divisions de la langue, comme la plupart des fissures de la partie inférieure de la face, font partie de difformités complexes; elles sont associées, dans presque tous les exemples, aux divisions de la lèvre inférieure et du maxillaire inférieur, aux divisions palatines et enfin aux tumeurs congénitales de la bouche. Elles ne sont mises ici au premier plan que pour les besoins de la description, et elles ne jouent qu'un rôle accessoire, n'ayant qu'une faible importance à côté des autres malformations qui les accompagnent.

La' bifidité linguale tire son origine d'un trouble du développement embryonnaire. Kœlliker, Ilis, Mathias Duval, ont montré, il est vrai, que la partie antérieure de la langue naît

i. Gilbert Bartiug, Cleft longue with médian lobe and cleft palate : British médical journal, 1883, II, 1061.

DE LA. LANGliK 4i;j

par un tubercule médian, indivis, tubcrculum impar{l\\s], placé sur la face postérieure de la soudure médiane des deux premiers arcs branchiaux. Or, la présence d'une fissure médiane ne vient pas modifier cette opinion et n'implique nullement que la lang-ue se développe normalement par un bourgeon double et bifide ; elle indique seulement la ligne de soudure qui correspond à chaque moitié de la langue dans l'arc branchial d'oii elle provient. La soudure de l'arc branchial, et spécialement du bourgeon maxillaire inférieur, a manqué ou s'est faite irrégulièrement; dès lors il y a nécessairement deux tubercules linguaux primitifs, ou tout au moins une bifidité persistante dans le bourgeon initial. Les divisions de la lèvre inférieure et du maxillaire qu'on observe simultanément viennent confirmer cette manière de voir.

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