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bras, jusqu'au niveau du coude. La surface bosselée, la consistance molle de ces tumeurs ne laissaient pas de doute sur leur nature graisseuse. L'extirpation d'une pareille tumeur ne nous parut pas indiquée chez ce très jeune enfant.

Holmes^ a, au contraire, enlevé chez une petite fille de dix ans une tumeur ayant un siège et des caractères semblables. C'était un énorme lipome aperçu dès l'âge de dix-huit mois ; il occupait à la fois le creux sus-claviculaire et l'aisselle, mais avec un développement moindre que chez notre malade. Pour en faire l'extirpation, Holmes, après avoir dégagé superficiellcT ment la partie sus-claviculaire, dut poursuivre un prolongement qui s'engageait vers l'aisselle en suivant les vaisseaux sous-claviers et le plexus brachial ; il fallut même disséquer minutieusement certains nerfs qui traversaient le lipome : l'artère sous-clavière et le plexus brachial étaient en rapport intime avec la surface de la tumeur. L'enfant guérit de cette laborieuse opération. Briddon^ a opéré un sujet de quatre mois pour un lipome volumineux de l'aisselle. Ce lipome, ayant déjà le yolume du pouce à l'âge de deux mois, avait grossi rapidement et remplissait entièrement l'aisselle;. pour l'enlever on dut curer complètement le creux axillaire.

Frederick Taylor^ a observé chez une fillette de quatre ans un lipome diffus du cou qui produisait depuis quinze mois des troubles de la déglutition. L'aspect extérieur était celui d'un goitre volumineux bilatéral; mais, de plus, la paroi postérieure du pharynx était soulevée par une tumeur ovalaire, molle, obscurément fluctuante, et les carotides étaient projetées en avant de leur place normale. Les caractères peu ordinaires de cette tumeur ne suffisant pas pour établir un diar gnostic, on fit une ponction exploratrice dont le résultat fut

1. Holmes, Thérapeutique chirurgicale des maladies des enfants, édition française, p. 603.

2. Eriddon, Tumour {Lipoma) of the axilla in an infant four rnonths old: Medical Record, i882,YoLXXU,Y>.e,U.

3. Fr. Taylor, Trans. of the pathol. Soc. of London, 1877, vol. XXV.lII,,p. 216.

DES PARTIES MOLLES 70i

négatif. L'enfant succomba à l'opération de la tràcKéotomie ; à l'autopsie on trouva en arrière du pharynx un vaste lipome jétendu depuis la base du crâne jusqu'à la première vertèbre •dorsale, partout encapsulé et développé dans le tissu conjonctif rétro-pharyngien. Sa partie médiane était déprimée par le pharynx et l'œsophage; les parties latérales faisaient saillie en avant de chaque côté du cou.

Bien que l'origine congénitale de ces deux dernières tumeurs ■ne soit pas directement démontrée, elles appartiennent tellement à la première enfance et leur volume est tel au moment 011 oh les observe, qu'il est bien difficile de ne pas croire à un lipome congénital, dont elles ont toute l'apparence clinique d'ailleurs. On peut les rapprocher, en tout cas, des faits manifestement congénitaux.

Lipomes cohgénitaux du tronc et des membres.

Il n'est pas rare de rencontrer des lipomes sur le dos et les lombes chez les jeunes enfants. Nous avons enlevé à ime fillette de quatorze mois un lipome du volume d'une mandarine, situé à là partie supérieure et médiane du dos et paraissant s'être développé dans un angiome. Chez un autre enfant âgé de cinq mois et demi, la tumeur occupait la région lombaire et se trouvait entourée par un large plexus veineux ; un autre 7i3evus cutané, gros comme une lentille, était situé sur le côté interne du coude gauche. Ces deux lipomes appartiennent à la variété des lipomes mous, sans capsule conjonctive. Ils n'avaient pas été aperçus au moment de la naissance, mais quelque temps après. Leur origine congénitale est donc pour le moins très probable^ Parker^ a opéré un enfant dé cinq mois d'un lipome non encapsulé qui, dès le moment de la naissance, avait le volume d'une- noix et qui s'était ensuite accru rapidement. C'est

1. Ces deux observations sont publiées dans la thèse de Sénac, 1883, p. 37 et 41.

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