Kystes intjm-crâniens
William Turner* rapporte qu'il a rencontré dans les salles de dissection, chez un garçon de vingt-trois mois, un kyste intracrânien contenant des cheveux. Ce kyste, de la grosseur d'une fève, parfaitement limité, était logé sous la dure-mère, dans une petite dépression de l'occipital, immédiatement au-dessous de l'angle latéral du sinus latéral gauche, près de la suture occipito-temporale. L'os était aminci au niveau de la fossette du kyste. La paroi de ce kyste, nettement distincte, était revêtue d'une couche épidermique ; elle était dépourvue d'orifices glandulaires. La présence des cheveux dans le contenn confirma, au surplus, la nature dermoïde de la tumeur.
C'est la seule observation absolument démonstrative de kyste intra-crânien latéral que nous connaissions. Le siège particulier qu'il occupait à la face interne de la suture occipito-
1. W. Turner, Cas de kyste intra-crânien contenant des cheveux : Saint-Bartholomew's hospital Reports, 1866, p. 62.
82 KYSTES DERMOÏDES
temporale permet de le rapprocher des deux cas de kystes dermoïdes que nous avons rencontrés sur la même région du crâne, mais à sa face externe. Toutes ces tumeurs sont situées en arrière et au-dessus de l'apophyse mastoïde ; par conséquent on ne peut guère les attribuer à un trouble survenu dans l'évolution de l'extrémité supérieure des fentes branchiales. Si l'on veut invoquer une disposition anatomique favorable à l'enclavement dans les régions occipito-temporales, on doit la chercher dans la gouttière transversale qui existe sur la tête de l'embryon au troisième mois, entre le cerveau moyen et le cerveau postérieur. C'est au fond de cette gouttière que la dure-mère émet par sa face interne le prolongement qui formera la tente du cervelet; et nous avons déjà fait voir, à propos des kystes médians, la possibilité d'un enclavement avec transport du noyau originel du futiH" kyste dans la fosse cérébelleuse par le développement de cette tente.
Tout récemment Picot (de Bordeaux) a publié l'observation d'une tumeur qu'il appelle un cholestéatome, et dont les caractères paraissent appartenir aux kystes dermoïdes intra-crâniens. Voici un résumé de ce fait^
Une femme âgée de trente-cinq ans, sans antécédents pathologiques autres qu'une rougeole à l'âge de sept ans, souffre depuis quatre mois d'une céphalalgie violente survenant à divers moments de la journée, sous la forme de crises accompagnées de vomissements et souvent de perte de connaissance. La céphalalgie s'étend à toute la tête, sans localisation spéciale en aucun point. L'intelligence est intacte. On ne trouve rien d'anormal à la surface du crâne. Le sillon naso-labial droit paraît assez effacé, et la commissure labiale correspondante un peu déviée. La pupille droite est légèrement dilatée. A l'époque de l'entrée à l'hôpital, la maladie offre des exacerbations sépa-
1. Picot, Sur un cas de tumeur intra-crânienne ayant comprimé le cervelet et h àulbe rachidien: Gaz. hebdom. des sciences médicales de Bordeaux, 7, 14 et 21 juillet 1889.