DE LA FENTE INTERMAXILLAIRE 12S
cade zygomatiqiie , faisait saillie à l'extérieur ainsi que du côté du vestibule de la bouche. Son origine semblait remonter à plusieurs années, mais c'était seulement depuis deux ans qu'elle avait pris un développement sensible. On avait déjà fait trois ponctions, qui n'avaient amené d'autre résultat que la suppuration du kyste, lorsque Yerneuil, croyant avoir affaire à un abcès symptomatique d'une lésion osseuse, fit une large incision et pansa la plaie de manière à empêcher sa réunion. Deux mois plus tard, la malade vit sortir une mèche de cheveux par la fistule. Le diagnostic de kyste dermoïde étant dès lors établi, on pratiqua l'extirpation complète. La dissection fut laborieuse, la cavité kystique se prolongeant entre la face externe du maxillaire supérieur et la branche montante du maxillaire inférieur. Après cette opération radicale, la guérison fut complètement obtenue. La masse extirpée se composait d'un kyste principal à paroi distincte, revêtue d'un épithélium pavimenteux et de petits kystes. Le grand kyste renfermait de la matière caséeuse avec des poils follets; les petits kystes étaient remplis d'un liquide muqueux.
Tel est le fait de Verneuil, doublement intéressant: premièrement, parce qu'il est le premier cas de kyste de la fente intermaxillaire ; secondement, parce que les kystes surajoutés au kyste principal que Verneuil n'a pas interprétés sont des exemples de kystes mucoïdes, ce qui indiquerait que l'inclusion a porté sur le point de la fente oii la peau et la muqueuse sont en continuité directe; de là les deux variétés de kystes : l'une aux dépens du tégument externe, l'autre, comprenant les kystes multiples, aux dépens de la muqueuse de la fente en continuité avec la muqueuse buccale.
Nous avons observé trois cas de kystes intermaxillaires appartenant tous les trois à la variété dermoïde. Ils sont situés sur différents points du trajet de la fente intermaxillaire : un à la partie antérieure de la joue, à un centimètre et demi en arrière de la commissure buccale; un autre près du bord
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antérieur du masséter, le troisième à la surface de ce muscle. Leur volume est moindre que dans le cas de Yerneuil; il est indiqué par les comparaisons que nous avons faites avec une noisette, un marron; leur consistance est ferme, plutôt rénitente que fluctuante ; les tumeurs sont, au reste , trop] petites pour qu'on y distingue nettement la fluctuation. Développées au milieu des parties molles de la joue, elles sont indépendantes de la peau, qui est normale à leur surface, indépendantes aussi de la muqueuse buccale.
L'âge auquel sont apparus ces kystes est variable. Dans un cas, la tumeur a été remarquée dès le moment de la naissance ; dans un autre, elle a été vue à deux ans; dans le troisième enfin, à seize ans. L'accroissement est très lent; le kyste dure dix, quinze, vingt ans et plus sans dépasser les faibles dimensions indiquées. Le père d'un de n"os malades avait un kyste dermoïde intermaxillaire du volume d'une noisette, et chez lui l'origine de ce kyste remontait à la première enfance.
Les troubles fonctionnels sont nuls, et le seul inconvénient des kystes intermaxillaires se trouve dans la difformité qu'ils produisent sur une région découverte ; c'est aussi la principale raison qui motive leur ablation.
Dans le fait de Yerneuil, la. nature dermoïde du kyste ne fut révélée que par l'issue d'une mèche de cheveux à la suite d'une incision; lîlais c'était le premier cas qui se présentait à l'observation. Le connaissant, nous n'avons éprouvé aucune difficulté à faire le diagnostic de ces kystes. On est guidé par la forme arrondie, la consistance ferme de la tumeur, l'indépendance de la peau et de la muqueuse, surtout par l'âge des sujets au moment de l'apparition du kyste ainsi que par la lenteur de son développement. Ces caractères suffisent pour faire écarter le diagnostic de kyste sébacé et de lipome, tumeurs qui peuvent affecter une certaine ressemblance avec les kystes dermoïde s.
Le seul traitement à proposer consiste dans l'ablation du