DE LA FENTE INTERMAXILLAIRE
kyste, qui n'offre aucune difficulté spéciale, à moins que, comme dans le fait de Verneuil, la tumeur ne présente un prolongement profond en rapport avec le maxillaire; en pareil cas, l'opération devient un peu plus laborieuse.
Lorsque le kyste est situé au-devant du masséter et assez rapproché de la muqueuse, on peut, pour éviter une cicatrice extérieure de la joue, pratiquer l'extirpation par la bouche; c'est ce que nous avons fait chez un de nos malades.
Obs. IV. — Kyste dermo'ide intermaxillaire. — Homme de vingtneuf ans. Il porte une tumeur aplatie, du volume d'un marron, située dans la région du masséter et un peu en avant de la branche montante du maxillaire inférieur, en avant de la parotide par conséquent. Celte tumeur est fluctuante, peu mobile ; elle glisse cependant sur les parties profondes. Son origine remonte à la naissance : elle était alors assez petite et elle a gardé longtemps le volume d'une noisette. Restée stationnaire jusqu'il y a cinq ans, elle s'est mise, à cette époque, à grossir et à devenir un peu sensible ; elle est arrivée peu à peu aux dimensions actuelles. Elle est actuellement un peu adhérente à la peau, qui présente à ce niveau une légère dépression cicatricielle, comme si cette dépression paraissait être la trace d'une cicatrisation fistuleuse. L'extirpation de la tumeur ayant été faite sans difficultés et dans sa totalité, la guérison fut prompte. Le contenu était composé d'un liquide laiteux et d'une matière sébacée au sein de laquelle on voyait de nombreux poils follets enroulés. La paroi possédait des papilles et des glandes sébacées.
Obs. V. — Kyste dermo'ide de la joue, d'origine intermaxillaire. — On m'amène, en mars 1888, une jeune fille de dix-huit ans habitant la campagne et portant une tumeur du volume d'une très petite noisette placée dans l'épaisseur de la paroi buccale, à un centimètre et demi environ de la commissure du côté droit, sur une ligne allant de la commissure vers le tragus. D'après les parents, cette tumeur aurait été reconnue il y a dix-huit mois environ; elle avait alors le volume d'un pois chiche et elle était à peine visible sur la joue. Au toucher, cette tumeur est tendue, élastique et d'une forme
KYSTES DERMOIDES ET MUCOIDES
sphérique. Son volume est trop médiocre pour qu'on puisse y sentir la fluctuation. Elle occupe l'épaisseur de la joue, soulevant un peu la peau ; on n'aperçoit rien d'anormal sur le tégument qui la recouvre et ne glisse pas aisément au-devant d'elle, quoiqu'il n'y ait pas d'adhérence ; elle est située dans le tissu cellulaire sous-cutané, et probablement au milieu des muscles. La muqueuse buccale se déplace aisément sur elle. Pour éviter une cicatrice cutanée, l'extirpation de cette tumeur, que je croyais être un kyste dermoïde, fut faite par la bouche; l'opération, un peu pénible avant qu'on pût bien dénuder une partie de la poche, devint facile à la fin; car, le kyste
FiG. 7. — Kyste dermoïde de la fente interraaxillaire.
ouvert, la paroi fut facilement amenée à l'extérieur par la plaie, La guérison fut prompte et sans complications. Le kyste contenait une matière caséeuse dans laquelle on ne voyait pas de poils tout d'abord ; au microscope, on découvrit de nombreux poils très fins. La paroi présenta des papilles ; on n'y vit pas de glandes.
Obs. VI. — Kyste dermoïde congénital de la partie moyenne de la joue {sur la fente intermaxillaire) (V. fig. 7). — Pidancier, âgé de treize ans, entré le 28 février 1889 à l'hôpital Trousseau, salle Denonvilliers, n° 1.
Les grands-parents, la mère, cinq frères et une sœur de cet enfant sont exempts de toute malformation congénitale. Le père porte un