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KYSTES DU VOISINAGE DE L'OREILLE

tenait-il bien réellement à la région auriculaire, ou bien occupait-il dans la tempe un point assez voisin de l'orbite pour qu'il dût être rapporté plutôt à la fente fronto-maxillaire? En l'absence de détails suffisamment précis, on ne peut trancher la question. Maurice Hoffmann a rencontré une autre tumeur semblable, qu'il décrit sous le nom de plique sous-cutanée. Située à côté de l'oreille, cette tumeur, molle et indolente, avait le volume d'un œuf de poule. Elle s'ouvrit spontanément; il en sortit de la sérosité et des poils contournés sur eux-mêmes, de couleur, de long-ueur et d'épaisseur différentes. Le siège précis de ce second kyste n'est pas mieux indiqué que celui du premier.

Un certain nombre d'observations récentes sont racontées avec beaucoup plus d'exactitude. Osborn^ a rencontré chez un sujet qui portait d'autre part un kyste dermoïde de la queue du sourcil, une autre tumeur de même nature située au-devant de l'oreille, un peu au-dessus du tragus. L'origine de cette tumeur doit être attribuée à un enclavement dans la première fente branchiale, qui sépare, comme on sait, le bourgeon maxillaire du premier arc branchial.

Mais c'est principalement en arrière du pavillon, dans la région mastoïdienne ou en bas dans la région parotidienne, que l'on a observé les cas les plus nombreux et les plus démonstratifs. En arrière, on rencontre des kystes dermoïdes dans le sillon qui sépare le pavillon de l'oreille de l'apophyse mastoïde, ou même à la surface de cette saillie osseuse. Gillette^ rapporte l'observation d'un kyste à contenu huileux développé dans le sillon auriculo-mastoïdien chez une femme de trente ans. Il y avait quinze ou vingt ans qu'on avait reconnu la présence de la tumeur, qui avait acquis progressivement le volume d'un œuf de pigeon ; elle était d'une trans-

1. OshoTnySainf-Thomas's hospital Reports, voL VI, p. 72, et Ophthalm. ReporU, voL VIII, p. 245, cité m. Wagstaffe, Trans. of the pathol. Soc. of London, loco cit.

2. Gillette, Bull, et Mém. de la Soc. de chir., t. VIII, p. 360, 1881.

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parence parfaite. Une ponction donna issue à un liquide légèrement jaunâtre ayant tous les caractères extérieurs de l'huile d'olive ; ce liquide perdit bientôt sa transparence et se prit en masse comme de l'huile sous l'influence du froid. Un cas de Bryant^ est entièrement analogue au précédent. Une jeune fille de dix-neuf ans portait, en arrière et au-dessous du lobule de l'oreille, une tumeur congénitale ayant acquis un pouce et quart de hauteur et trois quarts de pouce de largeur, fluctuante et complètement transparente. Un autre lobe de la même tumeur ayant le volume d'une noisette était situé audevant du lobule. L'incision démontra qu'il n'y avait qu'une seule cavité et donna issue à un liquide huileux. L'examen d'un fragment de la paroi y fit reconnaître la structure d'une peau rudimentaire avec un épiderme et des poils fins. La première opération, incomplète, fut suivie d'une récidive sous la forme d'un abcès, qui nécessita une nouvelle ouverture. L'observation ne dit pas si la cure définitive a été confirmée. Reclus ^ a enlevé à un homme de vingt-six ans un kyste du volume d'une noix situé exactement derrière le pavillon de l'oreille. Ce kyste, apparu à l'âge de douze ans, était intimement appliqué à la surface de l'os temporal; un bourreletsaillant d'hyperostose s'était formé autour de sa base. Le contenu kystique était demi-liquide et blanchâtre. La paroi, de structure dermoïde, contenait des glandes sébacées et des follicules pileux.

Un fait de Steinbrugge ' nous offre une évolution clinique intéressante. Une jeune fille de dix-neuf ans était atteinte depuis l'enfance d'otorrhées et d'abcès répétés de l'apophyse mastoïde du côté gauche. A la suite d'une ouverture d'abcès, il s'écoule du pus en abondance avec des masses caséeuses.

1. Bryant, Trans. ofthepathol. Soc. ofLondon, 1881-1882, vol. XXXIII.

2. Reclus, m Isch-WâlI, Bull, de la Soc. anatom.,^<^ série, t. I"', p. 434, 1887:

■ 3. Steiabrugge, Obs. delà clinique de Moos : Zeitschr. f. Ohrenheilk., 1881, Bd. IX, s. 137.

Le lendemain, il sort des blocs fétides comme des ganglions gangrenés, puis enfin une masse agglomérée blanchâtre de 2 centimètres et demi sur 13 millimètres, composée de lamelles concentriques supportant un petit renflement hémisphérique, probablement le moulage de la cavité mastoïdienne agrandie, La cavité osseuse vidée présente deux orifices ouverts, l'un dans le conduit auditif externe, l'autre à la surface de l'apophyse mastoïde. La membrane du tympan est détruite, et la paroi labyrinthique de la caisse, blanchâtre. Sous l'influence de pansements boriques, la suppuration s'arrête, mais la cavité persiste avec son orifice situé à 7 millimètres en arrière de l'insertion du pavillon. Cet orifice, haut de 11 millimètres, large de 8 millimètres, correspondait par son extrémité inférieure au niveau du bord supérieur du conduit auditif. Ajoutons que la masse expulsée avait la structure des « cholestéatomes ». C'est là un exemple remarquable de kyste dermoïde intra-osseux, ouvert à l'extérieur probablement à un âge précoce par un orifice mastoïdien et par un orifice auriculaire.

Les kystes du creux parotidien peuvent acquérir des dimensions considérables et envahir plus ou moins la région latérale du cou. Tels sont les cas de Flaubert*, de Yirchow^ de Fergusson^, de Giraldès \ de Saussure Ford^ Chacun d'eux présente quelques particularités à rappeler. Le kyste observé par Flaubert était apparu chez une femme de vingt-cinq ans, derrière la branche montante du maxillaire inférieur du côté gauche. En cinq ans, il avait acquis le volume du poing et descendait jusqu'à un pouce de la clavicule. L'incision démontra

1. Flaubert (de Rouen), obs. recueillie par Laloy, Archives gén. de méd., 1839, 3e série, t. V, p. 269.

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