Giraldès, Gazette des hôpitaux, 1860, p
2. Gilles, Archives gén. de méd., 1853, t. pf, ge série, p. 82. Deux observations. L'une de ces observations paraît se rapporter aux kystes séreux, multiloculaires. L'autre, à laquelle nous faisons allusion, est plus complexe : il s'agit d'un kyste contenant une masse osseuse rattachée au maxillaire inférieur, et une autre masse également osseuse, rappelant : la première, un condyle; la seconde, une apophyse coronoïde. Cette tumeur doit manifestement être rattachée à un trouble de développement du bourgeon maxillaire inférieur.
aucun doute à la période branchiale ; mais les éléments qui donnent naissance au kyste dermoïde restent à l'état latent pendant une longue période. Ils entrent en activité à un âge où les arcs branchiaux ont fini depuis longtemps leur évolution, et oii l'activité nutritive des tissus est beaucoup moins grande qu'à la période embryonnaire. Ainsi s'explique dans une certaine mesure la structure relativement simple de la paroi des kystes dermoïdes développés tardivement.
Si on voulait tracer un tableau clinique des kystes dermoïdes sus-hyoïdiens latéraux, on n'aurait, pour ainsi dire, qu'à répéter ce qui a été dit précédemment des kystes sus-hyoïdiens médians : tumeur apparue dans l'enfance ou l'adolescence, développée lentement, souvent avec des périodes d'état stationnaire et des périodes d'accroissement rapide, indolente, opaque ou par exception transparente, fluctuante, n'altérant ni la peau du cou ni la muqueuse buccale, c'est-à-dire sans adhé rence avec ces membranes. Sous la langue, la tumeur se développe comme une grenouillette ; au-dessous du maxillaire, elle peut aff"ecter une certaine ressemblance avec une adénite chronique.
Il ne survient pas de troubles fonctionnels sérieux, si ce n'est lorsque le kyste a pris un volume considérable ; ce sont alors des troubles de la mastication, de la parole, de la déglutition et parfois même des troubles respiratoires. Les complications inflammatoires spontanées sont très rares; aussi la tumeur restet-elle indolente à toutes les périodes, même lorsqu'elle progresse au point de constituer une difformité très visible. On doit considérer comme une exception le cas de Bl. Sutton, dans lequel la paroi kystique était tellement amincie qu'elle se déchira et s'ouvrit dans la bouche pendant l'exploration de la tumeur.
L'accroissement est plus ou moins lent. Certains kystes atteignent en quelques mois le volume d'une noix, d'autres mettent quinze ou vingt ans à prendre ces proportions ; on observe souvent des périodes stationnaires de plusieurs années.
168 KYSTES DERMOIDES ET MUCOIDES
Mais une nouvelle poussée d'accroissement peut toujours survenir, en sorte qu'il y a tout avantage à pratiquer l'extirpation le plus tôt possible.
Le diagnostic clinique n'est pas toujours facile ; on est guidé par la marche de l'affection, par son origine souvent lointaine avec une indolence complète, par les caractères physiques enfin ; mais on conçoit qu'en certaines circonstances un kyste affecte quelque ressemblance avec un ganglion tuberculeux et même avec un abcès froid. Si on hésite, on aura recours à une ponction exploratrice qui résoudra le plus souvent la question d'après les qualités du contenu.
Obs. VIII. — Kyste dermoide de la région sus-hyoïdienne latérale. — La nommée G. Lydia, âgée de onze ans et demi, entre le 18 janvier 1890 à l'hôpital Trousseau, salle Giraldès, n° 1.
Cette enfant présente, dans la région sus-hyoïdienne du côté droit, une tumeur saillante du volume d'une grosse noix. On sent cette tumeur immédiatement au-dessous du maxillaire, à un travers de doigt de la ligne médiane. En bas, elle arrive au niveau de la partie moyenne du cartilage thyroïde. Elle soulève la peau en formant un relief sensible. Elle est sous-aponévrotique et s'enfonce dans le plancher de la bouche; cependant elle ne forme aucune saillie au-dessous de la langue, mais le doigt la sent facilement par la bouche. Les parents se sont aperçus de la présence de cette tumeur dès la naissance de l'enfant. A l'examen elle paraît adhérente à l'os hyoïde. La tension et la surface unie de la tumeur font penser à un kyste dermoïde plutôt qu'à un lymphangiome.
Opération. — La tumeur est énucléée complètement. Elle est intra-musculaire , adhérente par un petit pédicule fibreux à la partie latérale de l'os hyoïde.
La- poche contient une petite quantité de liquide séreux transparent, à peine un peu laiteux, et un magma blanc ressemblant à du riz cuit. La paroi est très mince ; son examen histologique y a fait reconnaître un derme avec des papilles, et on a trouvé des poils dans le contenu sébacé.