‹ Affections congénitalesChapitre 67 sur 226 · Traité des kystes congénitaux, 1886, obs. XXVI, p · texte numérisé non relu

Traité des kystes congénitaux, 1886, obs. XXVI, p

10. Duménil, in Fauvel, thèse de Paris, 1887, p. 64 et suiv.,2 obs.

11. Heschl, Ueber die Dermoid-Cysten, Prager Vierteljahrschrift f. die praki. fleî7ft.,XYIIter jahrg., 1860, IVterBd. Original Aufsœtze, s. 48. Déjà cité in Traité des kystes congénitaux, 1886, p. 22 et p. 224,

176 KYSTES DERMOÏDES ET MUCOÏDES

homme de soixante-trois ans un petit sac du volume d'une aveline, à contenu sébacé, reposant sur une petite dépression peu profonde de l'os hyoïde, tapissé d'un épiderme couvert de poils et qui s'ouvrait par l'intermédiaire d'un étroit canal à la surface de la peau, un peu à gauche et au-dessous du milieu de l'os hyoïde. Dans ce cas intéressant, le revêtement du sac se continuait avec l'épiderme, et l'orifice cutané était tout à fait uni, sans trace de cicatrice, en sorte que la communication avec l'extérieur était primitive et non accidentelle. » C'est le seul cas de fistule primitive qui soit venu à notre connaissance. On ne doit pas le confondre avec les faits de fistules consécutives, qui sont très communes et que Boyer connaissait déjà.

Bien que les kystes thyro-hyoïdiens d'un certain volume se montrent à découvert immédiatement après l'incision de la peau et des couches sous-cutanées, ils ne^e développent pas dans le tissu cellulaire sous-cutané. La description de Boyer est exacte ; la tumeur est placée au-dessous de l'aponévrose superficielle du cou, qui engaine de chaque côté superficiellement les muscles sterno-hyoïdiens et au-dessous les muscles thyrohyoïdiens ; elle occupe l'espace compris entre cette couche musculo-aponévro tique et la membrane thyro-hyoïdienne, sous le bord inférieur de l'os hyoïde. A mesure qu'elle s'accroît, elle dilate la loge qui la contient ; elle pourrait repousser en arrière la membrane thyro-hyoïdienne et faire saillie du côté du pharynx, entre l'épiglotte et la base de la langue, comme Dupuytren l'avait déjà noté dans un cas ; mais le développement dans cette direction est exceptionnel. La tumeur se dessine beaucoup plus souvent en avant au-dessus du larynx ; elle soulève'et rejette en dehors de chaque côté le peaucier et les muscles sterno et thyro-hyoïdiens, et elle n'est plus séparée de la peau sur la ligne médiane que par le tissu cellulaire sous-cutané et l'aponévrose cervicale superficielle distendue et amincie. Ses parties latérales sont recouvertes en plus par les muscles précédents.

THYRO-HYOÏDIENS 177

En général, les kystes thyro-hyoïdiens deviennent apparents de bonne heure. On les aperçoit dès qu'ils ont le volume d'un pois ou d'une noisette. Plus tard ils atteignent les dimensions d'un œuf de poule. Leur forme la plus commune est celle d'un ovoïde à grand axe dirigé transversalement ; s'ils sont quelquefois médians et symétriques, ils s'étendent en général un peu plus d'un côté que de l'autre. Les gros kystes dépassent la région thyro-hyoïdienne et remontent parfois un peu au-dessus de l'os hyoïde ; mais le plus souvent ils descendent au-devant du cartilage thyroïde, de telle sorte que le point culminant de la tumeur correspond dans certains cas à la face antérieure du larynx.

On a noté à peu près constamment une adhérence de la paroi kystique avec l'os hyoïde, adhérence primitive comme toutes celles du même genre, siégeant sur un point limité du bord inférieur ou de la face antérieure de l'os. La surface osseuse offre quelquefois à ce niveau une petite dépression en fossette. L'adhérence s'établit par contact direct de la paroi arrondie du kyste avec le périoste, ou par un pédicule tantôt creux, tantôt plein, disposé en ligament. Nous avons enlevé chez un petit garçon un kyste dermoïde thyro-hyoïdien du volume d'une noisette, qui était relié à la surface de l'os hyoïde par un mince cordon fibreux. D'autres adhérences plus ou moins solides, mais celles-ci secondaires, peuvent unir le kyste à différents points de la loge thyro-hyoïdienne, aux muscles en particulier, et principalement à la membrane thyro-hyoïdienne.

Les deux variétés de kystes dermoïde et mucoïde se montrent dans des proportions différentes : sur vingt-deux cas réunis, dix-huit fois la nature du contenu et la structure de la paroi sont indiquées ; on compte quinze kystes dermoïdes et trois kystes mucoïdes. Il n'y a pas lieu de décrire longuement ni la paroi ni le contenu. Le contenu est une matière sébacée blanchâtre, plus ou moins molle, parfois mélangée d'une certaine quantité de liquide (Panas) , quelquefois teintée en brun

par du sang épanché (Paget). On y trouve de la matière grasse, des débris d'épithélium, des cristaux de cholestérine, enfin, dans la moitié des cas, huit fois sur quinze, des poils plus ou moins nombreux, tantôt fins et courts, , tantôt longs de plusieurs centimètres (Panas, Duménil), généralement décolorés. L'épithélium de la paroi est pavimenteux, stratifié, et pourvu quelquefois ^d'une couche cornée et d'un stratum granulosum avec grains d'éléidine (Vassaux, Lannelongue et Achard). Le derme avec ses papilles ou privé d'elles (Gironde, i^lhandelux) contient quelquefois des glandes sébacées (Lannelongue, Vassaux), des follicules pileux avec des poils implantés, et même des glandes sudoripares imparfaitement développées, formées seulement d'un tube simple sans pelotonnement de l'extrémité profonde et analogue aux glandes sudoripares que Moll a décrites dan&^les paupières.

Le contenu des kystes mucoïdes est un liquide filant, transparent ou trouble, en rapport avec la constitution de la paroi, qui est revêtue d'un épithélium vibratile (cas de Nélaton*, de HoueP, de Tapret^).

ÉTUDE CLINIQUE

Sur dix-neuf cas dans lesquels le sexe est indiqué, treize appartiennent au'sexe masculin, six au sexe féminin. L'âge des sujets, au moment oii le kyste est examiné, varie entre quatre et soixante ans; dix-sept fois sur vingt-deux, il s'agissait d'enfants ou de jeunes hommes au-dessous de vingt-cinq ans. Cette désignation de l'âge n'a d'ailleurs qu'une importance secondaire, car lorsque le malade réclame un traitement, il porte son kyste depuis un temps plus ou moins long, depuis plusieurs mois ou plusieurs années. Un malade opéré

1. Nélaton, obs. recueillie par ïh. Anger, in Dumoulin, thèse de Paris, 1866.

Page 1