‹ Affections congénitalesChapitre 72 sur 226 · KYSTES SOUS-HYOÏDIENS LATÉRAUX · texte numérisé non relu

KYSTES SOUS-HYOÏDIENS LATÉRAUX

La quatrième fente branchiale, très rapprochée des trois précédentes au-dessus de l'os hyoïde, s'en sépare plus bas et devient isolée, puisqu'elle est la seule qui se prolonge dans la partie inférieure du cou, depuis l'os hyoïde jusqu'au sternum. Les kystes que nous étudions maintenant prennent naissance dans la portion latérale sous-hyoïdienne de la quatrième fente branchiale.

Nous verrons dans la suite que les fistules provenant de cette même fente s'ouvrent sur la peau en regard du bord interne du muscle sterno-mastoïdien, et que leur trajet se dirige vers la grande corne de l'os hyoïde en suivant d'abord la direction du muscle, pour la quitter en se rapprochant du larynx à mesure qu'il pénètre plus profondément. Or, un kyste branchial n'est pas autre chose, eu égard à sa pathogénie, qu'une fistule branchiale dont les orifices sont oblitérés, et cette définition ne se vérifie nulle part avec plus d'exactitude que dans la région sous-hyoïdienne latérale. En effet, les kystes branchiaux qu'on y rencontre prennent souvent la forme d'un canal plus ou moins long, dont l'extrémité inférieure correspond au bord interne du muscle sterno-masloïdien, et dont l'extrémité supérieure aboutit à la partie latérale de l'os hyoïde ; de telle sorte qu'à l'époque où la similitude d'origine des kystes et des fistules branchiales n'était pas encore une notion généralement acceptée, H. Larrey\ ayant

1. H. Larrey, Bull, de la Soc. dechir., 18o2-18S3, t. III, p. 489, 503 et 607.

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eu l'occasion de traiter un malade atteint de kyste branchial sous-hyoïdien, fut si frappé de la forme allongée et cylindrique de la tumeur, qu'il la désigna sous le nom de kyste canaliculé de la région antérieure du cou. Le terme mérite de ne pas être oublié, car il indique avec justesse une forme commune de l'affection.

Malheureusement le compte rendu de la communication de Larrey n'est pas assez explicite sur le siège exact de la tumeur. Toutefois, si l'on considère qu'elle était primitivement située au niveau de l'angle antérieur du cartilage thyroïde, et que « le cordon, du volume et de la consistance d'un tuyau de plume, non adhérent à la peau, mais fixé à la tumeur, descendait en ligne droite à la région sus-sternale », on peut être porté à croire qu'il s'agissait d'une lésion médiane. On sait d'ailleurs que les fistules consécutives à l'ouverture des kystes thyro-hyoïdiens peuvent s'ouvrir plus ou moins bas, au niveau ou au-dessous du larynx. Il importe peu que le kyste observé par H. Larrey, qui a le premier attiré l'attention sur une forme particulière et assez rare de kystes du cou, ait été médian ou latéral. Le fait n'en est pas moins intéressant, et il doit être consigné.

Le sujet était un jeune soldat qui portait une tumeur préthyroïdienne depuis quatre ans. 11 attribuait l'origine de son mal aux frottements de l'agrafe de son habit. La tumeur fut, à trois reprises successives, le siège de poussées inflamma toires à la suite desquelles il se forma un prolongement inférieur en forme de cordon cylindrique, terminé en bas par un petit renflement arrondi. Elle s'ouvrit spontanément et resta fistuleuse. Larrey, après avoir obstrué artificiellement l'orifice extérieur de manière à provoquer la distension du trajet, put introduire un stylet depuis cet orifice jusqu'au fond du foyer, à une profondeur de neuf centimètres, en donnant au malade la sensation du contact de l'instrument à la base de la langue. Une injection d'eau émolliente parvint aisément jusqu'à la

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cavité kystique, qui sembla « communiquer avec le larynx en occasionnant de la toux et une expectoration légère ». Le malade parut même reconnaître la saveur de l'eau sucrée, de l'eau vineuse , de l'eau vinaigrée ; une autre fois , il aurait même expectoré un peu de vin qu'on avait aussi injecté dans le trajet. « Il résultait donc évidemment de ces recherches qu'une communication directe aurait existé entre le kyste préthyroïdien et la fistule sus-sternale par l'intermédiaire d'un canal assez long, à parois extensibles, et tapissé sans doute ,d'une pseudo-membrane muqueuse. »

D'après cela, Larrey aurait observé une fistule borgne interne transformée en kyste, lequel se serait ouvert extérieurement de manière à transformer la fistule borgne en fistule complète.

Tous les kystes sous-hyoïdiens oanaliculés observés après Larrey sont situés latéralement. Duplay^ en a vu deux cas. Le premier a été rencontré chez un soldat de vingt-deux ans; la tumeur, située entre la trachée et le bord interne du muscle sterno-mastoïdien, à l'union de son quart inférieur avec ses trois quarts supérieurs, avait le volume d'une noisette. Un cordon en partait supérieurement et pouvait être suivi jusqu'à l'os hyoïde. Ce cordon était ^creux; on pouvait faire refluer le contenu liquide de la tumeur principale dans le prolongement. Le malade refusa toute opération. Le second cas a trait à une jeune fille de quatorze ans, chez laquelle Duplay observa une petite tumeur sus-sternale développée depuis un an, qui s'était ouverte spontanément. Un stylet introduit dans la fistule consécutive pénétrait dans un cordon canaliculé étendu jusqu'à la moitié droite de l'os hyoïde.

Baumgarten^ a observé aussi sur un homme de cinquantehuit ans un kyste développé depuis un an et correspondant

1. Duplay, Archives gén. de mid., 1875, t. 1er, p. 83, et Progrès médical, 1877, p. 321.

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